Athlète polyvalente, la Tourlavillaise Anne-Laure Morvan Duault a ajouté une corde à son arc en prenant une inattendue 3e place le samedi 29 mars 2025 lors de la Diabolik de Ragnar, dans la Hague (Manche). Sans aucune préparation spécifique.
La préparation
Les semaines qui précèdent un rendez-vous comme Ragnar, la plupart des spécialistes du trail vont « bouffer » du D +, dans la montagne du Roule, le bois de La Glacerie ou la fameuse côte des Fougères, à Herqueville.
Rien de tout ça pour Anne-Laure Duault qui a suivi une « prépa » axée exclusivement sur la route. Brillante 2e du 5 km de Luc-sur-Mer début mars, elle a réussi son objectif de début d’année en battant son record personnel le 16 mars au semi-marathon de Lille, en 1 h 27’49 ».
Après avoir usé ses baskets sur le macadam, que diable allait-elle faire dans cette galère de Ragnar ? Elle a tout simplement hérité du dossard laissé vacant par son compagnon, Tanguy, forfait pour raisons médicales.
Réaction
Stéphane Hannot (son entraîneur) : « Sa performance est épatante car une course pareille demande vraiment une préparation spécifique, avec beaucoup de travail en côte. Mais Anne-Laure passe partout, elle a une belle foulée. Et elle est capable de se mettre minable, d’aller très loin dans l’effort. Maintenant, elle devra peut-être se spécialiser dans un domaine car c’est dur d’être très fort partout. Ce qui est sûr, c’est qu’elle a une grosse marge de progression car elle ne s’entraîne pas beaucoup à cause de son activité professionnelle. Elle est jeune, elle a un gros potentiel. »
« Je n’avais participé qu’à trois trails dans ma vie avant ça, mais on fait souvent de la randonnée en vacances et, à chaque fois, on me dit que je vais trop vite dans les montées ! Je me doutais que ça pouvait me plaire », confie la jeune trentenaire qui avait déjà pu entrevoir ses capacités en terminant 2e du Tue-Vaques (15 km), à Fermanville.
« Mais, je ne savais pas à quoi m’attendre sur un tel format, avec autant de dénivelé. Je n’avais jamais couru plus de 33 kilomètres », précise la native de Loudéac, installée dans le Cotentin depuis 2019, année où elle a découvert la course à pied après avoir pratiqué le basket pendant 11 ans.
La course
Contrairement à la plupart des « routiers » qui se cassent les dents sur le trail en partant souvent trop vite, Anne-Laure Morvan Duault a parfaitement géré sa course et n’a jamais flanché.
Après six heures à crapahuter dans les sentiers, une expérience inédite pour elle, l’élève de Stéphane Hannot à l’AS Tourlaville s’est même étonnée en étant plus rapide au dernier tour que sur les deux précédents.
« La tête était tellement bonne que les jambes ont suivi. Si on m’avait dit de repartir pour un tour, j’aurais accepté ! J’ai pris un plaisir incroyable, de A à Z », savoure cette jeune femme souriante à la ville comme à l’effort. Portée par une poignée de supporters munis de banderoles à sa gloire, la podologue équeurdrevillaise a réussi l’exploit de prendre la 3e place, devant une ancienne lauréate de l’épreuve, Marie Belhache.
Je suis trop contente de mon résultat. Je ne m’y attendais tellement pas ! J’ai passé une journée magnifique.
Le lendemain fut plus difficile, ses cuissots lui faisant payer au prix fort son manque de préparation spécifique dans les côtes. « Ma descente des escaliers au réveil était ridicule ! Le repos s’impose… »
La suite
Si elle n’a aucunement l’intention d’abandonner la route, la piste et le cross-country, Anne-Laure Morvan Duault est repartie d’Herqueville avec l’envie d’approfondir sa pratique du trail.
Elle va ainsi participer cette saison au Challenge du Cotentin (Bri’zeuse, Barjo, Tue-Vaques, Belle Etoile) et s’est déjà jurée de revenir sur les terres de Ragnar l’an prochain, bien mieux préparée. Ça promet…
Anne-Laure Morvan Duault a couru six tours en 7 h 04, soit 55,82 km et 2 823 m de dénivelé positif. Seules quatre autres féminines ont réussi à boucler six tours : Aurore Maurin, Dany Le Sergent, Marie Belhache et Aurélie Duthoit-Boulay.
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