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Regroupement d’écoles, terrains synthétiques et vidéoprotection, les priorités de Fougères



A Fougères (Ille-et-Vilaine), comme ailleurs, les orientations budgétaires sont toujours un exercice compliqué. Celles de 2025 encore plus car construites dans un contexte incertain en raison des aléas politiques au niveau du gouvernement. La majorité municipale a tout de même tracé le chemin qu’elle veut suivre cette année.

Regrouper deux écoles

Tout en haut de la liste de ses priorités, Louis Feuvrier annonce vouloir « intensifier la démarche de transition écologique et de préservation de la biodiversité par la poursuite d’actions de sobriété électrique dans les stades, les Ateliers et les gymnases ». Il en attend des économies d’électricité « d’au moins 70 % ».

Le lancement du futur pôle de correspondance des mobilités place de la République-gare routière « s’inscrit dans cette trajectoire » poursuit le maire qui annonce la réalisation d’îlots de fraîcheur « à de nombreux endroits de la ville ».

Après avoir terminé la rénovation du groupe scolaire Duguesclin pour la rentrée de septembre et choisi le maître d’œuvre pour la transformation de maison de quartier de la Chattière en une crèche de 18 places, la majorité municipale va étudier le regroupement de la maternelle de la Madeleine et de l’élémentaire de la Chattière pour constituer un groupe scolaire unique sur le site de la Chattière.

Ce groupe scolaire permettrait de favoriser la continuité scolaire entre la maternelle et l’élémentaire et d’améliorer le service scolaire pour les élèves, les parents et les enseignants. Ce regroupement nécessitera bien évidemment des travaux d’adaptation

Louis Feuvrier, maire de Fougères

Vidéoprotection aux Cotterêts

Au rayon sécurité, le premier édile annonce la pose de nouvelles caméras vidéoprotection aux Cotterêts, un quartier qui a souvent été victime d’incendies volontaires de voitures ces dernières années, et la demande d’effectifs supplémentaires pour le commissariat de police auprès du ministre de l’Intérieur. « Cinq policiers ont été affectés, mais ce n’est pas suffisant ». Il évoque aussi la mise en œuvre d’actions de prévention en lien avec les partenaires de la ville.

Concernant le patrimoine, en plus de l’ouverture de la Coursive (avec le recrutement de trois personnels dédiés) et des opérations de restauration du château, la ville a demandé à la direction régionale des Affaires Culturelle (Drac) d’inscrire l’église Saint-Léonard sur la liste des monuments historiques. « Nous souhaitons signer une convention pluriannuelle de restauration de l’église Saint-Sulpice et du beffroi avec le ministère de la Culture et le conseil régional de Bretagne », prolonge la maire qui maintient le soutien aux associations culturelles, sportives, de solidarité et de loisirs.

Pas de hausse des taux des impôts

Pour financer ces projets, et bien d’autres, la ville va mettre 14 millions d’euros d’investissements sur la table. Toutefois, contrairement à l’an dernier (+ 7 %), elle ne va pas augmenter les taux des impôts locaux.

Sur la base des valeurs locatives moyennes, Fougères fait toujours partie des deux villes de Bretagne de plus de 10 000 habitants où le niveau des impôts locaux est le moins élevé 

Louis Feuvrier 

Impôts, dotations, dettes… Les chiffres clés

 

Dépenses, recettes, focus sur les principaux indicateurs des orientations budgétaires de la ville.

 

La dette en hausse. L’encours de la dette, au 1er janvier 2025, s’élève à 35 461 600 € soit 1 671 € / habitant sur la base d’une population totale de 21 221 habitants. Le délai de désendettement de la commune est de 5 ans. Cette année, Fougères va emprunter  auprès des banques environ de 6 millions d’euros. Ce montant, compte tenu des remboursements (près de 3 M€), induit donc une augmentation de l’encours de la dette en 2025 de 3 millions d’euros. 

 

397 agents. C’est l’effectif de la ville et du centre communal d’action sociale : 241 femmes et 156 hommes, dont la moyenne d’âge est de 46,8 ans, qui assurent une quantité très importante de services et missions en régie. Un choix qui coûte, en fonctionnement, 12,83 millions à la collectivité. Soit près de la moitié du budget de fonctionnement. A quoi s’ajoutent 5,87 millions d’euros de charges : entretien, fournitures, réparation et maintenance des bâtiments communaux, espaces verts, réseaux, véhicules et matériels. Elles concernent également les consommations d’eau, d’électricité, de gaz, de carburant, les assurances, les dépenses de formation des personnels, les taxes et redevances.

 

Pas de hausse de la fiscalité, mais… . Le maire a annoncé qu’il ne toucherait pas aux taux locaux des contributions directes. Ils resteront de 49,16% sur le foncier bâti, 52,62% sur le foncier non bâti et 18,33% sur les logements vacants et résidences secondaires : 18,33 %. Ce qui devrait rapporter 11,822 millions. Les impôts pourraient tout de même augmenter car le coefficient de revalorisation des valeurs locatives, qui sert de base au calcul des impôts locaux, s’élèvera à 1,7% en 2025 (contre 3,9% en 2024).

 

Dotations et participations. Ce sont les autres recettes majeures de la commune. Celles de l’Etat se monteront à 5,262 millions d’euros en 2025, celle de Fougères agglomération à 4,752 millions. Au rayon recettes, on peut ajouter les entrées du château et de la future Coursive (950000€) et les droits de mutation (700000€).

 

L’épargne nette. C’est la somme qu’il reste, après déduction du remboursement du capital de la dette, et qui permet un autofinancement des investissements. Il s’agit de l’indicateur numéro un de la bonne santé, ou pas, d’une collectivité. Cette année, elle sera de 1,7 million. Bien inférieure à 2024 (3,7 millions) mais à peu près égale à 2023, la pire des dix dernières années.

Il a ensuite souligné l’impact de gros imprévus qu’il a bien fallu prendre en compte.

D’abord, la forte augmentation des primes d’assurance pour les dommages aux biens et la flotte automobile de la ville : elle passe de 89 000 € à 403 000 € avec des franchises bien plus élevées.

Les finances de la ville (lire encadré) doivent surtout absorber deux projets que Louis Feuvrier et son équipe n’avaient pas envisagés.

Primo, le rachat à Fougères habitat de la maison pluridisciplinaire de santé de l’îlot Bertin, « pour bénéficier de subventions importantes » et ainsi proposer des « tarifs de location attractifs » pour accueillir des médecins.

Deuzio, la réalisation d’un nouveau terrain de football synthétique à Paron « pour répondre aux besoins des établissements scolaires et de l’Union sportive fougeraise ».

Quatre millions d’investissements supplémentaires qui « nous obligent à reporter l’appel d’offres relatif à la rue de la forêt à la fin de l’année ou au début 2026 ».

Au final, pour le maire, ces orientations budgétaires « traduisent la forte volonté qui est la nôtre d’agir en matière de services, de transition écologique et énergétique, de développement et de solidarité. »

Ce qui n’est évidemment pas l’avis de ses opposants



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