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un an après un accident morte, un conducteur s’explique

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Il est environ 18 h 30, jeudi 14 décembre 2023. Sophie rentre du travail en voiture par la D71 qui relie Pacy-sur-Eure à Merey, où l’attendent son mari, Jérôme, et son fils, Laurys. Peut-être se réjouit-elle d’avance de cette soirée qui s’annonce exceptionnelle. Car ce soir, elle doit assister avec Jérôme, au concert que donne Étienne Daho au Zénith de Rouen.

Sophie n’assistera jamais à ce concert. Peu après Gadencourt, l’Iveco à plateau chargé de bois que conduit Steven se déporte sur la gauche. Le face-à-face est inévitable. Le choc est terrible et Sophie décède sur le coup.

Inquiet de ne pas obtenir de réponse à ses appels, Jérôme refait la route en sens inverse. « Peut-être est elle en panne », pense-t-il. À deux kilomètres à peine, il découvre la scène de l’accident que zèbrent les gyrophares de la police et des pompiers dans la nuit. Elle était si près de la maison. La chanson d’Étienne Daho « Le premier jour du reste de ta vie » est comme un coup de poignard dans le cœur.

« Je suis totalement responsable »

Jeudi 20 mars, au tribunal d’Évreux. Sur le banc de la partie civile, le père, la mère, la nièce et le mari de Sophie observent un silence concentré. La vérité, ils la connaissent. Ils ne sont pas là pour l’apprendre, mais pour qu’elle soit dite.

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À la barre, Steven revient sur le drame et sur les circonstances dont il ne cherche pas l’excuse. « À l’époque, je venais de monter mon entreprise de paysagiste. Je travaillais beaucoup. Je ne m’explique pas comment j’ai pu me déporter sur la gauche. La fatigue sans doute, j’ai dû m’assoupir. » En effet, le rapport d’enquête ne révèle ni alcool ni stupéfiant. Dans sa première déposition, le prévenu pense sincèrement avoir été percuté par la voiture de la victime.

Une famille digne dans l’épreuve

Cependant, l’analyse des images de la caméra embarquée que Jérôme avait fait installer quelques semaines auparavant dans la voiture de Sophie, montre clairement que c’est le camion qui percute l’auto et non l’inverse. Lorsqu’il prend conscience de sa responsabilité, le jeune homme de 25 ans au moment des faits est mortifié. Devant le banc des parties civiles demeurées silencieuses et sans hostilité, Steven assume sa totale responsabilité. « Pardon », dit-il, puis il reprend : « Je suis totalement responsable. »

En quelques mots pudiques, l’avocat des victimes collatérales esquisse les éléments du drame et conclut sobrement : « Nous ne demandons rien. »

Très impressionné, Me El Atmani pour la défense s’incline devant la dignité de cette famille meurtrie qui n’exige pas de réparations pécuniaires et semble ainsi tendre la main à un garçon authentique, sincère et travailleur.

Au terme d’une audience presque sereine malgré l’émotion qui étreint les deux parties, Steven est jugé coupable des préventions et condamné à une peine de 12 mois de prison avec sursis simple accompagnée d’une suspension de permis de conduire pendant un an dont l’exécution provisoire est prononcée.

À la sortie du tribunal on pense encore à cette chanson lancinante d’Étienne Daho et à toutes ces vies qui doivent maintenant se reconstruire.



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