Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné lundi 3 mars 2025 le jeune de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) accusé d’avoir assassiné Medhi Clarke à Pornichet le 29 mai 2022 et qui avait tenté de s’évader en pleine audience à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 26 décembre 2024. Ce jour-là, en début de matinée, Corentin V., 23 ans, avait été extrait de la maison d’arrêt de Rennes-Vezin pour se rendre à la cour d’appel de Rennes pour demander une nouvelle fois sa remise en liberté.
« Il nous a bien endormis »
Après avoir patienté une petite heure dans les geôles du Parlement de Bretagne et même avoir été « autorisé à fumer une cigarette », le détenu avait été amené dans la salle d’audience par les escortes pour comparaître devant ses juges par le biais d’un « petit couloir sécurisé » conduisant au box de la salle d’audience.
Ce jeune « de bonne famille » tombé dans le trafic de drogue n’était plus entravé par des menottes puisqu’il avait fait montre jusque-là d’un comportement « très calme et respectueux » – du point de vue des agents ensuite visés -.
Il avait « posé sa main sur l’arme » d’un des agents. Il avait dû être « amené au sol » pour être maîtrisé par « cinq agents ».
« Il nous a bien endormis », soufflera l’un des agents devant la Section de recherches (SR) de Rennes, saisie de l’enquête.
« Mon sentiment c’est qu’il avait l’intention de faire un carnage […], de blesser voire de tuer les magistrats », a pour sa part exprimé l’un des agents, qui l’avait trouvé « étrangement calme » avant et après les faits.
Celui qui portait l’arme est venu dire au tribunal correctionnel de Rennes, ce lundi 3 mars 2025, à quel point il demeurait affecté par les faits, craignant désormais systématiquement qu’un détenu ne s’empare de son arme de service.
« Si ça peut vous aider psychologiquement, je ne vous aurais pas tiré dessus », avait-il indiqué aux escortes après les faits, refusant toutefois de « dire » pourquoi il avait agi ainsi.
Deux scies à métaux dans sa cellule
« Vous avez de la chance d’être gaucher », avait-il aussi lancé à l’agent. « Si ça avait été un modèle avec un scratch c’était bon », avait-il aussi dit à propos de l’étui de l’arme, dotée d’une « double sécurité ».
Ce lundi 3 mars 2025, il devait aussi répondre de « recel » d’objets introduits illégalement dans la prison de Vezin-le-Coquet, et découverts dans sa cellule : un téléphone, une clé USB et… deux scies à métaux de 30 cm.
À chaque question posée par la présidente du tribunal, le jeune homme a toutefois choisi de ne pas « faire de commentaire ». « Omerta », avait-il aussi répondu au directeur du centre pénitentiaire qui lui avait proposé de s’expliquer.
« C’est dommage que vous ne parliez pas », a aussi tenté l’agent pénitentiaire principalement visé, en vain.
Mais du point de vue de l’avocat de la défense, « on ne peut pas extrapoler sur une éventuelle préméditation », alors même qu’il portait « des gants » – ce qui est pourtant « interdit par le règlement pénitentiaire ».
Me Loïc Cabioch a par ailleurs trouvé que les réquisitions de « huit ans de prison » formées par le représentant du parquet de Rennes étaient « extrêmement démesurées », dans la mesure où son client ne pouvait, de son point de vue, pas être condamné à la fois pour « violence avec arme » et pour « tentative d’évasion avec arme ».
Finalement, le jeune homme – qui encourait vingt ans puisqu’il est en état de récidive légale après sa première condamnation par le tribunal pour enfants à Saint-Nazaire, aux côtés de Medhi Clarke – a écopé d’une peine de sept ans de prison pour l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés.
Agence PressPepper
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