En Seine-et-Marne, c’est un spécialiste des délits routiers qui était présenté le jeudi 6 février 2025, en comparution immédiate, entre deux gendarmes devant le tribunal correctionnel de Melun. L’homme, domicilié dans le Provinois et âgé d’une trentaine d’années, ne compte plus les infractions routières commises tout au long de six dernières années. Des infractions auxquelles s’ajoutent parfois des conduites sous l’empire de stupéfiants. À tel point que son son permis a souvent été supprimé, comme ce fut le cas lors de sa dernière condamnation en juin dernier.
Sans assurance, ni permis, il refuse d’obtempérer
Ce mercredi 5 février, cela ne l’a pas empêché d’emprunter la voiture de son épouse pour se rendre au travail. Le hic, c’est qu’en traversant la commune de Jouy-le-Châtel, il est tombé sur un contrôle de gendarmerie de la brigade motorisée de Provins. À la barre il tente de s’expliquer : « C’était exceptionnel… ça n’arrive jamais ! Ce jour-là, ma femme était souffrante à la suite d’une intervention chirurgicale et elle n’a pas pu me conduire. Je n’ai trouvé personne pour un covoiturage… » Le prévenu plaide la « conscience professionnelle » qui lui a fait choisir de prendre le volant – même sans permis – « plutôt que d’être porté absent à son poste de travail. »
« Le problème, répond le juge, c’est que non seulement vous n’avez plus de permis, mais que vous avez refusé de vous arrêter lors du contrôle routier, et qu’en plus le véhicule n’était pas assuré. Cela, vous ne pouviez l’ignorer ! »
Condamné à la semi-liberté
Le contrevenant, penaud, baisse la tête d’un air désolé. Son avocate précisera dans sa plaidoirie que finalement son client a choisi, quelques heures après son refus d’obtempérer, de se présenter de lui-même à la gendarmerie pour reconnaître les faits. Une décision sage car les gendarmes l’avaient déjà parfaitement identifié et étaient même passés à son domicile pour l’interpeller…
La procureure a requis 12 mois d’incarcération en semi-liberté « pour qu’il ne perde pas son emploi » et la saisie du véhicule. Le tribunal le condamne finalement à 8 mois, auxquels s’ajoute la levée de 2 mois d’un sursis précédent, ce qui porte le total à 10 mois d’enfermement en régime de semi-liberté.
Jean-François CALTOT
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