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Un Brestois impliqué dans un dossier tentaculaire de trafic de drogues



La Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Rennes a finalement ordonné le maintien en détention d’un quadragénaire impliqué dans un dossier tentaculaire de trafic de stupéfiants et qui avait pourtant été autorisé à retourner vivre chez ses parents à Brest (Finistère).

Pour rappel, en septembre 2023, une mule avait été interpellée aux abords de l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne) à son arrivée de Punta Cana (République Dominicaine), les valises chargées de 23 kg de cocaïne.

Le dossier, instruit par une juge d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes en raison de l’ampleur des investigations internationales à conduire, a d’ailleurs récemment pris encore davantage d’épaisseur.

Un autre dossier a, en effet, été récemment joint à ces faits : certains protagonistes de ce premier dossier sont également soupçonnés d’avoir participé à l’importation de deux containers chargés de 364 kg de cocaïne interceptés sur le port de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), près de Saint-Nazaire, en mai 2022.

Dans le viseur de la justice, désormais, le « patron des patrons » du trafic de stupéfiants, soupçonné d’avoir commandité ces deux importations depuis Tanger (Maroc), où il semble réfugié depuis plusieurs années. Plusieurs hommes originaires de la région nantaise – dont certains proches du commanditaire surnommé La Plume – avaient donc dans la foulée été interpellés aux abords d’un hôtel à côté de l’aéroport d’Orly : ils sont soupçonnés d’avoir servi d’hommes de main au « patron des patrons ».

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Un possible lien direct avec La Plume

Un Brestois de 49 ans avait également été interpellé à leurs côtés, en région parisienne : à l’arrivée des policiers, il était « en train de charger les pains de cocaïne dans un véhicule équipé d’une cache aménagée ». Il avait donc été écroué dans la foulée de son arrestation, le 28 septembre 2023 : depuis lors, il a « toujours maintenu la même position », a commencé par indiquer la présidente de la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Rennes, lors de l’audience de jeudi 20 mars 2025.

Il avait expliqué qu’un « ami » à lui était venu à Brest pour lui proposer cette mission car il avait des dettes à honorer. Il devait être rémunéré 5000 euros et s’était par la suite vu remettre téléphone et véhicule pour aller récupérer la drogue à l’arrivée de la mule. Il ne connaissait toutefois aucun des autres protagonistes interpellés à ses côtés, affirmait-il.

Reste que « la dernière commission rogatoire concernant l’exploitation de votre téléphone a permis de recenser 106 contacts entre vous et le numéro qui pourrait correspondre à La Plume – en amont de l’arrivée de [la « mule »], courant septembre 2024″, lui a rappelé la présidente de la Chambre de l’instruction.

Un juge des libertés et de la détention (JLD) de Rennes avait, pour sa part, décidé, pour la seconde fois, de ne pas « prolonger » la détention provisoire de ce bénéficiaire de l’Allocation adulte handicapé (AAH) qui n’a « pas encore été interrogé par le juge d’instruction ». Mais dans la foulée, le parquet JIRS avait fait appel de cette décision et à l’issue d’un référé-détention, le quadragénaire avait été maintenu en détention jusqu’au réexamen de l’ordonnance du JLD par la chambre de l’instruction, qui est donc intervenu jeudi 20 mars 2025.

Il allait repartir chez ses parents

« C’est tout à fait prématuré et a minima inadapté de le remettre en liberté à ce stade », a en effet considéré la représentante du parquet général à l’audience. Selon elle, le « réseau » accorde au Brestois une « confiance notable » et « il a pu exprimer sa crainte de représailles, considérant son commanditaire comme dangereux« .

Par ailleurs, le projet de réinsertion sociale proposé par le quadragénaire – défendu par Mes Sobieslaw Bemmoussat et Éloïse Donnart – consistait à le « replacer dans des conditions strictement identiques à celles correspondant au moment où il s’est engagé dans les faits qui ont conduit à sa mise en examen », à savoir, « une situation d’oisiveté chez ses parents » à Brest, a-t-elle grincé.

L’avocate de la défense a alors pris la parole pour soutenir la sortie de prison de « Monsieur presque, presque dehors, remis en liberté par deux JLD différents et ayant subi deux référés-détention et deux audiences à la Chambre de l’instruction » de la Cour d’appel de Rennes. Son client fait l’objet d’une première incarcération à 49 ans « et n’a jamais été condamné, hormis pour deux faits de nature routière qui ont plus de vingt ans », avait souligné Me Éloïse Donnart lors de l’audience publique.

Selon elle, le « risque de renouvellement de l’infraction » invoqué par le parquet général « n’existe pas » : elle souhaitait donc que la décision du JLD soit confirmée et que le quadragénaire puisse entamer un travail de commis de cuisine à Brest, où il est aussi « un soutien important de ses parents ».

Mais finalement, la Chambre de l’instruction ne l’a pas suivie : le Brestois a été maintenu en détention vendredi 21 mars 2025. En revanche, la mule du dossier a, elle, été remise en liberté à Angers (Maine-et-Loire).

CB (PressPepper)



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