jnews.fr

Refus d’obtempérer et course-poursuite avec les gendarmes en Loire-Atlantique : le prévenu nie



Dans la soirée du 5 octobre 2024, à Paimbœuf (Loire-Atlantique), les gendarmes veulent interpeller le chauffeur d’une Mercedes bleue qui circule à vive allure. Sans succès. Ils activent leurs signaux lumineux et sonores, mais le conducteur refuse d’obtempérer, accélère, brûle un stop…

Les militaires le retrouvent place Berthy, à Corsept. Il sort en courant de son véhicule et entre dans un immeuble. Sachant qu’il réside dans l’un des appartements, ils sonnent à sa porte. Sans succès de nouveau. Sachant également qu’il a déjà été arrêté pour de faits identiques.

Parallèlement, un passager a pris son temps pour descendre du véhicule, laissé moteur tournant, portière du conducteur ouverte. C’est le voisin de palier du fugitif.

Cet homme explique qu’alors qu’il rentrait à pied, le chauffeur lui a proposé de le ramener.

Ni permis, ni assurance

Lors de sa comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire, le vendredi 28 mars 2025, le célibataire de 33 ans prend un air étonné et dit ne pas comprendre : « Je ne sais pas. Mon voisin, il boit beaucoup, il mélange alcool et drogue ».

Le président ironise : « Et les gendarmes aussi, ils boivent ? »

Vidéos :

Le juge poursuit : « Le véhicule ne vous appartient pas ? »

Ce que celui qui a un CAP de mécanicien reconnaît : « C’est à quelqu’un qui me l’a laissé pour réparations ».

Ce n’est pas la version du propriétaire : « C’est pour le vendre, car je n’ai pas le temps de m’en occuper ». Ce qu’il ajoute ne sert pas le mis en cause : « Il est venu prendre l’apéro. Il s’est mis à pleurer en disant qu’il avait semé les gendarmes ». Une invitée a confirmé la scène.

Le prévenu, qui circulait alors que son permis est annulé, affirme : « Je ne savais pas que la voiture n’était pas assurée ».

Plaidoirie de relaxe

Il confesse qu’il « n’a pas le moral pour plein de choses ». Titulaire du RSA, il dit avoir « des problèmes de concentration et de mémoire depuis l’enfance » et admet « boire beaucoup moins qu’avant ».

Évidemment, la procureure s’appuie sur la version des gendarmes : « Ils l’ont reconnu formellement ».

Elle retient également les témoignages du voisin, et des deux personnes présentes lors de la soirée d’apéritif, et requiert huit mois de prison, 105 heures de travail d’intérêt général et une interdiction de conduire tout véhicule terrestre à moteur pendant six mois. Ce qui est confirmé par le tribunal.

L’élève avocat, Olivier Pizon, du cabinet Ouerghi-Neifar, émet d’autres hypothèses et plaide la relaxe au bénéfice du doute : « Qui nous dit que ce n’était pas le passager qui conduisait ? On parle peu des faits, mais plus de son casier ». Le trentenaire a en effet été condamné cinq fois pour conduite en état d’ébriété, une fois pour conduite malgré une suspension de permis et une fois pour refus d’obtempérer.

Le plaideur insiste : « Il ne savait pas que le propriétaire lui avait confié un véhicule non assuré ! » La peine pouvant être aménagée, le prévenu est ressorti du tribunal libre.



Source link
Quitter la version mobile