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Seigneur Sith, Momo… c’est toi ?, Finn Poubelle… L’œil d’Ovale Masqué sur France

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Le XV de France a remporté le Tournoi des 6 Nations 2025 !

Et c’est « un titre qu’il ne faut pas banaliser », comme l’ont répété plusieurs Bleus depuis samedi soir, peut-être surtout pour s’en convaincre eux-mêmes. C’est vrai qu’au coup de sifflet final et dans les minutes qui ont suivi, on n’a pas assisté à de grandes effusions de joie. On s’attendait à Ibiza, et finalement, l’ambiance faisait plus penser à celle de la fête des voisins à Meudon.

Heureusement on avait Doudou Aldegheri dans le rôle de Michel de la compta, qui se met la cravate autour de la tête tous les vendredis à midi à la cantine. (©France 2)

Bon, tout ça peut s’expliquer de bien des manières : d’abord, cette troisième mi-temps 0 % imposée par une Fédération qui préfère régler ses soucis de pognon plutôt que les affaires judiciaires. La présence d’Antoine Dupont, aussi. Encapuchonné comme un Seigneur Sith, avec l’expression d’un type qui vient assister à son propre enterrement, Toto a malgré lui un peu plombé l’ambiance. Peut-être aussi que ce titre sonnait plus comme un soulagement qu’une consécration : enfin, on a gagné, on va peut-être nous lâcher deux minutes la grappe avec cette réputation de génération dorée qui ne remplit pas assez l’armoire à trophées.

Ah ils étaient loin les pas de danse de l'été olympique....
Ah ils étaient loin les pas de danse de l’été olympique…. (©France 2)

Mais même si ça sent la communication et la phrase toute fait, c’est vrai : il ne faut pas banaliser. Ça fait plus de 15 ans que j’écris sur le rugby, et je n’ai eu l’occasion de rédiger un compte rendu de victoire dans le Tournoi qu’à deux reprises jusqu’ici. Dans le même temps, j’ai vu le Castres Olympique gagner le Bouclier de Brennus, deux fois aussi. J’espère que cette statistique vous donne le vertige.

Vidéos :

Il faut se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps, on abordait le mois de février en pensant  » Mmh, pour la charnière je pense qu’on peut partir sur un Machenaud-Belleau, ça sonne bien non ? ». Et qu’on se disait que finir troisième, c’était quand même plutôt encourageant. Gaël Fickou était déjà là à l’époque. Lui plus que quiconque connaît bien la valeur d’un titre, puisqu’il réussit à slalomer entre les trophées avec une aisance folle dans sa carrière en club.

Le match a même pas commencé, les Écossais nous dominent déjà dans les airs.
Le match n’a même pas commencé, les Écossais nous dominent déjà dans les airs. (©France 2)

Alors oui, on peut toujours chouiner parce que « moui le Grand Chelem c’est mieux, beuh beuh beuh l’Angleterre on aurait dû gagner » mais ne soyons pas des enfants gâtés. Le vent peut vite tourner, et les riches et les puissants d’hier peuvent devenir les clodos de demain – d’ailleurs, si vous croisez un Gallois dans la rue, ayez bon cœur, donnez-lui votre écharpe, l’hiver risque de durer longtemps.

Samedi soir, on s’attendait à une démonstration finale, et tout ne s’est pas passé comme prévu. Peut-être un peu fatigués après la bataille de Dublin, peut-être un peu tendus, les Bleus ont sûrement sorti leur plus mauvais match du Tournoi. Encore une fois, relativisons : quand en faisant ton plus mauvais match, tu finis par gagner de 19 points contre l’Écosse, c’est quand même sacrément solide.

Allez, agrippez votre canette de bière sans alcool, on prolonge la fête avec un bon vieux compte rendu écrit totalement sobre !

Petite Vodka-Redbull peinard avant le match, le Wokisme n'aura pas Finn Russell !
Petite Vodka-Redbull peinard avant le match, le Wokisme n’aura pas Finn Russell ! (©France 2)

La compo des Bleus

C’est par ici (merci à @TuesdayRugby pour le coup de main !).

