Jeudi 6 mars 2025, deux hommes de 21 ans et 26 ans étaient jugés au tribunal judiciaire de Cherbourg pour des violences aggravées par trois circonstances, commises le 4 juin 2023 rue du Léon à Cherbourg-en-Cotentin (Manche) et ayant entraîné une ITT de six jours pour leur victime.
Des violences auxquelles a pris part un mineur de 13 ans, déjà jugé et condamné.
Les agresseurs rapidement identifiés
Le 4 juin 2023, les services de police ont été appelés vers 3 h 05 pour une personne victime d’une agression à coups de marteau. Sur place, ils découvrent la victime étendue au sol. Les auteurs de l’agression avaient pris la fuite.
Quelques jours plus tard, un adolescent de 13 ans s’est présenté au commissariat de Cherbourg pour se livrer et évoquer son implication dans l’agression. Les enquêteurs ont très vite pu mettre un nom sur les agresseurs.
Un mandat d’arrêt a été déposé à leur encontre. Il faudra attendre de longs mois avant de les voir interpellés.
L’un des agresseurs, actuellement détenu à la maison d’arrêt de Cherbourg pour des violences sur conjoint, sera arrêté en octobre 2024. Son complice sera interpellé lundi dernier, un peu moins de deux ans après les faits.
« J’ai pété les plombs »
À la barre, les deux hommes se succèdent. Le premier revient sur les circonstances de cette agression. Il avait reçu une vieille photo montrant la femme qu’il convoitait dans les bras de la victime et qui, depuis, est devenue sa compagne.
En voyant la photo, j’ai pété les plombs. Quand je l’ai vu en bas de l’immeuble, j’ai voulu m’expliquer. Je suis descendu. Je lui ai donné un coup de poing au visage puis Brandon est arrivé. Je ne m’y attendais pas. Il l’a frappé à deux reprises avec un marteau. Je l’ai empêché d’aller plus loin.
L’homme, qui reconnaît avoir volontairement crevé les pneus du véhicule de la victime, dit avoir été choqué par les projections de sang sur son véhicule. La victime présente à l’audience explique avoir reçu des coups alors qu’elle était à terre.
Il reconnaît les faits. Sur son casier ne figure aucune mention. Mais le jeune homme est connu de la justice des mineurs. Il dit avoir pris conscience de ce qui pourrait lui arriver. Un peu tardivement. « J’ai pris le marteau et suis descendu. J’étais énervé. J’ai pété les plombs. »
« Qu’est-ce qui justifie d’aller frapper un homme que vous ne connaissez pas ? Pourquoi la tête ? », demande un juge assesseur.
Le prévenu répond. « Je connaissais la victime, nous étions en maternelle, il me traitait comme un bouffon. Je n’ai pas réfléchi, je n’ai pas visé. J’ai bien conscience avec le temps que j’aurais pu le tuer. C’est une erreur. »
Ce n’était pas une erreur, rétorque le juge. En plus, vous avez laissé le jeune mineur en fugue, que vous hébergiez, aller se dénoncer pour porter le chapeau à votre place. C’est de la lâcheté.
Case prison
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné l’auteur des coups de marteau à une peine de trente mois de prison dont six mois assortis d’une mise à l’épreuve durant deux ans. Avec obligation de travail ou de formation, de soins (alcool et stupéfiants) et d’indemnisation de la victime.
Son comparse a écopé d’une peine de dix-huit mois dont six mois avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve durant deux ans, avec les mêmes obligations.
Les deux hommes ont également l’interdiction de porter ou détenir une arme durant cinq ans, d’avoir une activité en lien avec des mineurs durant trois ans, d’entrer en contact ou de paraître au domicile de la victime durant trois ans.
Le tribunal a également reçu les constitutions de la partie civile. Les deux hommes devront solidairement régler plusieurs sommes pour un montant total avoisinant les 3 300 euros.
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