Les faits s’étaient produits le 1er mars 2024 alors que l’épouse d’un habitant de Gorges avait quitté le domicile conjugal, depuis plusieurs semaines et qu’elle avait dit à son futur ex-mari qu’elle avait besoin de leur Toyota pour « partir à un anniversaire ». L’intéressé avait indiqué qu’elle devrait attendre, prétextant vouloir « changer les pneus avant » de leur voiture.
Lassée de l’attendre et « ne le voyant pas revenir », elle était alors partie avec ses deux filles de 11 et 14 ans chez son nouveau petit ami « pour le faire chier », avait résumé le président du tribunal correctionnel de Nantes, le 15 janvier 2025 à la lecture des pièces du dossier.
Ce couple marié depuis 14 ans était en effet en instance de divorce, mais avait « convenu d’attendre un peu avant de se séparer » pour que la femme présente « son nouvel amant aux enfants », selon le prévenu. Une fois de retour à leur domicile, il avait donc « géolocalisé » l’une des deux filles « sur WhatsApp », et était parti les rejoindre à Nantes, à 35 km de leur maison.
Ce n’est pas tout à fait exact : en réalité j’ai appelé la grande et elle m’a dit »Maman nous a emmenés chez son nouveau mec ».
« J’ai vraiment cru qu’il allait me tuer »
C’est donc dans ces conditions, après avoir « attendu une heure sur le parking » de l’immeuble de son rival, que l’agent de sécurité se serait donc vu asséner « un coup » par l’amant de sa femme, d’après ses dires. En réplique, il se serait emparé d’un « bâton près d’une poubelle » pour le « frapper à la jambe ».
Il lui donnera ainsi « deux ou trois coups », a-t-il évalué au cours de son procès, même s’il a admis qu’il n’était « pas en danger » : il voulait simplement « réagir » à cause du « premier coup » qu’il avait reçu et il était déterminé à « ne pas se laisser faire ».
Mais sa victime a expliqué avoir vu en réalité « un individu surgir » sur le parking de son immeuble et lui « donner des coups de poing » alors que lui et sa compagne étaient « de retour des courses ». Selon lui, le mari éconduit avait ensuite « pris une hache » dans le coffre de sa voiture en « hurlant » à plusieurs reprises qu’il allait le « tuer ».
J’ai failli m’évanouir, j’ai vraiment cru qu’il allait me tuer
L’homme s’était d’ailleurs vu au final prescrire trois jours d’incapacité totale de travail (ITT) : « sur une photo », on le voit « blessé au visage » et avec « des coups sur les bras », a confirmé le président du tribunal correctionnel le jour de l’audience.
Par la suite, l’une des deux filles du couple avait aussi remarqué que son père avait habituellement « une hache avec un trait rouge » dans leur jardin et qu’elle « n’était plus là » depuis l’altercation avec le nouveau compagnon de sa mère. Elle l’avait également vu « sortir quelque chose du coffre » de sa voiture quand elle avait assisté à la scène de violences depuis le troisième étage de l’immeuble où vit leur nouveau beau-père. Sa sœur et elle étaient restées dans son appartement pendant les « courses » du couple.
« À la limite de la tentative de meurtre »
Ce monsieur est Portugais, moi je ne comprends pas ce qu’il dit. Je lui ai donc dit de fermer sa gueule, et c’est à ce moment qu’il a mis sa main dans sa poche et m’a mis un coup.
Ce dernier réfutait lui avoir donné un coup. En effet, les blessures que la victime a fait constater par un médecin auraient donc été provoquées par le fait qu’il a « heurté un lampadaire », ce qui l’aurait « projeté au sol » et l’aurait « blessé à la tête ».
Le prévenu n’avait lui pas fait constater les siennes car il n’a « pas la même couleur de peau » que les juges et « si on me donne un coup, je n’ai pas de bleu ».
Pas de prison ferme
Pour le procureur de la République, ces faits sont « d’une gravité extrême » et « valent largement » les douze mois de prison ferme qu’il avait requis. Il avait aussi demandé deux ans de prison avec sursis probatoire et une interdiction du port d’arme pendant quatre ans. Le représentant du ministère public s’en était « rapporté » à l’appréciation du tribunal pour un éventuel « aménagement » des douze mois de prison ferme, même s’il n’était « pas opposé » à ce qu’ils soient convertis sous une forme alternative à l’incarcération.
Sabrina Demane, l’avocate du prévenu, s’était quant à elle dite « outrée » des réquisitions « parfaitement inadaptées » du procureur : « aucune investigation » n’a été faite sur cette affaire « à la limite de la tentative de meurtre », si l’on en croit le récit de l’ex-femme de son client. Cette dernière avait en effet assuré que son futur ex-mari avait frappé son amant « avec le côté tranchant » de sa hache…
Le prévenu a finalement bel et bien été reconnu coupable, mais n’a pas été condamné à l’emprisonnement ferme requis par le procureur de la République : il n’a écopé que de huit mois de prison avec sursis simple. Mais son interdiction de porter une arme pendant trois ans pourrait précipiter sa reconversion comme « pisciniste » : l’agent de sécurité avait demandé une « rupture conventionnelle » à son employeur pour faire « une formation » en ce sens mais ne l’avait « pas encore ».
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