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« Un des taux les plus faibles depuis 40 ans » dans les Hauts-de-France

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Ces dernières années, le taux de chômage, très haut dans les Hauts-de-France, s’est stabilisé. « On a enregistré en 2024 l’un des plus faibles depuis 40 ans », souligne Frédéric Danel, le directeur de France Travail. De quoi encourager la structure à poursuivre ses actions, innovantes sur le territoire. Bilan 2024 et perspectives pour 2025, en quelques chiffres et pistes clés.

« Comprendre d’où on vient »

Pour mettre en perspective, Frédéric Danel précise d’entrée de jeu : « Nous avons un contexte particulier à prendre en compte sur la région. Il est important de comprendre d’où on vient. Le taux de chômage chez nous est historiquement le plus important de France. »

En 2024, on est sur un taux de 9,2 %, contre 7,4 % au niveau national, hors Mayotte. « C’est un taux plutôt stable, depuis la sortie du Covid, l’écart se réduit entre le national et le régional », insiste le représentant de France Travail.

L’an dernier a été enregistré un des taux les plus faibles depuis 40 ans, appuie-t-il. « Ça nous engage à poursuivre nos actions. »

Une population très éloignée de l’emploi

En parallèle à une belle dynamique du marché de l’emploi (de gros projets de recrutements à venir), la région compte une grande population très éloignée du monde du travail. Ce sont justement ces publics qui sont particulièrement ciblés par les actions menées par France Travail en région.

« Trois quarts des personnes inscrites chez nous sont des publics dits prioritaires : chômeurs de longue durée, personnes touchant le RSA, en situation de handicap ou seniors [plus de 55 ans, dans le monde du travail, NDLR] et des jeunes de moins de 26 ans. » Une proportion bien plus forte qu’au niveau national, souligne Frédéric Danel.

Par ailleurs, le niveau de qualification attendu dans les entreprises est plus fortement décalé qu’ailleurs, au regard du niveau des demandeurs d’emploi.

Des solutions pour réduire l’écart, provoquer les rencontres

France Travail a mis en place plusieurs choses, pour bousculer un peu les lignes, et provoquer les rencontres professionnelles. Ceci en mettant en place des formations plus agiles (110 000 assurées en 2025, dont 8 sur 10 pour les publics les plus éloignés de l’emploi). L’agence organise aussi des événements pour faire se rencontrer les entreprises et ces publics. « Ce qui fonctionne très bien, ce sont les dispositifs qui exonèrent du CV, fait remarquer le directeur régional. Ceux où sont mis en avant les softskills, le savoir-être, la motivation. »

Job-dating au stade, le musée pour retrouver confiance…

Des dispositifs pour faire se rencontrer candidats et recruteurs autrement, comme « stade vers l’emploi », sont nés dans la région. ©Archives/France Travail

De nombreux dispositifs existent, difficile d’être exhaustif. Prenons en exemple le « stade vers l’emploi », lancé il y a plusieurs années dans le Pas-de-Calais (nous l’avions testé au stade couvert de Liévin). Demandeurs d’emploi et recruteurs se rencontrent autour d’épreuves sportives. France Travail emmène aussi ses inscrits au musée, « dans l’idée de les aider à retrouver confiance. C’est essentiel, pour des publics très éloignés de l’emploi », souligne le représentant de France Travail. D’autres rencontres innovantes ont été portées en région, comme le « restaurant éphémère », événement pendant lequel les demandeurs d’emploi cuisinent pour les recruteurs.

L’immersion, un axe clé pour le retour à l’emploi

Ce qui fonctionne particulièrement bien en région sont les immersions. 29 000 ont été recensées en 2024, contre 22 000 l’année d’avant. « La personne reste couverte par France Travail, et va dans une entreprise. Ce sont souvent des personnes non qualifiées pour les postes, prises sans CV. Elles vont pouvoir découvrir le métier sur le terrain, et confirmer leur projet, ou se réorienter, si ça ne lui convient pas. » 7,5 personnes sur 10 poursuivent dans la voie choisie Elles vont pouvoir découvrir le métier sur le terrain, et confirmer leur projet, ou se réorienter, si ça ne leur convient pas. 7,5 personnes sur 10 poursuivent dans la voie choisie pour l’immersion.

« Les entreprises jouent le jeu, elles nous font confiance. C’est essentiel, pour mener ces projets », rappelle Frédéric Danel. La « méthode de recrutement par simulation », qui existe depuis les années 1980, a été réexploitée ces derniers temps. Elle s’appuie sur les habiletés, et était historiquement utilisée par les grandes entreprises pour des campagnes de recrutement. France Travail s’en saisit pour guider demandeurs d’emploi et plus petites entreprises. 8 800 personnes s’y sont prêtées en 2024, dont 50 % ont été recrutées à terme.

Du côté des entreprises, le nombre d’offres d’emploi est en légère baisse, mais reste bien supérieur à la période d’avant Covid.

Les bénéficiaires du RSA inscrits à France Travail, une nouveauté de 2025

Depuis janvier 2025, les bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active) sont automatiquement et obligatoirement inscrits à France Travail. « L’objectif est de pouvoir faire bénéficier le plus grand nombre possible de l’accompagnement qu’on propose. Nous sommes pleinement mobilisés là-dessus », avec des partenaires comme le Conseil départemental. Ceci pour pallier les soucis de mobilité ou garde d’enfant, notamment.

Ce sont assurément des pistes intéressantes à creuser. À voir quel poids les innovations de France Travail auront dans la balance, pour ces publics.



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