Le centre pénitentiaire du Gasquinoy, à Béziers est sous haute surveillance depuis le début de la semaine. Ainsi, après un contrôle « surprise » aux parloirs des visiteurs, dont les familles de détenus, des cellules ciblées ont été fouillées par l’Éris, dans le « quartier maison d’arrêt » où de la drogue et des téléphones portables ont été saisis.
Contrairement à une maison d’arrêt, un centre pénitentiaire comme ceux de Béziers et de Villeneuve-lès-Maguelone peut regrouper une maison d’arrêt, un centre de détention et/ou une maison centrale.
Ce mercredi 12 mars 2025 en soirée, cette fouille sectorielle a été menée en présence de l’Équipe régionale d’intervention et de sécurité -Éris- venue de la direction interrégionale de l’administration pénitentiaire de Toulouse, dont sont rattachées les deux prisons de l’Hérault, avec le personnel de l’établissement et d’une brigade cynophile avec un chien renifleur anti-stups.
« L’objectif était de contrôler les détenus ainsi que les cellules et de trouver d’éventuels objets ou substances prohibées », indique David Parmentier du syndicat Ufap-Justice.
Couteaux récemment saisis
Selon nos informations, cette opération a permis de saisir une dizaine de téléphones portables et plus de 450 grammes de résine de cannabis
Depuis le début du mois, la découverte les 3 et 5 mars de dix couteaux en céramique pliables sur deux prisonniers, lors d’une bagarre et sur d’autres qui revenaient de la cour de promenade, ont fait l’objet de rapports, de sanctions disciplinaires, d’enquêtes internes et de la police nationale, suscitant la colère des syndicats, les surveillants s’estimant en danger.
Les Éris créées en 2023
Les équipes régionales d’intervention et de sécurité, les Éris, ont été créées en 2003 pour rétablir l’ordre et la sécurité lors de crise dans les établissements pénitentiaires. Spécialisées et hautement qualifiées, elles forment le corps d’élite de la sécurité pénitentiaire. à l’instar du Raid en police nationale ou du GIGN en gendarmerie.
« Elles interviennent dans les établissements pénitentiaires en cas de crise grave et elles assurent aussi des missions de sécurisation hors des établissements pénitentiaires. Elles sont aussi mobilisées en renfort de sécurisation de grands évènements sportifs internationaux qui se déroulent en France, tels que la Coupe du Monde de rugby ou les Jeux olympiques et paralympiques 2024. Depuis leur création, elles ont réalisé plus de 30 000 missions », souligne t-on au ministère de la Justice.
Qui sont les personnels des Éris ? Elles sont exclusivement constituées de personnels de surveillance de l’administration pénitentiaire, spécialement recrutés et formés pour faire face aux situations de crise majeure. Les neuf équipes sont présentes dans chaque direction interrégionale des services pénitentiaires et trois brigades cynotechniques complètent les effectifs. En 2023, elles comptaient 363 agents dans leurs rangs.
Les missions principales sont de rétablir l’ordre en cas d’incidents collectifs ou individuels de personnes détenues, y compris lors des prises d’otages, dissuader et prévenir les incidents dans les établissements pénitentiaires, participer à l’organisation de fouilles sectorielles en assurant la sécurité globale de l’opération, intervenir pour récupérer une personne détenue retranchée, expertiser et apporter des conseils aux établissements pour prévenir les incidents, participer à des actions de formation des personnels exerçant en établissement pénitentiaire ou en équipe de sécurité pénitentiaire -ESP-, participer à des échanges d’expertise technique avec d’autres forces de sécurité publique françaises ou étrangères.
Les équipes Éris assurent aussi des missions secondaires comprenant le transfert de personnes détenues signalées violentes ou sensibles vers un autre établissement pénitentiaire, en renfort d’escorte ou en escorte principale l’extraction des personnes détenues signalées violentes ou sensibles, en renfort d’escorte ou en escorte principale
soutenir les établissements lors de missions de sécurité sur le périmètre du domaine pénitentiaire et ses abords.
Quand et comment interviennent les Éris ? Lorsqu’une situation de crise -incident individuel ou collectif- survient dans l’un de ses établissements, l’administration pénitentiaire dispose de trois niveaux d’intervention : premier niveau : intervention des personnels de surveillance exerçant leurs missions en établissement pénitentiaire
deuxième niveau : intervention des personnels de surveillance des équipes de sécurité pénitentiaire et troisième niveau : intervention des personnels de surveillance des équipes régionales d’intervention et de sécurité.
Qui décide de la mobilisation d’un Éris ?
L’engagement de chaque niveau dépend du degré d’intensité de l’incident. C’est au sein de cette organisation de la sécurité pénitentiaire que les Éris interviennent, seules ou en complément d’autres équipes de la sécurité pénitentiaire. Elles sont systématiquement déclenchées en cas de prise d’otage, de refus collectif de réintégrer ou de nécessité d’intervention sur un point haut.
En cas de troubles graves, les Éris ont mobilisables pour renforcer la sécurité des établissements pénitentiaires. Un système d’astreinte permet de mobiliser des effectifs 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour rétablir et maintenir l’ordre.
Qui décide de faire intervenir des Éris ? La décision de faire intervenir de ces personnels est prise par les directions interrégionales, quand la mission dure moins de trois jours, la section centrale des Éris quand la mission dépasse les trois jours ou nécessite la participation de plusieurs équipes régionales en même temps.
Recrutement et formation
Comment les membres sont-ils recrutés et formés ? Pour devenir Éris, il faut être surveillant pénitentiaire et réussir les tests de sélection : épreuves sportives, tests psychologiques et entretien avec un jury. Discipline, disponibilité, esprit d’équipe, sang-froid et une excellente condition physique sont les qualités essentielles pour devenir un agent Éris.
Les agents retenus suivent une formation d’adaptation de dix semaines se déroulant en partie à l’école nationale d’administration pénitentiaire -Enap- située à Agen dans le Lot-et-Garonne et au centre national d’entraînement des forces de gendarmerie en Dordogne, pour y acquérir des compétences en tir, techniques d’intervention, gestion du stress, maintien de l’ordre et escorte de détenus. Si leur formation est validée, les candidats rejoignent une base Éris comme stagiaires. À la fin de ce stage d’un an, ils seront habilités définitivement par une commission.
Des missions en civil
Ces agents spécialisés portent un uniforme spécifique de couleur bleu-marine, se composant d’un pantalon type treillis et d’une veste portant le sigle de ces équipes. Pour les interventions de crise, la tenue est complétée d’un casque de protection avec visière, d’un gilet pare-balles et de protections sur les bras et les jambes. Cette tenue d’intervention ne peut en aucun cas être portée par d’autres personnels pénitentiaires. Dans certains cas, les ÉRIS sont autorisées à porter une cagoule.
Pour assurer les missions qui leur sont confiées, les Éris ont des armes différentes des autres personnels pénitentiaires. Ils peuvent réaliser des missions en tenue civile, lorsque elles exigent la plus grande discrétion : reconstitutions ou des transferts par avion de personnes détenues faisant l’objet d’une surveillance renforcée.
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