Le film du match

Après le désormais traditionnel show d’avant-match Jean-Michel Jarre, tout le monde est prêt pour le grand feu d’artifice. Et devant un feu d’artifice, il y a toujours ce mec qui vous dit toutes les 5 minutes « ah, là, je crois que c’est le bouquet final ! ». Sauf que ce n’est pas le bouquet final, et que vous commencez un peu à vous faire chier en l’attendant. Et bien ce match, c’est parfaitement ça : on s’attendait à une explosion, un final magnifique, des Écossais éparpillés aux quatre coins du terrain, Damian Penaud qui bat le record de Blanco en moonwalk, Antoine Dupont qui rentre en fauteuil roulant pour mettre le dernier essai à la réception d’une transversale de Meafou… et rien de tout ça n’est arrivé.

Pourquoi on aime Maxime Lucu : la plupart du temps, quand il apparait à l'écran il fait un truc extrêmement bizarre que tu ne comprends pas.
Pourquoi on aime Maxime Lucu : la plupart du temps, quand il apparaît à l’écran il fait un truc extrêmement bizarre que tu ne comprends pas. (©France 2)

Les premiers instants du match sont pourtant rassurants. Appliqués même, comme on dirait d’un élève turbulent qui force sa nature pour aller chercher ce petit 11/20 qui lui permettra d’avoir son bac. Meilleure illustration avec Damian Penaud, qui décide de débuter la partie avec un plaquage agressif. Si même lui en a quelque chose à foutre, c’est bon, on est à l’abri du relâchement !

Attention, chien méchant.
Attention, chien méchant. (©France 2)

Dans la foulée, Thomas Ramos ouvre le score après un bon ballon porté français, 3-0. On fait les choses dans l’ordre et la consigne est claire : le premier qui tente deux passes de suite sera puni en devant rester sur le terrain pendant le concert de Louane. Moefana tente bien d’enflammer le stade avec une « spéciale LBB » et un débordement sur le bord de touche + petit coup de pied à suivre, mais il faut croire que le Dieu du rugby n’accorde ses rebonds magiques qu’au Petit Prince au casque rouge.

Est-ce qu'on peut parler du fait que ce type peint exactement le même tableau depuis 20 ans ? Même moi je fais plus d'efforts pour renouveler mes vannes.
Est-ce qu’on peut parler du fait que ce type peint exactement le même tableau depuis 20 ans ? Même moi je fais plus d’efforts pour renouveler mes vannes. (©France 2)

Quelques secondes plus tard, c’est Ntamack qui se fait la malle sur une contre-attaque typiquement française. Maxime Lucu se porte à sa hauteur, mais Romain est comme le dik-dik, cette mini antilope trop mignonne qui reste avec un seul partenaire à vie : il refuse de jouer un surnombre si ce n’est pas pour donner un ballon d’essai à un autre demi de mêlée qu’Antoine Dupont.

Après on va reprocher à un rugbyman d'être pour les relations exclusives...
Après on va reprocher à un rugbyman d’être pour les relations exclusives… (©France 2)

Dominés, les Écossais se mettent plusieurs fois à la faute et Jamie Ritchie finit par écoper d’un carton jaune logique, puisqu’il s’agit d’un futur joueur de Perpignan, autant qu’il s’habitue. Le travail de sape français finit par payer, après une séance de pilonnage dans l’axe, Fickou fait un superbe travail et transmet à Moefana qui va inscrire le premier essai en puissance, 10-0.

Un match où Fickou brille offensivement et se troue plusieurs fois au plaquage : encore un truc qu'on avait pas vu venir.
Un match où Fickou brille offensivement et se troue plusieurs fois aux plaquages : encore un truc qu’on n’avait pas vu venir. (©France 2)

Logiquement, là, le plus dur est fait. Les « valeureux » Écossais vont devoir courir après le score, se fatiguer sur de longues séquences stériles, et on n’aura plus qu’à les assassiner en contre, merci bonsoir, direction la rue de la Soif. Ce serait sous-estimer cette capacité incroyable que possède le rugby français à s’inventer des problèmes quand elle n’en a pas. Oui, ce soir, la French Merde™ est de retour.

