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tout sur les fermes et sur les brasseries

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Il existe des fans de l’urbex (exploration urbaine) ; lui a élaboré la « rurex », l’exploration rurale ! Le Nordiste Bruno Fourot a sillonné son territoire sur des milliers de km. Ses livres sont précieux. Il nous raconte les brasseries et les fermes entre la Pévèle et le Douaisis. Suivez le guide pour une balade historique et champêtre.

Une sorte de lexicographe, ou d’encyclopédiste du XXIe siècle ! Ce type d’érudit existe toujours, même à la campagne. Et pas seulement dans des aréopages au cœur des mégalopoles ! Depuis 35 ans, cet auteur a accumulé une vaste base de données de notes, fiches d’investigation sur le terrain, reportages-photos, résumés de lectures, analyses d’archives modernes ou anciennes, interviews d’acteurs-clefs de ces deux univers : l’habitat rural et le monde des « zythologues » (zythos : bière, en grec !)… 

Il existe des fans de l’urbex (exploration urbaine) ; lui a élaboré la « rurex », l’exploration rurale (mais sans les procédés délictueux des premiers !). Bruno Fourot, natif de Flines-lez-Râches, habitant Auchy-les-Orchies, a pour ce faire sillonné des milliers de kilomètres dans à peu près tous les chemins, rues et routes de son terroir pévélois/douaisien. Tout cela a abouti à deux « sommes », quasi exhaustives sur leur sujet respectif.

La brasserie de Flines en cours de reconversion. ©JL Pelon/Croix du Nord

Chercheur à l’air libre

Le premier ouvrage, publié en 2016 sur les fermes notables (parfois de « splendides survivantes ».) Il concerne donc nos « pères nourriciers », et les sites où travaillaient les « censiers » : monde en voie de mutation (disparition ?) accélérée. Le deuxième, mis en ligne début 2025, porte sur l’histoire et les techniques de fabrication de la bière, donc de ceux qui nous abreuvent de leur « pain liquide » : les brasseurs, et les brasseries, milieu en plein renouveau. Deux ouvrages arrivant in extremis face à l’urgence de répertorier les trésors de notre patrimoine, tenter d’en préserver les vestiges dans un pays mondialisé-uniformisé, tâtonnant sur ses destinées.

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Ancienne ferme devenue propriété de l’Institut de Genech. ©JL Pelon/Croix du Nord

Partir en balade

Tour de force d’allier l’approche scientifique à l’approche esthétique. Les deux livres sont organisés de la même façon : une première partie (une centaine de pages sur 500 dans les deux cas) offre des analyses générales approfondies, documentées, sourcées, avec bibliographie ; la seconde partie vous donne un inventaire raisonné, commune par commune, des « items » les plus remarquables.

Vous pouvez donc partir en balade en choisissant le village qui vous intéresse et aller y contempler les fermes et les brasseries, celles qui demeurent « debout » ou leurs vestiges, dans leur cadre souvent superbe. Des exemples ? La cense seigneuriale de la Valutte à Mérignies ; la cense de l’abbaye de Saint-Amand (rebaptisée la Courte) à Bouvines ; le Faux-Vivier, ancienne cense abbatiale de Marchiennes… La brasserie Lespagnol à Flines qui a conservé sa « touraille » fin XIXe, la tour de la brasserie Lambelin à Templeuve, les souvenirs des brasseries de Gayant à Douai, l’ex-brasserie Bulteau lovée dans l’ancien château de Mouchin etc.

Livres qui ont du volume

Après lecture de ces ouvrages, vous serez incollable sur ces deux thèmes illustrant le passé rural et artisanal de tout ce secteur géographique. Secteur réduit mais extensible, dans ses caractéristiques communes, à toute la partie septentrionale de la France. Attention ! Si vous partez en balade patrimoniale à pied ou à vélo, ces ouvrages ne sont pas portatifs, ils ressemblent davantage à des livres d’art/dictionnaires (format 25x33cm, épaisseur : 2,5cm, poids 2,5kg), qu’à des « pocket books ».

Oui, mais des dictionnaires attractifs, pourvus d’une iconographie en couleurs très riche : photos pleine-page remarquables, plans, schémas explicatifs, fac-similés de grimoires oubliés, reproductions de cartes postales de collectionneurs, vieilles photos tirés de ces exquis albums de famille fin XIXe siècle-début XXe etc.

Une centaine de communes de Tournai à Valenciennes

Dans le premier livre sont étudiées et photographiées les fermes anciennes et/ou notables : grandes « censes au carré », souvent « seigneuriales » (appartenant jadis à des familles nobles ou à des abbayes), petites fermes de « mesnagers » etc. Le tout dans 72 communes situées entre le sud de Tournai (donc ¼ du livre concerne ce secteur de la Belgique picardophone), l’Est de l’agglomération lilloise (plus précisément à l’Est du Mélantois), jusqu’aux abords du Douaisis et du Valenciennois.

En revanche, dans l’encyclopédie sur les brasseries, l’aire géographique étudiée est plus vaste, l’empan chronologique aussi, puisque l’auteur nous offre une passionnante étude sur Douai, son histoire, l’étude de la cohorte de brasseries fameuses, notamment celles qui s’échelonnaient le long de la Scarpe. La généalogie des familles de brasseurs y est analysée, en même temps que leurs pratiques sociales endogamiques et leurs stratégies industrielles. Ensuite, l’inventaire développé (ce n’est pas une simple liste, loin de là) se poursuit commune par commune, d’Aix-en-Pévèle jusqu’à Waziers (France), Wez-Velvain et Willemeau (Belgique).

S’y ajoute – de la page 429 à 449 – un précieux catalogue des jeunes brasseries de ce secteur franco-belge, soulignant la créativité et le dynamisme de ces nouveaux (micro) brasseurs, comme Philippe Beuscart à Bouvines qiu a ceréé la « Philippe-Auguste ». Deux livres à déguster sans modération !

Le prochain ouvrage de Bruno Fourot portera sur l’histoire des semenciers-sélectionneurs du Pévèle, de Florimond Desprez (Capelle-en-Pévèle) à Lemaire-Deffontaines, Blondeau, Cambier-Leleu, Momont (intégré en 2014 dans le groupe allemand KWS), etc.

Jean-Louis Pelon

Le livre sur les fermes se trouve par exemple au Furet du Nord, il est consultable ou empruntable dans les médiathèques du secteur ; celui sur les brasseries est téléchargeable gratuitement en format pdf sur le site du CEGD (Centre d’études généalogique du Douaisis).



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