L’enquête n’a pas traînée après l’agression commise vendredi 31 janvier 2025 sur Jean-Pierre Rico, le maire de Pérols, aux portes sud de Montpellier : âgé d’une cinquantaine d’années, un ancien raseteur très connu à l’époque où il brillait dans les arènes de la région, lors des courses camarguaises, a été placé en garde à vue, ce mardi 11 février 2025 en matinée dès son arrivée au au commissariat central de Montpellier, où il avait été convoqué.
Déféré au parquet
Selon nos informations, il a reconnu les faits devant les enquêteurs du Service local de police judiciaire -Slpj- chargés des investigations et après 24h de rétention -elle peut durer 48h dans ce genre de procédure-, il sera déféré ce mercredi matin au parquet de Montpellier pour être jugé le jour même, à l’audience des comparutions immédiates devant le tribunal correctionnel. Il pourra demander un délai pour préparer sa défense, s’il l’estime nécessaire.
Vendredi 31 janvier, cet ancien raseteur est soupçonné d’avoir menacé et malmené, sans exercer de violences, le maire de Pérols, dans l’hôtel de ville, puis à l’extérieur, alors que les deux hommes se connaissent depuis de longues années, sans aucun dérapage. Jean-Pierre Rico a expliqué que l’agresseur, membre d’une association, avait fait irruption dans un bureau de la mairie, en coeur de ville, pour se plaindre de manière virulente du choix du meilleur taureau de l’année et pour réclamer qu’on lui fournisse les documents concernant la gestion financière du club taurin pérolien.
Le maire lui avait expliqué que cette intrusion plutôt cavalière était illicite et qu’il fallait prendre un rendez-vous au préalable. Pendant ce temps, la police municipale avait été alertée et alors que la situation était redevenue apaisée et que l’élu et l’ex-raseteur sortaient de la mairie, la patrouille de la police municipale se présentait, gyrophares activés, ce qui n’aurait pas été du goût du Pérolien.
Jean-Pierre Rico a alors raconté que l’ex-raseteur, furieux, l’avait pris par le col de sa chemise et copieusement insulté, étant à deux doigts de « lui en coller une », avant que tout rentre dans l’ordre, le maire ayant demandé aux agents de le laisser partir pour éviter que tout dégénère.
Toutefois, le maire a déposé plainte au commissural central de Montpellier, lundi 3 février, où une enquête était diligentée. Tous les témoins ayant assisté aux scènes ont été entendus depuis, ainsi que les policiers municipaux.
Formellement identifié, l’agresseur présumé a été convoqué ce mardi matin, où il s’est présenté, avec dans la foulée son placement en garde à vue. Le conseil municipal dr Pérols a acté à l’unanimité la demande de protection fonctionnelle pour le maire, à la demande du premier adjoint, tandis qu’un rassemblement de soutien à Jean-Pierre Rico est organisé, ce vendredi 14 février à 11h, sur la place Carnot, devant l’hôtel de ville, par les élus de l’Hérault, dont certains ont déjà été menacés, voire molestés par des administrés dans l’exercice de leurs fonctions.
C’est la première affaire du genre depuis le début de l’année dans le département. Face à la hausse inquiétante des violences contre les élus, en particulier des maires -menaces, injures, agressions, harcèlement, etc.- la loi promulguée le 21 mars 2024 entend mieux les protéger et mieux les accompagner en tant que victimes, avec trois grands axes : des sanctions aggravées en cas d’agressions contre des élus, prise en charge des élus locaux victimes améliorée et information renforcée des maires par les parquets.
Selon le ministère de l’intérieur, près de 2 265 plaintes ou signalements pour des faits de violence verbale ou physique à l’encontre des élus ont été recensés en 2022, soit une hausse de 32% par rapport à 2021, des chiffres en augmentation en 2023. Dans 60% des cas, les élus concernés par ces agressions sont des maires, élus les plus proches de la population mais aussi les plus vulnérables. Dans 20% des cas, ce sont les autres conseillers municipaux qui sont victimes de violences.
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