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un conjoint violent condamné dans l’Eure



Le couple n’est ensemble que depuis septembre 2024. La lune de miel n’aura duré que quelques jours pour se transformer en « lunes de fiel », émaillées de disputes, de crachats et de coups, sur fond d’alcool.

Le 6 décembre 2024, Ludovic a été condamné à douze mois de prison avec sursis probatoire pour des violences commises envers Ludivine. Interdiction lui est faite, depuis cette date, de rencontrer la victime et de se présenter à son domicile. De surcroît, l’agresseur est soumis à une obligation de soins addictologiques. Aussi, est-on surpris de voir réapparaître l’homme de 44 ans en comparution immédiate devant le tribunal d’Évreux ce mercredi 12 février 2025, pour des faits de violence commis le 9 février à Fontaine-sous-Jouy envers la même victime.

Quelques semaines à peine après le premier jugement leur interdisant tout contact, les deux amants décident de se revoir une semaine sur deux, selon la garde alternée des deux filles de Ludivine.

Pour mieux contourner le jugement du 9 décembre, Ludovic prétend auprès du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) être en couple avec une nouvelle compagne. La relation toxique se poursuit, ponctuée de disputes au sujet des filles, d’insultes et d’altercations. Pour l’agresseur, les motifs sont toujours légitimes.

Hématomes et contusions

Dans la soirée du dimanche 9 février, Ludovic est déjà bien alcoolisé. Il se sent l’âme romantique et appelle sa maîtresse. Il l’implore de pouvoir la rejoindre à Fontaine-sous-Jouy. Elle refuse. « Il avait la bouche pâteuse, témoigne-t-elle. Mais quand il a bu, il n’écoute plus personne. Il fait ce qu’il veut. »

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Le refus est d’autant plus logique qu’il n’a plus de permis, car celui-ci a été annulé pour conduite en état d’ivresse. Nonobstant cette interdiction, l’amant éconduit se rend au domicile de sa belle. L’homme réclame des relations sexuelles. Ludivine le repousse. Il est de plus en plus pressant et bientôt oppressant. Les gestes deviennent brusques. Se sentant menacée, elle brandit son téléphone et tente d’appeler les gendarmes.

S’ensuit une bagarre pour la maîtrise du téléphone. Il est obnubilé par le risque qu’il encourt. Les gendarmes se présentent au domicile de la jeune femme. À 23 h 50, le taux d’alcool de Ludovic est de 2,20 g par litre de sang. La victime présente un hématome à l’œil gauche, des contusions et des hématomes sur la poitrine ainsi que sur une jambe.

L’alcool n’est pas une cause, c’est un révélateur

Devant le tribunal, le prévenu tente de se justifier : « C’est par amour. » La présidente d’audience Juliette Demaldent l’interrompt vertement : « Non monsieur, l’amour ce n’est pas donner des coups, insulter, rabaisser l’autre. » L’homme acquiesce, se tortille, essaye un dernier argument : « C’est à cause de l’alcool. » Encore une fois, mauvaise réponse. « L’alcool est un révélateur, pas une cause. » L’alcool n’est pas le responsable des actes commis par le quadragénaire violent.

Malgré la bonne volonté pour suivre les soins addictologiques et psychologiques une fois par mois à l’hôpital de Navarre, Ludovic n’est pas sorti de son problème. Il le reconnaît : « Avant de construire quelque chose de raisonnable, je dois me soigner. »

À la barre, la victime est plus laconique : « Je ne veux plus le revoir. » Au titre du préjudice matériel la partie civile demande 149 €, 2 500 € pour préjudice physique et moral ainsi que 700 € de frais d’avocat art 475-1.

Les cinq mentions au casier judiciaire du prévenu pèsent lourd. « On est passé de la conduite sous alcool à la violence sous alcool », se désole le ministère public qui requiert, douze mois de prison ferme avec une révocation partielle de la probation prononcée le 9 décembre 2024.

La défense fait tout pour éviter la prison. Elle évoque la formation en chaudronnerie, la promesse d’embauche à un horizon proche et, pourquoi pas, une thérapie de couple. Selon l’avocate, son client dispose d’un logement chez ses parents, ce qui autoriserait une surveillance sous bracelet électronique.

Au terme du délibéré, le prévenu est reconnu coupable et condamné à six mois de détention accompagnés de la révocation de six mois d’un sursis probatoire. Ce qui porte la peine à douze mois de prison ferme. L’incarcération est immédiate. Dans le box, l’homme est sonné.



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