Très beau cosplay Galthié mais par contre pour aller au bout de l'idée il faut finir à poil à Dieppe.
Très beau cosplay Galthié mais par contre pour aller au bout de l’idée il faut finir à poil à Dieppe. (©France 2)

Tout commence avec la traditionnelle trouade sur un ballon haut, parce qu’il faut bien que Bielle-Biarrey soit nul dans quelque chose, sinon la vie est trop injuste. Et, alors qu’Alldritt avait réussi à sauver le coup en récupérant le ballon au sol, Ramos l’embrouille décide de bousculer Ben White, comme ça, gratuitement, juste parce qu’il est Thomas Ramos, le plus grand fouille-merde de l’histoire du rugby français. Le demi de mêlée écossais termine dans le décor et percute accidentellement Peato Mauvaka. Celui-ci lève alors la tête… et aperçoit un phénomène étrange dans le ciel. Dans les nuages au-dessus de Saint-Denis, un visage apparaît, exactement dans le Roi Lion ! Peato Mauvaka fronce les sourcils. Il ne s’agit pas des traits nobles et majestueux de Mufasa, mais d’un faciès que l’on pensait avoir oublié depuis longtemps. Mauvaka n’en croit pas ses yeux…

– Momo… c’est toi ?

La figure dans les nuages lui répond.

– Oui, Peato, c’est bien moi ! C’est Momo Haouas !

– Mais t’étais pas en taule ?

– Mais non ça c’était avant ! Depuis j’ai eu ma 8e chance. Hey mais tu as vu cet Écossais qui vient de te tomber dessus là ? Tu vas le laisser te manquer de respect comme ça ? C’est pas possible ça ! Déglingue-le frère !

Alors le sang du talonneur ne fait qu’un tour. Bam ! Coup de boule sur Ben White. À force de fréquenter Baptiste Serin au RCT, ce brave Ben a fini par aller prendre des cours de théâtre avec lui, mais sur le coup il n’y avait même pas besoin d’en rajouter tant le geste est idiot. Carton jaune, bunker.

Temps de survie de Thomas Ramos dans les années 70, à l’époque où il n’y avait pas de vidéo et des seconde lignes cannibales : environ 7 minutes.
Temps de survie de Thomas Ramos dans les années 70, à l’époque où il n’y avait pas de vidéo et des secondes lignes cannibales : environ 7 minutes. (©France 2)

Russell profite de la pénalité pour réduire le score, 10-3. Heureusement, Russell reste Russell, et c’est aussi lui qui manque de coûter un essai à son équipe sur une maladresse quelques secondes plus tard. Lucu ne réussit pas à aplatir après un coup de pied à suivre de charo, mais les Français sortent tout de même de la possession avec trois nouveaux points, 13-3. Au passage, Thomas Ramos devient le meilleur réalisateur du rugby français, juste derrière Fred Godard, l’homme qui filme des vols pigeons au ralenti et fait des gros plans sur la pleine lune au milieu d’une mêlée.

Regardez-moi ce plan, y'a tout : la gloire, la mélancolie, le regard qui veut dire « je reviendrai tous vous niquer »... il fait pas le poids votre Christopher Nolan.
Regardez-moi ce plan, y’a tout : la gloire, la mélancolie, le regard qui veut dire « je reviendrai tous vous niquer »… il fait pas le poids votre Christopher Nolan. (©France 2)

On en arrive au verdict pour Mauvaka, et alors que tout le monde s’attendait logiquement à une exclusion définitive, le jaune restera jaune. Le fameux complot arbitral anti-français devait être en RTT, ou alors chouiner sur le sujet à longueur de temps en conférence de presse finit par porter ses fruits, qui sait. En tout cas, les Écossais doivent se dire qu’on se fout un peu de leur gueule, et l’annonce de cette décision coïncide avec leur regain de forme dans la partie. On recommence enfin à voir du mouvement, des courses tranchantes, et assez rapidement, Finn Russell trouve l’ouverture avec un beau retour intérieur pour Darcy Graham qui déchire la défense.

Darcy, est-ce donc là les manières d'un gentleman ?!
Darcy, est-ce donc là les manières d’un gentleman ?! (©France 2)

13-10. Petit coup de froid sur le Stade de France. Le public arrête de chanter la Marseillaise et ne sait plus quoi faire, visiblement personne ne l’avait prévenu que l’équipe adverse avait le droit de jouer. Et de jouer bien. La masterclass de Dublin n’a pas gommé toutes les failles de cette équipe, notamment au centre du terrain. Même si Russell a probablement la même phobie du développé-couché que Sam Prendergast, niveau animation offensive on est quand même dans un monde différent. Les Bleus sont bousculés, parfois dépassés par la vitesse des fameux All Blacks du Nord (le palmarès en moins).

