La disparition de Yann Escande avait secoué la région de Lacaune (Tarn) en novembre 2024. Quelques jours plus tard, une voiture était découverte calcinée dans un bois de la même zone. Avec le corps d’un homme à l’intérieur. Le lien était vite établi. L’enquête a fait un saut en avant dans la soirée du mercredi 12 mars 2025. Un suspect a été mis en examen pour meurtre.
Le parquet de Toulouse a en effet révélé qu’un homme avait été arrêté en début de semaine dans cette affaire. Le procureur de la République récapitule la chronologie des faits.
Un ancien rugbyman sans emploi
Tout avait donc commencé par une disparition. « Le 12 novembre 2024, une personne signalait la disparition de son fils, âgé de 45 ans et demeurant à Fontrieu. Une enquête pour disparition inquiétante était ouverte par le parquet de Castres », précise le parquet de Toulouse. Il s’agit de Yann Escande. Il n’a plus été vu depuis le 3 novembre. Ce jour-là, cet ancien rugbyman sans emploi avait quitté son domicile, près de Lacaune et de la frontière avec l’Hérault. Avant de s’évanouir dans la nature.
Sa voiture, un gros pick up, un Toyota Hilux blanc, était aussi bien sûr recherchée.
Le 20 novembre, la gendarmerie retirait son appel à témoins des réseaux sociaux. La veille, une voiture avait été retrouvée dans un bois à Lacaune. Elle était calcinée. Avec un corps à l’intérieur. Très vite, l’autopsie permettait d’établir qu’il s’agissait de Yann Escande.
« Des traces de matière métallique au niveau de la tête »
Mais elle permettait aussi, selon le parquet, « de localiser des traces de matière métallique au niveau de la tête de la personne décédée, aucune arme n’étant retrouvée à proximité ». En clair, il s’agit de traces d’au moins un tir d’arme à feu. Et si aucune arme n’est retrouvée et que la voiture a brûlé c’est que la thèse du suicide par immolation, un temps évoquée, laisse place à celle du meurtre.
« Les investigations étaient confiées à la brigade de recherche de Castres, ainsi qu’à la section de recherche de Toulouse, dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte du chef de meurtre ».
Un suspect âgé de 68 ans
Des éléments révélés par la gendarmerie faisaient même pencher pour un assassinat. Un meurtre avec préméditation. Le 3 février 2025, le parquet de Toulouse était donc saisi au titre du pôle criminel et ouvrait une information judiciaire contre X du chef d’assassinat.
Les investigations ont franchi un cap lundi 10 mars 2025 avec l’arrestation d’un homme âgé de 68 ans dans un lieu que le procureur n’a pas révélé. Le suspect avouait l’homicide au cours de sa garde à vue.
« Au cours de ses auditions, l’individu reconnaissait avoir eu une altercation avec la victime et avoir fait usage d’une arme à feu à plusieurs reprises occasionnant son décès, avant de déplacer le véhicule de la victime et d’y mettre le feu ».
En détention provisoire
Le mis en cause a été présenté au magistrat instructeur le mercredi 12 mars 2025 en vue d’une mise en examen du chef de meurtre. La préméditation n’a finalement pas été établie. « Des réquisitions de placement en détention provisoire ont été prises par le ministère public », précise le parquet. Le suspect attendra donc son procès en prison. Selon la Dépêche du Midi, il s’agit d’un ancien policier et c’est un différend de voisinage qui pourrait être à l’origine de ce drame.
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