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Rupture du bail du cabinet de la dentiste de Montebourg : ce que l’on sait

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Dans la Manche, et plus particulièrement dans le Cotentin, voir un dentiste s’installer dans sa commune est sans nul doute une nouvelle des plus réjouissantes pour ses élus et ses habitants.

Mais quand ce professionnel de santé part, retour à la case départ : celle de l’inquiétude. Montebourg, commune de 2 100 habitants, est confrontée à cette situation depuis 2024.

Quelle offre de soins à Montebourg ?

Le bourg n’a pas à rougir, il est même plutôt bien doté. Place Saint-Jacques, quatre médecins généralistes et un podologue sont réunis à la Maison médicale, qui accueillait également auparavant deux dentistes.

Après leur départ, le Dr C. avait pris leur suite en janvier 2024. Mais après avoir exercé six mois, coup de tonnerre : cette professionnelle de santé est rattrapée par son Ordre. Depuis, c’est silence radio.

Qui est le Dr C. ?

De nationalité roumaine et aujourd’hui âgée de 53 ans, le Dr C. est arrivée à Montebourg par l’entremise de l’un de ses pairs qui quittait la Maison médicale.

Depuis la création de son entreprise libérale réglementée en 2016, elle a exercé dans plusieurs structures interprofessionnelles et plusieurs départements de France, notamment dans l’Eure-et-Loir et la Manche.

Que lui est-il reproché ?

Le 27 février 2025, le conseil municipal de Montebourg a approuvé la décision de faire appel à un huissier pour rompre le bail du cabinet dentaire de cette dentiste au sein de la Maison médicale en vue de l’en expulser.

À partir de décembre 2024, elle n’a plus réglé ni son loyer ni ses charges. Cette situation bloque la possibilité d’accueillir un nouveau dentiste.

Jean-Pierre Mauquest, maire de Montebourg

Dans les faits, elle n’exerçait plus dans son cabinet depuis juillet 2024. Selon des documents de l’Ordre des chirurgiens-dentistes que La Presse de la Manche a pu consulter, il apparaît en effet que le Dr C. faisait l’objet de deux procédures indépendantes diligentées par ses pairs au niveau départemental.

La première concerne « une procédure de radiation administrative du tableau des chirurgiens-dentistes de la Manche […] pour fausse déclaration lors de son inscription ». Une décision départementale confirmée au niveau régional après que le Dr C. a fait appel.

La seconde concerne « une procédure disciplinaire » de la chambre disciplinaire de première instance de Normandie après « son non-respect de sa condamnation par la chambre disciplinaire de première instance de Nouvelle-Aquitaine ». Elle avait en effet poursuivi son activité alors qu’elle faisait l’objet d’une interdiction d’exercer pendant deux mois, dont un avec sursis.

L’Ordre conclut : « Le Dr C. n’est pas autorisée à exercer l’art dentaire en France, et donc dans la Manche, puisqu’elle n’est inscrite à aucun tableau ordinal consécutivement à sa radiation administrative. »

Dans les rues de Montebourg, des ex-patients rapportent quant à eux qu’ils n’ont jamais perçu de remboursement de leurs soins après l’avoir consultée.

 
40,3 dentistes pour 100 000 dans la Manche

Selon l’Ordre des chirurgiens-dentistes, la Manche comptait 198 dentistes au 4 mars 2025, soit 40,3 pour 100 000 habitants (35,87 dans l’Orne, 38,39 dans l’Eure, 52,33 en Seine-Maritime et 57,53 dans le Calvados, 71,44 en France).

Quelle est sa ligne de défense ?

Ni le maire de Montebourg ni les autres professionnels de santé de la Maison médicale ne sont parvenus à entrer en contact avec elle, pas plus que La Presse de la Manche. Domiciliée à Créances, elle s’est selon toute vraisemblance volatilisée.

Sur la porte d’entrée de la Maison médicale, elle a néanmoins laissé un mot derrière elle :

Il est inacceptable que des dentistes qui font leur travail avec dévouement et sans avoir commis de faute professionnelle grave ni causé de préjudice à qui que ce soit soient jetés comme une dent cassée à la poubelle par des décisions imméritées et avec de graves conséquences sur leur vie, leur carrière professionnelle et les patients, qui n’ont pas reçu de délai pour remettre les travaux en cours.

Dr C., par écrit à la Maison médicale de Montebourg

Le Dr C. considère qu’elle a été « traitée de manière xénophobe, raciste et injuste ».

Le maire de Montebourg réfute une telle accusation : « Elle n’a pas respecté l’administration française, la loi s’applique, tout simplement. Cela n’a rien à voir avec le fait qu’elle soit étrangère. Et nous, nous ne pouvons pas accepter un professionnel de santé à n’importe quel prix non plus. »

Quid des habitants et des patients ?

« Nous recevons des appels de personnes inquiètes à la mairie, indique le maire de Montebourg. Elles se posent des questions. Elles se demandent ce que signifie son départ et s’il y aura un nouveau dentiste. »

La secrétaire de la Maison médicale le confirme : « Les gens sont inquiets. Ils se demandent où ils vont aller maintenant. Certains sont partis à Avranches ou du côté de Vire. C’est un stress pour eux. »



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