Merci encore pour tout Fredo, y'a certain ralenti qu'il fallait pas revoir.
Merci encore pour tout Fredo, y’a certain ralenti qu’il fallait pas revoir. (©France 2)

Après une succession de fautes françaises, Gros écope d’un nouveau carton jaune, et Russell égalise 13-13. Un effort rapidement annihilé par une faute qui offre 3 nouveaux points à Ramos : y’a que nous qui sommes spécialistes du tir de roquette dans le pied.

Juste avant la pause, ultime frayeur pour les Bleus quand encore une fois, la défense se fait transpercer par Blair Kinghorn sur une relance. Quelques temps de jeu plus tard, c’est Tom Jordan qui casse les plaquages de Mauvaka et Fickou pour le deuxième essai écossais. Essai qui sera finalement annulé pour une faute commise 5 minutes plus tôt : Kinghorn aurait mis le pied en touche selon « tkt frère j’ai tout vu fais-moi confiance». Nous ne verrons jamais un seul ralenti de l’action et l’arbitre siffle instantanément la mi-temps. C’est donc ça être sud-africain ?

Mauvaka a tellement peut de reprendre un carton qu'il passe en mode touch rugby.
Mauvaka a tellement peur de reprendre un carton qu’il passe en mode touch rugby. (©France 2)

Et la comparaison avec les Springboks ne va pas s’arrêter là. Au retour des vestiaires, les Scots repartent à l’abordage, enchaînant de longues séquences de jeu. Le demi d’ouverture écossais hérite du ballon à l’entrée des 22 mètres, et le stade retient son souffle. Va-t-on voir Finn Russell ou Finn Poubelle ? Vous connaissez déjà la réponse. Clairement, c’est pas la tournée des Lions Britanniques et Irlandais qui vont le pousse à faire un match sobre, ce soir, comme tous les soirs, on est au Finn Circus.

Quand t'as raté ton spectacle de diabolo à la Zad mais que tu restes serein.
Quand t’as raté ton spectacle de diabolo à la Zad mais que tu restes serein. (©France 2)

La tentative de chistéra inutile-mais-stylée est punie par un sévère plaquage de Fickou, qui connaît bien l’animal. Ntamack, le roi du « tu m’vois jamais, jusqu’au moment où je t’égorge en un éclair comme un ninja » s’empare du ballon et accélère. Ça va être difficile de distancer Darcy Graham à la course, mais pas de panique, le Chacal Suprême Bielle-Biarrey est au soutien pour aller marquer son 8e essai dans le Tournoi. 23-13. Complètement contre le cours du jeu ? Totalement. Est-ce qu’on va s’en plaindre quand ça tourne dans notre sens ? Totalement pas.

L’opportunisme a un nom : Louis Bielle-Bâtard !
L’opportunisme a un nom : Louis Bielle-Bâtard ! (©France 2)

Pendant un cours instant, on s’est demandé si ces Bleus étaient vraiment capables de paumer une victoire finale dans le Tournoi, à domicile, contre la putain d’Écosse. Oh, il y a quelques années, ça aurait pu arriver. Mais Fabien Galthié n’est pas un grand romantique. Son idée de dîner de St Valentin idéal, c’est un pique-nique sur un chantier de démolition. Et oui, on arrive à la 45e minute, c’est l’heure de l’entrée de Baguette Squad

L’expression a déjà sa petite popularité. J’aimerais vous proposer ma version, bien plus fidèle à la réalité : le Raclette Squad. Car on parle d’un truc lourd, qui tabasse et t’envoie au plumard avant même 22h. Aldegheri, Baille, Marchand, Meafou, Jegou, Jelonch : des noms qui sonnent comme un poème. Mais un poème en allemand, dont les vers signifieraient quelque chose comme : « abandonnez tout espoir, frêles humains ».


Ils ont accroché Louane en l’air pour que Jégou et Auradou ne puissent pas l’atteindre, c’est malin.
Ils ont accroché Louane en l’air pour que Jégou et Auradou ne puissent pas l’atteindre, c’est malin. (©France 2)

L’effet ne se fait certes pas immédiatement ressentir, et Russell parvient même à réduire le score sur pénalité après une action initiée par sa propre percée. Mais vous connaissez la règle avec lui : chaque action positive doit être suivie d’une connerie. Et même parfois, par deux conneries. Après un bon grattage de Ritchie, le demi d’ouverture de Bath (prononcez : Bafffffff si vous avez fait Wall Street Enflish) fait une première boulette en ne trouvant pas la pénaltouche. Bielle-Biarrey contre-attaque avec une chandelle, et va récupérer le ballon à la lutte avec… Russell, vous avez deviné.

