Ce mardi 25 mars 2025, le tribunal d’Argentan (Orne) a condamné un ressortissant colombien âgé de 39 ans à quatre mois de prison. Actuellement incarcéré au centre de détention d’Argentan, il a été reconnu coupable de rébellion à l’encontre de quatre surveillants de l’administration pénitentiaire qui voulaient simplement qu’il regagne sa cellule.
Il frappe les quatre surveillants de violents coups de poing
Le 24 septembre 2024, un surveillant du centre de détention d’Argentan entend un détenu appeler. Lorsqu’il approche, le détenu sort de sa cellule et, sans son autorisation, va demander du tabac à un autre détenu. Il lui demande de retourner en cellule, ce qu’il va refuser fermement.
D’autres surveillants viendront le rejoindre et ensemble inviteront ce détenu à regagner sa cellule, mais en vain. Il va lever son bras droit, comme pour donner un coup de poing. Les surveillants vont alors tenter de le maîtriser, mais il va se défendre et frapper les quatre surveillants de violents coups de poing.
Examinés, ces quatre agents vont se voir prescrire de zéro à cinq jours d’incapacité. Ils ont tous déposé plainte et demandé réparation de leur préjudice.
Sous le truchement d’une interprète, le prévenu conteste cette version des faits. Il reconnaît simplement avoir levé le bras, mais une seule fois avant d’être menotté pour être porté au « mitard ». Il précise que tout cela peut être vérifié en consultant les vidéosurveillances.
« Ce sont des lâches, des menteurs », lâche le prévenu qui veut déposer plainte contre un surveillant, celui qui lui a fait mal à l’épaule.
Cela fait huit mois que j’ai mal à l’épaule, je dois maintenant subir une intervention chirurgicale. C’est moi qui ai été blessé. »
La présidente du tribunal relate que sur la vidéosurveillance, le détenu refuse de regagner sa cellule, les surveillants le repoussent légèrement avant qu’il y ait beaucoup d’agitation au niveau de la porte, ce qui ne permet pas de distinguer ce qu’il se passe réellement à ce moment-là.
Interrogé, le détenu ne reconnaît pas les faits
Les surveillants vont tenter de maîtriser, mais il ne se laisse pas faire. Il est conduit au sol avec les surveillants et continue de leur donner des coups avant d’être enfin menotté.
– « Reconnaissez-vous avoir refusé de regagner votre cellule et d’avoir résisté aux surveillants ? », lui demande la présidente.
– « Non, je ne peux pas le reconnaître car ce ne sont pas les faits. Pourquoi est-ce que je suis agressé dans le dos alors que je rentre dans ma cellule ? », termine le prévenu.
Le casier judiciaire de cet homme ne porte la trace que d’une seule condamnation, avec une obligation de quitter le territoire français, pour des violences conjugales.
– « Que comptez-vous faire à votre sortie de prison ? », s’inquiète la présidente.
– « En vrai, je ne sais pas, je veux repartir à zéro et travailler. »
Coupable, selon le procureur
« Des faits contestés, mais nous avons plusieurs éléments qui viennent établir la culpabilité du mis en cause », précise le procureur de la République avant de requérir une peine de quatre mois de prison.
Des réquisitions que le tribunal va suivre. Il devra également indemniser les parties civiles et leur verser au total la somme de 1 900 €. Avant d’être reconduit au centre de détention, il indique que d’ores et déjà il veut faire appel de cette décision.
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