Il est reproché au prévenu des menaces de mort, mais aussi des violences sous la menace d’une arme, violation de domicile et apologie de crime.
Cela fait plusieurs années que les voisins craignent cet homme décrit comme « totalement imprévisible ». Les faits remontent à l’été 2023 mais aussi à la fin d’année 2024.
L’homme est âgé aujourd’hui de 44 ans. Il s’est présenté à l’audience du tribunal correctionnel de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) jeudi 27 mars 2025.
Dès les premières prises de parole, il n’a fait aucun doute que l’intéressé est « perturbé ». Celui qui est propriétaire de son appartement, rue du port à Saint-Brieuc, est parfois hospitalisé.
Etaient également présents à cette audience, deux des trois voisins ayant déposé plainte dans cette affaire. La principale victime, une jeune femme de 32 ans, s’est montrée particulièrement marquée par cette situation. Elle est également propriétaire de son logement et s’estime bloquée par cette situation.
Jusqu’à la tentative de suicide
Au tribunal, elle a pris la parole pendant plusieurs minutes. Elle a décrit ce qu’est sa vie aujourd’hui. Elle rentre chez elle la peur au ventre, parfois escortée par la police.
Sa vie est gâchée. Elle est suivie par un psychologue et un psychiatre. Elle est sous traitement médicamenteux. Elle reconnait que récemment, elle en a abusé volontairement dans l’espoir de ne plus se réveiller.
La seconde victime présente au tribunal, n’a été le voisin du prévenu que durant six semaines. Il avait eu connaissance du comportement particulier de cet homme irascible.
Un soir, il s’est retrouvé enfermé dans le logement de cet homme qui l’accusait d’avoir « kidnappé » son chat. Tous les jours, en rentrant du travail, il montait les marches « quatre à quatre », clés en main, pour s’enfermer le plus rapidement possible dans son logement.
Accro à l’alcool depuis ses 16 ans
A la barre, le prévenu a rencontré des difficultés de concentration. Pour la présidente du tribunal, la tâche n’était donc pas simple.
C’est le père du prévenu, qui vit en Angleterre, qui l’a initié à l’alcool alors qu’il n’avait que 13 ans. D’après les aveux mêmes du prévenu, il est devenu addict à 16 ans.
Il aurait connu la prison au pays de Shakespeare avant de s’engager brièvement dans la Légion étrangère. Ces deux expériences ne lui auraient pas été bénéfiques selon lui.
Les conclusions de l’expertise psychiatrique sont claires et sans appel. Sous traitement pour sa maladie, dès lors que l’intéressé s’alcoolise abusivement, il cesse son traitement et le résultat est catastrophique.
Apologie du nazisme
Dans le quartier, l’homme est connu pour ses phrases choc. « Heil Hitler », « mort aux islamo gauchos », « je vais vous tuer »…
Le prévenu présente une agressivité et une dangerosité certaine pour le ministère public qui a requis une peine d’emprisonnement avec sursis.
Pour clore les débats, le quarantenaire a déclaré : « Il faut que j’arrête de boire, j’ai une fibrose avancée. Je ne pense pas faire si peur que ça à mon voisinage «
L’homme, actuellement hospitalisé en milieu fermé, a été condamné à huit mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire de trois ans, avec interdiction de fréquenter les débits de boissons, interdiction de contact avec les victimes et de paraître à leurs adresses.
Il devra également s’acquitter de 500 euros de dommages et intérêts à l’homme qu’il a enfermé chez lui. Le montant de ceux attribués à la jeune femme, qui a demandé 8 000 euros, sera décidé lors d’une audience future.
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