Finn c'est la vista de Magic Johnson, mais la détente de Passe-Partout.
Finn c’est la vista de Magic Johnson, mais la détente de Passe-Partout. (©France 2)

Peut-être le tournant de la rencontre. Car à partir de là, les Français reprennent le match en main grâce à la puissance de leur pack. Les Scots se font hacher comme du haggis sur plusieurs ballons portés conquérants. Derrière, les espaces s’ouvrent, et le duo de chambre diabolique Penaud-Ramos en profite : l’arrière va marquer entre les poteaux, 30-16.

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19 points d’avance, un peu moins de 20 minutes à jouer, a priori c’est dans la poche. Fabien Galthié reste néanmoins méfiant et attend la 75e pour faire rentrer Auradou, preuve que les leçons de Twickenham ont été retenues (par contre il va falloir arrêter de nous saouler avec ce banc en 7-1 quand il s’agit en réalité d’un 6-1).

Après Ange Capuozzo en finale de Top 14, Van der Merwe remporte le titre de la deuxième meilleure humiliation de Penaud.
Après Ange Capuozzo en finale de Top 14, Van der Merwe remporte le titre de la deuxième meilleure humiliation de Penaud.(©France 2)

La situation étant désormais confortable, les Bleus peuvent enfin s’essayer à faire des choses qu’on voit trop peu souvent, comme des enchaînements de passes. Et le pire, c’est qu’ils savent bien le faire. Après un très beau mouvement et une course tranchante de LBB en position de centre, Moefana hérite du ballon dans le couloir. La défense écossaise a bien glissé, il reste deux défenseurs. Boh c’est pas grave, je vais passer à travers, se dit « Le petit Prince de Futuna » puisque Matthieu Lartot a décidé que ce serait son surnom (c’est fou l’inspiration qu’on peut trouver en lisant des journaux confidentiels comme l’Équipe). Encore une fois c’est Russell qui se fait postériser, une bien belle soirée pour lui.

En défense ou en attaque, où que tu sois, tu sais que y'aura Moefana.
En défense ou en attaque, où que tu sois, tu sais que y’aura Moefana. (©France 2)

35-16, c’est plié. Il reste une vingtaine de minutes à jouer. Plutôt qu’aller chercher la branlée qui réveillerait définitivement le public, les Bleus vont se contenter de laisser les Écossais s’épuiser tout seul et de parfaire leurs statistiques aux plaquages. Mention spéciale à Maxime Lucu, qui a décidé qu’il jouait flanker ce soir. Lucu, c’est le soldat ultime, un vrai fantasme d’Emmanuel Macron : si demain tu lui annonces qu’il doit envahir la Russie, il ne pose pas de questions et répond juste « Super ! J’ai fait mon sac et ma mémé m’a fait un sandwich au pâté ! ». Un brave.

Il a pris un bouchon, il est content.
Il a pris un bouchon, il est content. (©France 2)

Le reste du match, ce n’est que du grand classique. Un Écossais se fait coffrer dans l’en-but. Marchand gratte un ballon. Finn Russell se fait détruire par Bielle-Biarrey. La routine, quoi. On ne tremble pas, on ne vibre pas plus que ça non plus. C’est vrai qu’il manquait peut-être un petit truc à ce match pour vraiment finir en beauté. Ouais, vraiment des enfants gâtés.

Louis Bielle-Basta.
Louis Bielle-Basta. (©France 2)

Le chrono tourne, et Romain Ntamack dégage nonchalamment en touche pour sceller la victoire française dans ce Tournoi des 6 Nations 2025. Une victoire largement méritée, au terme d’une épopée où on aura eu notre lot d’émotions et de dramas, entre le rouge de Ntamack, la défaite incompréhensible à Twickenham, le traditionnel débat national autour de la question Jalibert (ça et la colonisation, deux points qui divisent férocement la société française), la mise au placard temporaire de Penaud, la blessure de Dupont et les conférences de presse toujours plus lunaires de notre Jean-Claude Van Damme à grosses lunettes.

Image rare de joueurs de l'UBB remportant un titre au Stade de France.
Image rare de joueurs de l’UBB remportant un titre au Stade de France. (©France 2)

Et finalement, est-ce qu’un parcours comme ça, c’est pas un peu plus rigolo qu’un Grand Chelem ? En tout cas, ça permet sans doute plus à une équipe de continuer à grandir.



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