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« Tu ne passeras pas la nuit »



Deux ans de prison dont un an avec sursis, c’est la peine que le tribunal d’Argentan a prononcé ce mardi 25 février 2025 à l’encontre d’un habitant de La Ferté-Macé âgé de 47 ans, déjà bien connu des services de justice.

 » Tu ne passeras pas la nuit « 

En l’espace de quelques jours, il s’est rendu coupable de menaces de mort et violence sur sa compagne, mais aussi d’outrages et menaces de mort à l’encontre de policiers, le tout en récidive.

Le comportement désinvolte de l’intéressé durant toute l’audience a contraint la présidente à lui demander, à plusieurs reprises, de se calmer et de mesurer ses propos.

« Je vais te faire égorger ! »

Le 18 septembre 2024, les policiers de Flers sont appelés par une femme apeurée qui déclare avoir été menacée de mort par son compagnon

Attends quand je vais rentrer, tu ne passeras pas la nuit. Appelle la police, il n’y a que ça qui pourra te sauver. Même si je vais en prison, je vais te faire égorger sale pute.

Le prévenu
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Elle explique qu’il est dans le train en provenance de Paris et qu’il semble alcoolisé. Elle a eu avec cet homme une fille, aujourd’hui âgée de trois ans, et serait actuellement enceinte.

Ce n’est pas la première fois qu’il la menace, elle est quotidiennement insultée, rabaissée, il lui est même arrivé de lui cracher dessus. Il est excessivement jaloux.

Quelques jours auparavant, il serait même allé jusqu’à la gifler alors qu’elle dormait dans son lit. « Elle n’est pas morte ? », interrompra le prévenu avec une ironie déplacée.

Il s’était senti « trahi »

Il sera interpellé dans les rues de Flers et présentera un taux d’alcool de 0,52 mg/l d’air expiré (soit 1,04 g/l de sang).

Durant son transport vers le commissariat, il ne va cesser d’insulter et de menacer de mort les policiers, de donner des coups de tête dans la voiture et dans les murs.

Face au tribunal, il reconnaîtra les faits, mais avouera qu’il ne se souvient que « vaguement » de cette soirée. Il reconnaît également avoir donné deux gifles à sa compagne, mais parce qu’il s’était senti « trahi ».

Il explique qu’il avait constaté, en regardant dans le téléphone de sa compagne, qu’elle avait des virements de la CAF. Durant quatre ans, elle avait perçu des virements de la CAF sans lui dire alors que de son côté, il payait partout.

Il viole le domicile de son ex

« Vous reconnaissez les violences, mais est-ce que cracher sur quelqu’un est pour vous une violence ? », lui demande la procureure de la République. « Ben non, mon père me l’a toujours fait ».

Le 26 septembre, les policiers vont une nouvelle fois intervenir car, malgré la mesure de protection mise en place, il s’est introduit par effraction dans le logement de sa compagne, durant son absence, et a changé le barillet de la serrure.

Une intervention durant laquelle les policiers vont une nouvelle fois essuyer une pluie d’insultes et de menaces.

À peine sorti de garde à vue pour cette violation de domicile et ces outrages, et malgré l’interdiction qui lui est rappelée, il se rendra directement chez sa compagne pour l’importuner. Des faits dont il devra d’ailleurs répondre devant le tribunal en mai prochain.

43 mentions à son casier

La présidente ajoute aux débats que son casier judiciaire fait état de 43 mentions depuis 1994, un rappel qui va agacer le prévenu qui reconnaît avoir un problème avec l’alcool et les stupéfiants. Il avoue boire tous les jours, deux ou trois litres de bière et consommer de la cocaïne.

La victime, qui n’a pas souhaité se déplacer par crainte de représailles, a simplement demandé que son statut de victime soit reconnu et la mesure de protection maintenue.

Les policiers outragés et menacés ont sollicité, par la voix de leur avocate, des indemnités de 300 à 500 € outre les frais d’avocat.

« Une femme qui vit dans la peur avec ses enfants. Un comportement inacceptable », pour la procureure de la République qui a requis, en répression, une peine de deux ans de prison dont un an assorti d’un sursis probatoire pendant trois ans avec les obligations de soins, de travail, de payer les sommes dues au Trésor public et de suivre une prise en charge dans le cadre des auteurs de violences conjugales outre le retrait de l’exercice de l’autorité parentale et une interdiction d’entrer en contact avec la victime ou de paraître à son domicile comme à proximité de l’école de sa fille,

« Je n’ai pas le droit d’aller en prison »

« Je n’ai pas le droit d’aller en prison, mon frère est en fin de vie, je dois être présent », conclut le prévenu qui durant toute l’audience n’a pas hésité à hausser le ton, à la limite de l’outrage.

L’homme a finalement été condamné conformément aux réquisitions de la procureure de la République, et devra indemniser les parties civiles à hauteur de 1 600 €. Une condamnation qui a vivement fait réagir l’intéressé avec des propos toujours à la limite de l’outrage.

Il affirme qu’il ne déboursera aucun euro et qu’il va d’ores et déjà faire appel de ce jugement.



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