Après avoir manqué ses objectifs de médaille lors des Jeux olympiques de Paris en 2024 (9e en individuel, 9e en mixte par équipe), Éric Delaunay, 37 ans, assure avoir dû couper pendant plus de trois mois avant de se replonger dans le vif du sujet.
Et considère que s’il se qualifie, les Jeux olympiques de Los Angeles, en 2028, seront très vraisemblablement ses derniers.
Comment se passe ce retour aux stands de tir ?
Là, c’est vraiment la météo que j’adore. On a 15 degrés d’affichés dans la voiture, il fait beau. C’est un plaisir de tirer dans ces conditions, surtout chez moi à Bréville-sur-Mer. On se croirait déjà en avril !
Comment s’est passé ce dernier stage avec l’équipe de France ?
Je suis rentré sereinement dimanche. Ce stage s’est passé au Centre national du tir sportif, à Châteauroux, là où se sont déroulés les Jeux olympiques. Avec les restrictions budgétaires, on ne fait aucun stage à l’étranger, mais on va partir en Guadeloupe début mars pour faire un Grand Prix entre Français.
« Un risque de me dégoûter de mon sport »
Ce sera votre première compétition depuis les JO…
Oui. J’avais refusé d’aller en Inde fin septembre pour disputer la finale de la Coupe du monde pour laquelle j’étais pourtant qualifié. Je n’avais pas envie de me préparer, je n’étais pas prêt à cela, au risque de me dégoûter de mon sport. Je n’avais pas la tête à beaucoup de choses, et certainement pas à cela. J’ai ressenti le besoin de couper.
Qu’avez-vous fait pendant cette coupure ?
Déjà, j’avais besoin qu’elle soit longue. Elle a duré trois mois et demi. Je faisais quand même un peu de foncier, de la musculation, mais vraiment sans forcer. J’ai aussi découvert d’autres disciplines, comme le padel dans lequel je m’éclate, j’ai fait aussi pas mal de badminton. J’avais besoin de me régénérer.
Aujourd’hui, estimez-vous que vous êtes prêt à retourner au combat ?
Si j’avais senti que la flamme ne s’était pas rallumée après cette coupure, j’aurais décidé d’arrêter. Là, cette année, il n’y a pas de grosses échéances, mais j’ai envie de tout faire pour me qualifier pour les championnats d’Europe, qui se déroulent à Châteauroux (23 juillet-7 août, NDLR), et les championnats du monde en Grèce (8-19 octobre). Disons que cela va être une année de préparation pour aller chercher un quota olympique, peut-être dès la fin de saison 2026. Mais en avril, en juin et en septembre, on va devoir passer par des sélections internes à Châteauroux, afin de valider notre présence dans les compétitions qui suivent. Au maximum, trois hommes et trois femmes représenteront la France dans les compétitions internationales qui suivront ces qualifications.
« Après ma carrière, je serai entraîneur national »
Arrivez-vous déjà à vous projeter vers Los Angeles ?
Oui, et ce seront très probablement mes derniers Jeux olympiques. Si j’arrive à me qualifier, ce seront mes quatrièmes JO, et je me dis que si je n’arrive pas à décrocher cette médaille, c’est que je n’y arriverai jamais et qu’il sera temps de raccrocher le fusil. Les déplacements, la charge d’entraînement, l’aspect financier, la recherche de sponsors, tout cela est assez usant, et je me dis qu’il y a plein de choses à faire dans la vie !
Vous pensez donc à l’après ?
Tout est déjà fixé : après ma carrière, je deviendrai entraîneur national. Faire progresser les jeunes et les conduire vers une médaille olympique, ce sera un super objectif.
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