Ce mardi, le temps est brumeux. La presqu’île de Crozon est emmitouflée dans les nuages. La vue est bouchée mais la mer est calme et le vent est tombé. Des conditions satisfaisantes pour sortir la canne. Digue Lapérouse, au port du château à Brest, les pêcheurs se succèdent jusqu’au bout de la jetée.
Le lieu est prisé. « Il y a tout le temps du monde, assure Guillaume. Parfois, c’est rempli, il n’y a pas de places, surtout l’été ! »
Cet après-midi, le trentenaire est venu en famille. Son neveu, Nathan, 7 ans, attend patiemment que le poisson morde à l’hameçon. Sa nièce, âgée de 4 ans, préfère enfourcher sa trottinette. Tout le monde profite. « On est au grand air », apprécie Julie, la sœur jumelle de Guillaume. Elle aussi manie la canne avec expertise.
« C’est convivial »
Sur cette longue et large langue de béton, promeneurs, joggeurs et pêcheurs partagent l’espace. « Les gens qui se baladent nous posent des questions », raconte Guillaume. Ce mardi, les badauds ne s’arrêtent pas pour admirer les prises, les casiers sont quasi-vides. « C’est le calme plat », reconnaît Mickaël, posté quelques mètres plus loin. « On est entre deux périodes. Ça va revenir en avril avec le maquereau. L’été, il y a de tout : bars, dorades… », énumère David, lui aussi un habitué.
En attendant, chacun fait montre de patience. « C’est calme, apaisant », savoure Mickaël. Le quadragénaire, ancien cuisinier dans la Marine, s’est mis à la pêche en arrivant à Brest, il y a deux ans. « J’ai appris sur le tas, auprès des pêcheurs. Ils m’ont donné des conseils, des astuces. C’est convivial. »
Tout le monde se connaît ou presque. Certains bavardent volontiers quand d’autres préfèrent le silence, le bruit de la mer en fond sonore.
Du bon poisson
Assis sur le muret, deux copains jouent du moulinet avec entrain. « C’est trop bien », se réjouit Ismaël, âgé de 16 ans. Le duo a apporté une petite enceinte pour écouter de la musique. Le volume est bas pour ne pas gêner les voisins. Ici, on vient fuir les bruits de la ville et se détendre.
Monique, 74 ans, apprécie la quiétude des lieux. Elle vient souvent, même l’hiver. « Il ne reste plus beaucoup d’endroits où on peut pêcher, tout est fermé », regrette la Brestoise. La digue est accessible à tous. Et le poisson est bon, nous affirme-t-on. « Il y a des a priori parce que nous sommes dans le port mais je n’ai jamais été malade », affirme Guillaume. Pour le repas du soir, il va falloir penser à un plan B. Les poissons se font désirer.
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