Après une saison 2024 ratée (seulement deux victoires) et vécue comme un long chemin de croix par le président Jean-Marie Pezet, le Team Bricquebec Cotentin (Manche) repart en 2025 d’une feuille quasi blanche, avec un effectif largement remanié et un état d’esprit différent.
Quels sont les leaders ?
L’an passé, lors de la présentation de l’équipe, le TBC avait fière allure sur le papier, avec des anciens pros comme Corentin Ermenault, Adrien Garel ou Adrien Lagrée. Sauf que leurs résultats n’ont jamais été à la hauteur de leur statut et encore moins de leur rémunération. Sans parler d’un comportement de divas qui a écorné l’image du club et agacé les dirigeants…
« Les mecs en fin de carrière, je n’en veux plus ! », tonne Jean-Marie Pezet. Pour redorer le blason de sa structure créée en 2013, l’infatigable président a fait le choix de repartir avec un groupe rajeuni, sans « stars », mais pas sans ambitions.
Il fallait absolument tourner la page de 2024, alors j’ai misé sur des jeunes qui ont une grosse envie de bien faire, de passer pro pour certains.
S’il possède dans ses rangs des garçons qui possèdent de solides références au niveau élite comme Toby Chatonnet ou Alexis Robert – « le meilleur sprinteur français chez les amateurs » selon le DS Antoine Lecarpentier -, le staff bricquebétais insiste sur « l’homogénéité du groupe » au sein duquel « tout le monde aura sa chance. »
En résumé, le leader du TBC en 2025 sera le collectif avant tout.
Que valent les six étrangers ?
Cinq Bretons, quatre Normands, quatre Britanniques, un Belge et un Australien : au premier regard, le TBC version 2025 ressemble plus à une collection d’individualités qu’à un véritable groupe et encore moins une bande de potes capable de tirer dans le même sens vers un objectif commun.
Lecolley, seul Manchois
À l’image de la JS Cherbourg handball ou des basketteuses de La Glacerie, il est difficile d’évoluer avec des « locaux » dans son effectif pour répondre aux exigences du haut niveau. Au Team Bricquebec, promu l’an passé en N1, soit juste en dessous du monde professionnel, on ne retrouvera ainsi cette saison qu’un seul Manchois, le Gouvillais Augustin Lecolley, formé à l’Espoir Bike Team de Chef-du-Pont puis à l’UC Bricquebec. Lors de sa dernière saison en bas de l’échelle (N3), en 2019, le TBC comptait six Manchois dans son effectif, avec des figures comme Cédric Delaplace, Julien Jamot ou Thibault Valognes auxquels le public cotentinois pouvait plus facilement s’identifier… et s’attacher. « J’aimerais recruter des gamins du coin. Mais, soit ils sont partis ailleurs comme Guillaume Adam ou Mattéo Viardot à Rouen, soit ils n’ont tout simplement pas la caisse pour être en N1 », se défend Jean-Marie Pezet.
Les apparences seraient trompeuses à en croire Antoine Lecarpentier qui affirme n’avoir jamais vu une telle entente régner au sein de sa formation.
Ça va au-delà de nos espérances. En stage, la mayonnaise a pris très rapidement. Humainement, certains avaient des craintes par rapport à l’intégration des étrangers, la communication. Mais on a affaire à des supers mecs, ça a tout de suite collé.
Sportivement, un aspect sur lequel ils seront plus jugés que pour leur empathie, le directeur sportif se dit épaté par les « watts » affichés à l’entraînement par Curtis Harrison, Josh Whitehead ou James Hartley.
Effectif
Toby Chatonnet (21 ans) ;
Matthieu Cordelier (21 ans) ;
Jack Crook (Gbr, 25 ans) ;
Curtis Harrison (Aus, 20 ans) ;
James Hartley (Gbr, 21 ans) ;
Samuel Lebreton (19 ans) ;
Augustin Lecolley (19 ans) ;
Matthew Lord (Gbr, 21 ans) ;
Antoine Mias (20 ans) ;
Tom Morel (20 ans) ;
Arthur Nicolas (32 ans) ;
Alexis Robert (23 ans) ;
Kasper Saver (Bel, 24 ans) ;
Tom Viel (19 ans) ;
Josh Whitehead (Gbr, 24 ans).
« Ce sont des beaux profils, capables de passer les bosses et d’aller vite au sprint. S’ils arrivent à appliquer en course les impressions qu’ils ont laissé en stage, c’est très prometteur », dit-il, persuadé de vite convaincre les persifleurs, dubitatifs face à ce recrutement « exotique », alors que les précédents étrangers enrôlés par le club ont souvent déçu par le passé.
« J’avais même dit que je ne prendrais plus d’étrangers », reconnaît Jean-Marie Pezet, contraint de changer d’avis en raison d’un marché pauvre en opportunités « made in » France. « Avec les conti pro qui attirent les meilleurs coureurs très jeunes, les élites se font rares et très chers pour la N1. »
« Pour avoir un effectif qui tienne la route, je devais voir ailleurs », se justifie JMP, doté d’un budget conséquent (480 000 euros), mais guidé néanmoins par un contexte économique compliqué, avec des étrangers « beaucoup moins chers » que ses précédentes têtes de gondole comme Ermenault.
Quels sont les objectifs ?
Pas question de fixer un nombre de victoires ou de cibler une course en priorité. En 2025, la formation phare du cyclisme « bas-normand » veut avant tout retrouver le plaisir égaré en 2024 et réaffirmer sa vocation première : faire progresser les jeunes et les accompagner vers le plus haut niveau.
« On a des coureurs motivés, avec une belle mentalité, une grosse implication. Quand l’état d’esprit est bon, les résultats viennent forcément avec. J’ai rarement été aussi confiant », conclut le président Pezet, impatient de voir ses nouveaux protégés accrocher leur premier dossard de la saison, dans dix jours, aux Boucles du Haut-Var.
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