Une vaste opération judiciaire a été menée le 28 janvier 2025 par la section de recherches de Rennes, sous l’égide de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes, en collaboration avec les agences européennes Europol et Eurojust.
Près de 155 personnes ont été mobilisées dont la S.R. de Rennes, le GIGN, le GIR de Rennes, les groupements de gendarmerie départementale du Morbihan, de la Manche, du Finistère et des Côtes-d’Armor, ainsi que 25 policiers espagnols et des policiers français de la DCIS.
Cette action d’envergure a permis de démanteler un vaste réseau de trafic de stupéfiants opérant entre l’Espagne (N.D.L.R. région de Malaga) et la France.
Au total, 151 kg de drogue ont été saisis pour une valeur marchande de 2,5 millions d’euros.
Treize personnes, quatre femmes et neuf hommes âgés de 25 à 45 ans, ont été interpellées dont un habitant de la région de Saint-Lô. Ce dernier a été appréhendé à son domicile dans le plus grand secret.
Trafiquants organisés et méticuleux
Le travail de fourmis des enquêteurs a permis de préciser les contours de cette organisation criminelle qui se révèle particulièrement structurée et organisée.
Les malfaiteurs utilisaient des méthodes sophistiquées pour préparer et exécuter les convois. Ils louaient une maison isolée dans le sud de l’Espagne, où ils conditionnaient et chargeaient en toute discrétion les produits (cannabis, cocaïne et drogues de synthèse) avant de les acheminer en France. Les auteurs multipliaient les trajets par voie routière depuis Malaga, d’où les stupéfiants étaient importés. Les convois étaient composés d’un véhicule ouvreur et de véhicules porteurs équipés de caches aménagées. De nombreuses précautions et contre-mesures étaient prises pour sécuriser les livraisons.
Flag parfait
Le 28 janvier petit matin, un convoi de stupéfiants en provenance d’Espagne a été intercepté à son arrivée dans une maison du Morbihan, dédiée au trafic.
Le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale a procédé à l’interpellation des trois conducteurs ainsi que du responsable du réseau en Bretagne, qui se trouvait sur les lieux pour réceptionner son équipe et les produits stupéfiants.
Sitôt ces premières arrestations réalisées, d’autres interpellations ont été déclenchées en France et en Espagne.
Sur le territoire national, plusieurs autres personnes ont été appréhendées : quatre semi-grossistes du réseau identifiés à ce stade, des conjointes des membres actifs de l’équipe importatrice, ainsi qu’un chauffeur vivant dans la Manche, qui n’avait pas été mobilisé sur cette remontée. Tous ont été placés en garde à vue.
151 kg de drogues saisis
Les gendarmes ont saisi 134,4 kg de drogues (111 kg de résine de cannabis, 14 kg de cocaïne, 3,4 kg d’herbe de cannabis et 6 kg de drogues de synthèse), 30 kg de produits de coupe, plus de 37 000 euros en numéraire, ainsi que 16 véhicules et plusieurs armes et munitions.
Dans le même temps, dans le sud de l’Espagne, la tête de réseau et un coauteur, originaires du Morbihan et faisant l’objet d’un mandat d’arrêt européen, ont été interpellés par les autorités espagnoles.
Ils devraient être remis dans les prochaines semaines à la justice française.
Les perquisitions menées dans neuf lieux en Espagne, à la demande de la justice française, ont conduit à la découverte de trois laboratoires de cocaïne et de neuf chambres de culture indoor de marijuana, tenus par les fournisseurs du réseau breton. Plusieurs personnes ont été interpellées.
Jusqu’à trente années de prison encourues
Sur le territoire espagnol, 14 kg d’herbe de cannabis, 2 kg de cocaïne, un peu moins d’1 kg de résine de cannabis, ainsi qu’une multitude de matériels de conditionnement et de préparation de produits stupéfiants (cocaïne, cannabis, drogues de synthèse) et 210 000 euros en numéraire ont été saisis.
En France, à l’issue de leur garde à vue, les protagonistes ont été présentés au magistrat instructeur de la JIRS pour être mis en examen. Neuf d’entre eux ont été placés en détention provisoire et quatre placés sous contrôle judiciaire.
Les membres actifs du réseau et leurs revendeurs ne sont pas particulièrement connus de la Justice, présentant des casiers judiciaires vierges ou ayant été condamnés pour des délits mineurs. Ceux qui ont participé activement à l’importation et au blanchiment du produit d’importation non autorisée de stupéfiants en bande organisée encourent une peine de trente années de réclusion criminelle. Les revendeurs locaux encourent, eux, une peine de dix ans d’emprisonnement. Tous risquent également une peine de confiscation générale de leur patrimoine.
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