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Un habitant de Tours soupçonné d’avoir tenté d’influencer des témoins après une fusillade à Nantes

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La cour d’appel de Rennes a rejugé à la demande du parquet, mercredi 29 janvier 2025, un habitant de Tours (Indre-et-Loire) soupçonné d’avoir tenté d’influencer les déclarations de témoins dans le cadre d’une information judiciaire après une rixe survenue à Nantes (Loire-Atlantique).

Un homme avait été blessé par balle en 2020.

Un homme soupçonné d’avoir intimidé des témoins dans une affaire de violences aggravées

Djibril XXX avait en fait été inquiété pour des « violences aggravées » et du « blanchiment » qui avaient conduit à l’ouverture d’une information judiciaire.

Une vidéo tournée au moment des faits avait orienté l’enquête vers ce jeune vivant à Nantes au moment des faits, en avril 2020.

Sur le film on pouvait entendre « un individu retenir un autre », lui criant « DD arrête », avant que « deux détonations ne retentissent ».

Vidéos :

Un homme avait été retrouvé « blessé au sol » tandis que le tireur avait quitté les lieux.

Le juge d’instruction alerte sur une possible « subornation de témoins »

Reste qu’au cours de l’information judiciaire, le juge d’instruction en charge du dossier avait fait « un signalement » au procureur de la République : il soupçonnait la commission de « faits » pouvant être qualifiés de « subornation de témoins » pour influencer son enquête.

Les investigations diligentées dans ce cadre avaient ainsi conduit les enquêteurs à s’intéresser à l’avocat parisien de l’intéressé après qu’une proche de Djibril XXX avait expliqué avoir subi des « pressions » de la part de cet avocat « quelques instants avant une confrontation ».

Les « suspicions » du juge d’instruction à l’encontre du jeune homme avaient par la suite été « corroborées » par l’exploitation d’une ligne téléphonique utilisée en cellule par ce Tourangeau, aujourd’hui âgé de 26 ans.

Échanges téléphoniques et via Snpachat

La veille de la confrontation, Djibril XXX aurait effectivement « contacté un homme », lui demandant de lui « passer une femme » qui devait être entendue le lendemain dans le cadre de cette affaire.

Il lui aurait alors « donné des consignes » quant à ses « réponses » et aux questions que « l’avocat allait poser ». 

Lors de l’exploitation de cette même ligne téléphonique, un autre appel avait retenu l’attention des enquêteurs.

Cette fois-ci, un homme promettait à Djibril XXX « d’emmener sa mère au tribunal » et de lui « donner les consignes ». D’autres « messages audios » avaient par la suite été envoyés sur Snapchat, mais leur contenu n’a jamais été retrouvé.

L’avocat placé en garde a vue

Cette fameuse « mère » d’un ami de Djibril XXX avait par la suite expliqué qu’elle avait « menti » au juge d’instruction à propos du « surnom » du jeune homme, « DD », comme sur la vidéo. La veille, il l’avait déjà « appelée » pour lui « dicter » ce qu’elle devait dire. 

L’avocat de Djibril XXX était, selon elle, « venu la trouver » dans le couloir du tribunal pour qu’elle ne reconnaisse « surtout pas » le surnom « DD ».

Dans cette affaire, Djibril XXX et son avocat parisien ont tous deux été placés en garde à vue : le premier avait finalement fait l’objet d’un renvoi devant le tribunal correctionnel de Nantes. L’avocat n’a pour sa part n’a pas été poursuivi depuis.

Une relaxe du tribunal correctionnel mais un appel du parquet

Mais en première instance, le jeune homme, qui s’est installé à Tours depuis qu’il a « interdiction de paraître à Nantes », a été relaxé par le tribunal correctionnel de Nantes en avril 2023.

Le parquet a toutefois fait appel de cette décision : la cour d’appel de Rennes s’est donc penchée, mercredi 29 janvier 2025, sur cette affaire de « subornation de témoins ».

Une nouvelle avocate

« Les vocaux c’était seulement pour expliquer ce qui se passait dans l’affaire, ce qui m’incrimine », a expliqué Djibril XXX, qui a changé d’avocat depuis lors.

« Je me retrouvais dans une injustice, risquant de prendre une peine pour des faits que je n’ai pas commis, je me suis senti obligé de les contacter », a-t-il détaillé, niant toutefois avoir exercé des « pressions ».

Mais l’avocate générale reste convaincue qu’il a bel et bien exercé de telles « pressions ».

« D’ailleurs, c’est comme ça que [la femme entendue] les a ressenties », a-t-elle relevé. « Il m’a parlé d’un ton assez dur, m’a dit que j’avais intérêt à changer ma version », avait expliqué cette femme. « Il ne m’a pas directement menacée mais j’ai bien senti qu’il se passerait quelque chose si je ne changeais pas ma version. »

Six mois requis, la décision mise en délibéré

‘avocate générale a en conséquence requis six mois de prison ferme pour cette « atteinte à l’autorité de justice ». 

« Si l’avocat n’est pas poursuivi, alors que les pressions décrites étaient beaucoup plus importantes, c’est parce que ce sont des déclarations complètement fantaisistes », a plaidé l’avocate de la défense, Me Anna Miralles, réclamant « la confirmation de la relaxe » prononcée en première instance.


La décision sera rendue d’ici un mois environ.



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