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revenus et donateurs baissent, il faut développer une nouvelle stratégie

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Le Denier de l’Église sert à payer les prêtres et laïcs salariés de l’Église, soit 113 prêtres et 43 laïcs pour le diocèse de Cambrai. Mais les chiffres sont alarmants, la baisse est de -6,3 % en un an pour ce diocèse. Des lueurs d’espoir existent néanmoins, avec de nouvelles pistes. On fait le point avec l’archevêque, Mgr Dollmann, et son équipe responsable des finances et ressources.

Un don spirituel et non la charité

Quel est le « salaire » d’un prêtre ? « On dit ‘traitement’ pour les prêtres, auquel on ajoute les offrandes de messe qui correspondent à la moitié du perçu. Ce qui équivaut à 1 080 € mensuels, moins la mutuelle à 50 €», énonce Nicolas Fourest, économe du diocèse de Cambrai.

Le Denier est donc vital pour assurer la rémunération des « serviteurs » de l’Église. Jacques Boucly, chargé de mission ressources du diocèse de Cambrai, poste bénévole créé il y a 3 ans, insiste : « Il ne s’agit pas de demander la charité. Le don dans l’Église sert à la mission, il a une dimension spirituelle. C’est le signe concret de son attachement à l’Église. Quand on nous dit : ‘J’ai déjà donné à telle association comme le Secours catholique’, ce n’est pas la même chose ». Il rappelle que seulement « un tiers des pratiquants donnent au Denier ! »

« C’est comme une cotisation » résume Mgr Dollmann. Qui rappelle que les diocèses ne perçoivent aucune subvention, ni de l’État ni du Vatican.

– 6,3 % en un an

Mais les chiffres ne sont pas bons. Le diocèse de Cambrai est particulièrement impacté par la baisse du Denier et des donateurs. -6,3 % : en un an, le Denier de l’Église du diocèse de Cambrai a fait une belle chute, passant de 1,858 million d’euros en 2023 à 1,741 million d’euros en 2024.

Cela a un impact sur la gestion financière du diocèse. Car « il faudrait environ 3 millions d’euros pour couvrir les salaires des prêtres et des laïcs » dit l’économe. Où est donc trouvé l’argent manquant ? « Il y a plusieurs sources : les legs, à hauteur de 700 000 € par an en moyenne mais sans certitude ; les réserves financières, la trésorerie ; et la réduction des dépenses ».

Baisse des donateurs de 27 % en 5 ans

Sans oublier les recettes extraordinaires, avec la vente immobilière : « On a vendu l’Espace Bertholin à Valenciennes il y a 3 ans pour 315 000 €. Actuellement, plusieurs biens sont en vente : une maison paroissiale à Solre-le-Château, un presbytère à Louvroil, une maison issue d’une donation à Busigny ».

Côté donateurs, quel bilan ? Les chiffres là encore sont inquiétants. « Leur nombre a baissé de 27 % en 5 ans » signale encore l’économe.

Entre 2023 et 2024, pour le diocèse de Cambrai, ils ont baissé de 9258 à 8167, soit une baisse de 11,7 %. Les statistiques côté national donnent une moyenne d’âge aux donateurs du Denier de l’ordre de 78 ans.

Pistes nouvelles

Côté collecte, il faut s’adapter à cette baisse, et aussi à la chute du nombre de bénévoles. Avant, de nombreux messagers-collecteurs sonnaient aux portes dans les quartiers, aujourd’hui, beaucoup de paroisses n’en ont plus du tout. Il faut donc évoluer. Comment ? « La sensibilisation lors des messes par le curé lui même est essentielle » note l’équipe ressources. « Beaucoup de pratiquants n’ont jamais entendu parler du Denier de l’Église ! »

Mgr Dollmann explique : « Pendant longtemps, on n’osait pas demander au prêtre d’en parler, pour le décharger sans doute. Désormais, les prêtres se réapproprient cela, c’est un changement de culture, il faut en parler ».

« On se donne un but : recruter 2 450 nouveaux donateurs en 2050, ce qui fait 50 par paroisse. Cela semble beaucoup, mais si on sensibilise lors des messes où il y a beaucoup de monde, comme à Noël, à Pâques, ça peut être efficace » dit Euphémie Liglet.

Autre pôle à sensibiliser : l’Enseignement catholique ; « Je rencontre de plus en plus les directeurs pour les informer et les inciter à en parler aux familles » dit Jacques Boucly.

Une lueur d’espoir

Une lueur positive dans ce tableau : malgré la baisse des donateurs, de nouveaux sont arrivés. « Nous avons 362 nouveaux donateurs, ils sont arrivés via les enveloppes données en paroisse, pour 117 d’entre eux. 92 ont fait des dons en ligne » signale Euphémie Liglet, responsable du développement des ressources.

De plus, le don moyen a augmenté, « il a fait un bond de +6 %, passant de 201 à 213 €». Le don médian, le plus courant, est de 63 €. 35 % des dons se font par prélèvement automatique, et 48 % par chèque » signale encore la responsable ressources.

Mgr Dollmann réagit : « Les gens restent généreux ». L’archevêque souligne aussi une raison d’espérer : « On pourrait avoir l’impression que l’Église s’efface du paysage social, et nous demande ce qui va nous tomber dessus. Mais en même temps, dans les communautés, je ne vois pas de morosité. Et encore mieux : on a 240 catéchumènes cette année, des adultes qui seront baptisés à Pâques, ils ont entre 20 et 40 ans. L’an dernier, ils étaient 180 ! »

Des projets quand même

D’un côté, des départs en retraite ne sont pas remplacés, mais de l’autre, on recrute selon les priorités pastorales. La preuve avec les fraternités missionnaires qui se développent. Pour les accompagner, une équipe avec des salariés a été appelée, dont Vincent Szymura. « On propose des outils pour les paroisses et les chrétiens, par exemple la mise en place de fraternités missionnaires, des formations, des vidéos, des fiches »…

Mgr Dollmann résume : « Même si on a moins d’argent, on s’adapte et on a des projets ! »



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