Alors qu’il était incarcéré au centre de détention d’Argentan (Orne), un détenu de la prison du Havre (Seine-Maritime), suspecté de complicité pour avoir tenté de se faire passer des objets strictement interdits (un téléphone portable, du whisky et du cannabis) en juin 2022, a comparu ce mardi 11 mars 2025 au tribunal d’Argentan.
Une voiture suspecte aux abords du centre de détention
Ce 19 juin 2022, à la demande des agents de l’administration pénitentiaire d’Argentan qui ont constaté la présence d’une voiture « suspecte » aux abords du centre de détention, les gendarmes interpellent les cinq occupants du véhicule, parmi lesquels la compagne du prévenu.
Dans la voiture et sur ses passagers, les gendarmes ont retrouvé du matériel pour « passer » de l’autre côté des murs du centre de détention, les produits interdits.
Le détenu met en avant son projet de réinsertion
Le prévenu est poursuivi pour la deuxième fois pour ce genre de délit. La première fois c’était en 2020. Mais là, il nie tout en bloc. Si lui et son entourage, notamment sa compagne, ont subi des menaces les incitant à se livrer à ce genre d’activités, il déclare « ne pas avoir cédé ». Et pour cause ! Le prévenu et son avocat mettent en avant son projet de réinsertion. Son client n’allait pas « prendre le risque de foutre en l’air » à quelques mois d’une décision relative à son aménagement de peine. Il a un « comportement exemplaire en prison » et une promesse d’embauche « en CDD et qui pourrait déboucher sur un CDI », a-t-il expliqué.
Contradiction avec les déclarations de la compagne
Et quand le juge lui fait remarquer que sa compagne a déclaré avoir tenté de faire passer les objets interdits « à sa demande », il nie avoir sollicité qui que ce soit. Il affirme qu’il n’était pas le destinataire des produits interdits et que c’est sous la contrainte que sa compagne s’est retrouvée dans cette situation…
Le procureur : « Les faits sont établis »
Pour le procureur, si la tentative de livraison d’objets interdits en détention est avérée, reste à savoir qui en est l’organisateur…
Sur la base des déclarations de la compagne, le prévenu est, selon, lui bel et bien à l’origine de la demande. Il requiert 4 mois de prison avec sursis.
La compagne victime d’un chantage
Pour l’avocat du prévenu, c’est un chantage qui a contraint la compagne du prévenu à envisager la livraison des objets prohibés. Elle l’a fait avec l’idée de protéger le prévenu qui avait été « agressé pendant son séjour au centre de détention ». Et, a-t-il ajouté, « Le condamner, ce serait faire trois pas en arrière », au regard de son projet de réinsertion, a-t-elle conclu.
Condamnation sans compromettre la réinsertion du prévenu
Le juge déclarera le prévenu des faits qui lui sont reprochés. Il est condamné à 3 mois d’emprisonnement assortis à un sursis de 2 ans, ceci afin de ne pas le pénaliser dans son projet de réinsertion. Il devra établir néanmoins la preuve qu’il travaille, sous peine de voir son sursis commué en peine de prison.
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