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un enfant de 5 ans blesse sa petite sœur avec un couteau pour la faire taire

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Un jour de mai 2024, Hiruni* a confié sa fillette à son jeune fils de cinq ans, le temps d’aller récupérer son aîné de sept ans à l’école primaire voisine à Torcy (Seine-et-Marne). À son retour au domicile, dès qu’elle a franchi la porte de son appartement, elle a tout de suite remarqué le sang recouvrant le sol de la cuisine et l’absence de son bébé du siège installé dans le salon.

Des cris et des pleurs l’ont aussitôt attirée vers le balcon où Ama* se trouvait seule. Plusieurs entailles sur ses petits bras saignaient abondamment.

Après l’avoir rapidement pansée, Hiruni a laissé la place aux pompiers alertés par le grand garçon.

Un couteau pour la faire taire

Sitôt alertés, les policiers sont arrivés très vite sur place. Leur premier réflexe a été de suspecter Hiruni de mauvais traitement. Elle pas osé dénoncer son petit garçon mais l’apparition de Supun*, réfugié sous le lit des parents, en larmes et tremblant, les a convaincus d’un autre scénario.

Interrogé une fois calmé, il leur a dit qu’il restait souvent avec le bébé et qu’il a pris un couteau pour la faire taire. Une dose d’irritation due aux hurlements de sa petite sœur aggravée peut-être par une pointe de jalousie à cause de l’attention maternelle captée par elle, et les ingrédients pour un drame étaient réunis.

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Le médecin des Unités médico-judiciaires (UMJ) a examiné le bébé chanceux. Il a constaté l’existence de nombreuses plaies suturées aux poignets et aux avant-bras, sans aucune autre séquelle.

Interrogée par les enquêteurs, Hiruni a reconnu laisser souvent seuls ses deux plus jeunes enfants pour accompagner ou récupérer l’aîné à l’école située à cinq minutes de leur habitation. N’ayant pas conscience d’avoir commis un délit, elle a précisé spontanément qu’elle pratiquait ainsi depuis la rentrée 2022.

Un rapport du Service à l’Enfance

À l’audience, assistée d’un interprète, Hiruni a confirmé ses précédentes déclarations tant sur sa façon de procéder que sur le déroulement des évènements.

Le juge a résumé un rapport émanant du Service à l’Enfance 77 daté de juin 2024. Deux failles importantes y étaient mises en avant : l’absence de notions de prévention infantile illustrée par une accessibilité des objets dangereux à tous – notamment les couteaux dont le hachoir de boucher utilisé par Supun – et l’exposition des deux garçons à des films violents regardés par le couple.

Une préconisation de soins psychologiques pour le garçon et une inquiétude sur une prise de conscience non avérée de la mère concluaient le document.

Quand le magistrat lui a demandé si elle pensait avoir besoin d’aide pour élever ses enfants, elle a éludé la question et s’est contentée de répondre : « je suis une bonne mère et j’aime mes enfants. »

Une relaxe et un stage obligatoire

L’avocate saisie par l’association d’aide aux victimes AVIMEJ est revenue sur les difficultés rencontrées par cette famille, avec un père très souvent absent à cause du travail et une mère seule pour élever ses trois enfants.

Elle a regretté la décision du juge des enfants qui a refusé de mettre en place une mesure d’assistance éducative pourtant estimée nécessaire et a exprimé ses craintes d’une récidive de la part de Supun.

Le procureur de la République a commencé ses réquisitions par une remarque relative au mode de garde ; « une pratique anormale mais qui est une réalité dans de nombreuses familles. » Il a poursuivi ensuite :

C’est le procès d’une mère seule et défaillante, sans famille, avec un époux toujours absent et qui a sa part de responsabilité. C’est le procès d’une mère que la justice a refusé d’aider.

Procureur de la République

Il a requis une relaxe partielle car, hormis le jour de l’infraction, la période retenue n’a été établie que sur déclaration de la prévenue, et un stage à titre de peine.

Considérant que cette mère avait plus besoin d’aide que de sanction pour élever ses enfants, qu’elle n’avait jamais démontré une intention de les maltraiter ou de leur nuire, juges et procureur se sont accordés sur la peine.

Une relaxe a été prononcée pour les mois reconnus sans avoir été incriminée, une obligation de suivre un stage de responsabilité parentale dans un délai de 6 mois assortie d’une amende de 1 000 € en cas de non-exécution.

* Les prénoms ont été modifiés.



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