Lors de la séance des questions orales mardi 18 mars 2025, Béatrice Gosselin, sénatrice LR de la Manche, a interrogé le gouvernement sur la situation des petits commerces, confrontés à la concurrence de plus en plus rude de la part des géants du e-commerce. Et les mesures qui pourraient concrètement être prises.
Les conséquences de la concentration de ces géants sont préoccupantes pour nos commerçants, notamment en zone rurale. Si nos commerces disparaissent, la vie de nos territoires disparaît. Et cela, il faut vraiment être vigilant pour l’éviter.
« Soutenir l’innovation »
Au-delà de revoir la fiscalité des grandes plateformes, celle-ci invite au soutien à l’innovation pour les accompagner efficacement les petits commerçants.
« La formation aux compétences numériques doit être renforcée, et nous devons accompagner les commerçants dans la transition vers un modèle hybride, alliant digital et commerce physique, poursuit Béatrice Gosselin. Certains ont su innover en mettant en place des systèmes de commande en ligne avec retrait en magasin ou en boxes sécurisées. Mais ces initiatives doivent être encouragées et généralisées. »
Les géants du e-commerce sont avant tout des spécialistes de la logistique avant d’être des commerçants. Il est donc crucial de développer des solutions permettant de les concurrencer sur ce terrain, tout en préservant l’interaction humaine qui fait la richesse de nos commerces de proximité.
Dans sa réponse, la ministre Françoise Gatel a estimé que les consommateurs considèrent les deux modèles comme complémentaires. De son point de vue, le commerce en ligne représente une opportunité pour les commerçants de centre-ville avec des services comme la livraison ou la collecte en magasin, y compris en zone rurale.
« L’enjeu majeur est d’accompagner tous les commerçants et notamment les plus petits dans leur transition numérique et nous avons mis en place des dispositifs d’intégration de l’intelligence artificielle, indique la ministre. La plénière du Conseil national du commerce prévue en avril prochain favorisera les synergies entre commerçants et start-up pour l’innovation. »
Le gouvernement soutient notamment les nouveaux modèles de commerce en zone rurale grâce au dispositif du commerce rural, qui a déjà financé « plus de 600 projets pour un total de 14 millions d’euros ».
« Les études montrent que la fiscalité des e-commerçants et des commerces traditionnels est comparable avec des impôts de production représentant 5,5 % de la valeur ajoutée pour les commerces physiques et 5,4 % pour les e-commerçants, ajoute la ministre. Il n’y a donc pas de déséquilibre fiscal majeur. »
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