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Son ex bientôt libéré de prison après l’avoir laissé pour morte, cette femme vit la peur au ventre

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« Je vis encore là où j’ai failli mourir. Il a voulu me tuer… il sort bientôt de prison et il sait où j’habite » C’est un cri de détresse que Patricia* veut adresser. Que devient la victime quand son bourreau a purgé sa peine ? Elle vit avec la boule au ventre de croiser à nouveau son chemin, du côté de Marmande (Lot-et-Garonne)… «Je me sens abandonnée, et culpabilisée ».

Une violence inouïe

Pour cette mère de famille et jeune grand-mère qui vit dans un hameau paisible de la campagne marmandaise, la vie a bien failli s’arrêter au cours d’une nuit d’automne 2024. Lors d’une soirée alcoolisée, son compagnon, qui n’est autre que son voisin, l’agresse. Cela fait un peu moins d’un an qu’ils se fréquentent et l’homme, « une armoire à glace » décrit-elle, est parfois violent.

Aussi cette nuit-là, elle a décidé de ne pas le laisser entrer chez elle et de ne pas lui servir d’alcool… ce qui mit l’individu dans une rage folle. La scène, d’une violence inouïe, se déroule dans le salon de la victime.

Il m’a donné un coup de tête, m’a jetée au sol, ma cognée la tête par terre, j’ai eu un double traumatisme crânien, l’enfoncement d’un œil… il m’a étranglée

Patricia*, victime de violences conjugales

Elle n’a dû son salut qu’au réflexe de « mon cerveau qui s’est mis en sécurité… les yeux ouverts vers le plafond, plus rien ne bougeait, même quand je respirais. Pour moi, je n’étais plus là ». Comme inconsciente, morte. Il a donc lâché sa victime, remis la table en place, passé le balai et est rentré chez lui.

Elle a mis longtemps avant de reprendre ses esprits et appeler les gendarmes. Ils ont prévenu les pompiers et Patricia* a été conduite à l’hôpital.

« J’étais dans le vide total »

Après son hospitalisation, elle a été entendue à la gendarmerie. On est 15 heures après la nuit de violence. Puis elle est rentrée chez elle. « J’étais dans le vide total » explique-t-elle. « Je suis restée chez moi dans les mêmes vêtements, je ne pouvais ni manger, ni dormir ».

Alors quand trois jours plus tard des gendarmes sont venus lui expliquer que le procès de son agresseur avait lieu le jour même, en comparution immédiate, elle était encore sous le choc de la nuit de violence. « Dans le flou, j’ai compris ‘partie civile’, ‘procès’, ‘représentée par un avocat’… mais j’étais incapable d’aller où que ce soit ».

La peur au ventre

Elle n’a donc pas assisté au procès de son bourreau jugé en comparution immédiate. Elle ne s’est pas non plus constituée partie civile. Aussi, elle n’a pas eu le double du jugement.

Il a été condamné à 2 ans de prison ferme. « Mais il a un travail en CDI, il risque de sortir en août, au plus tard en octobre ».

Y-a-t-il une mesure d’éloignement ? « Un gendarme m’a dit que oui ». Il ne devrait donc plus habiter à côté de chez elle. Mais le Marmandais, c’est petit, « j’ai mes médecins à Marmande, il travaille à Marmande »… Alors elle vit avec la peur au ventre de le croiser. Elle frappe à toutes les portes, associations, logements sociaux, psy… « J’ai parfois l’impression de déranger ».

Et alors qu’il aura purgé sa peine, la victime se sent abandonnée. D’autant qu’elle vit toujours où elle a failli mourir…

(*) Le prénom a été modifié pour conserver l’anonymat de la victime.



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