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Un budget avec une large part de social à Abbeville pour « ne laisser personne au bord du chemin »


Bien qu’il soit compliqué de faire plus avec moins, Pascal Demarthe a présenté les grandes lignes budgétaires de 2025 en continuant de consacrer une grande part au social.

Rappelant que la commune devait remplir « le rôle de bouclier social », le maire d’Abbeville an indiqué : « le budget consacré à l’action sociale et à nos aînés est maintenu à un niveau qui démontre notre volonté de ne laisser personne au bord du chemin. »

Un bouclier social

Comme en témoigne les 1,4 million d’euros alloués au CCAS, au bouclier social, au fonctionnement de l’épicerie sociale, au tarif social des cantines scolaires et aux sept chantiers d’insertion.

Le maire n’oublie pas pour autant la culture dont l’accès « fait partie de ces boucliers que notre collectivité se doit d’offrir à nos concitoyens » mais aussi le patrimoine avec la réhabilitation du musée.

L’opposition déplore « une dégradation budgétaire » comme l’a souligné Angelo Tonolli. ©Yann DEFACQUE

Rappelant que « 2025 sera marquée par le lancement d’une nouvelle phase des travaux d’extension – réhabilitation du Beffroi Musée Boucher de Perthes-Manessier », Pascal Demarthe précise : « dans ce contexte, les gros investissements liés au Stade Paul Delique ne pourront intervenir que dans un second temps. Cela ne nous empêche pas, loin de là, de continuer à le faire mûrir et à préparer l’arrivée de nouveaux équipements pour nos clubs sportifs, leurs pratiquants et pour tous les jeunes qui en bénéficient. »

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Un city-stade à Rouvroy et Menchecourt

Le maire a aussi confirmé une bonne nouvelle pour bon nombre de jeunes parents : « le programme de déploiement d’aires de jeux et de city stade va également se poursuivre dans les différents quartiers de la ville avec des implantions à venir à Rouvroy et Menchecourt. »

Parmi les investissements programmés, Pascal Demarthe a évoqué « la réfection du Pont de Béthune ; la fin du projet de Renouvellement Urbain du quartier Soleil Levant Bouleaux Platanes avec la livraison d’un nouveau pôle socioculturel et sportif ; le centre d’interprétation de la Seconde Guerre mondiale qui, je l’espère, verra le jour avant la fin de ce mandat ; la poursuite de la modernisation de l’éclairage public dans les rues de notre ville et de l’enfouissement des réseaux ; les nombreux travaux de réhabilitation de notre patrimoine, de nos édifices cultuels et équipements culturels. »

Vous cédez à la tentation du bling-bling plutôt que d’améliorer le quotidien des Abbevillois.

Angelo Tonolli

Des lignes budgétaires qui n’ont pas convaincu et rassuré Angelo Tonolli, conseiller municipal de l’opposition : « je note une explosion de + 19 % des dépenses liées à l’énergie. Je réclame un audit bâtimentaire sur le parc immobilier de la ville pour l’isolation thermique. Vous parlez de situation saine alors que la dynamique des dépenses est supérieure à celle des recettes. Il y a une dégradation budgétaire avec une baisse de l’épargne nette et un niveau d’endettement élevé. »

La ville a perdu les 500 000 € du filet de sécurité

Angelo Tonolli poursuit : « j’ai le sentiment de voir stagner la ville qui a encore perdu 200 habitants. Il n’y a aucun autre projet structurant que le stade Paul-Delique. Vous cédez à la tentation du bling-bling plutôt que d’améliorer le quotidien des Abbevillois. »

De son côté, Sébastien Chapotard pour l’autre groupe d’opposition a relevé « un foncier non bâti très élevé, dans le top au niveau régional, qui ne permet pas d’être attractif » avant de recentrer l’essentiel « les projets sont nombreux. Il y a encore beaucoup de pain sur la planche alors que certains se projettent déjà pour les municipales de 2026. »

Pour conclure, Sébastien Chapotard a regretté les coûts de certains projets qui ont explosé entre le prévisionnel et le réel.

« Le centre d’interprétation qui devait coûter 250 000 € est finalement estimé à 1,1 million d’euros. La réhabilitation du musée est passée de 6 à 26 millions d’euros. »

Le Stade Paul-Delique : oui, mais dans un second temps

En réponse, Pascal Demarthe a indiqué : « les dépenses d’énergie ont explosé à Abbeville comme un peu partout. Nous travaillons pour les réduire comme le changement des menuiseries à la mairie et le nouveau réseau de chaleur à l’anas de lin qui concernera 80 % du bâti municipal. Quant à la dégradation des recettes, nous avons perdu les 500 00 € du filet de sécurité, ce n’est pas anodin. »

Le maire d’Abbeville ajoute : « on n’investirait pas assez ? Comment investir plus sans emprunter plus ? Il y a des projets ambitieux et oui la réhabilitation du stade Paul-Delique se fera mais dans un second temps. »

Concernant la perte du nombre d’habitants, Pascal Demarthe conteste le chiffre avancé par Angelo Tonolli : « je demande à voir. Quand on sait comment le recensement est effectué. Comment avoir une situation fiable et fidèle ? Abbeville n’a jamais construit autant de logements et nous avons 2 000 dossiers d’attribution de logement en attente. »

Quant à la hausse des impôts, le maire d’Abbeville plaide non coupable en rappelant « si la taxe foncière est importante, c’est le fruit de l’histoire. Il n’y a eu aucune hausse des taux à Abbeville depuis 2003. Toutes les décisions d’augmentation sont venues de Bercy. »

Une réponse qui n’a pas convaincu Angelo Tonolli reprochant une « mauvaise foi » au maire en commentant « même si Bercy augmente les taux, les recettes vont bien dans la poche de la ville. »

Un débat d’orientation budgétaire finalement apaisé à un plus d’un an des prochaines élections municipales.



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