Régulièrement, des riverains ou des associations des quartiers Saint-Marc, Brest Centre ou du port de commerce signalent, dans les mairies, des nuisances occasionnées par les activités portuaires. Notamment en matière olfactive. S’inquiétant particulièrement du dégagement de fumées. En demandant, à chaque fois, « êtes-vous sûr que cela ne dégrade pas la qualité de l’air ? » Comprenez :
Est-ce que cela n’est pas source de risques pour notre santé ?
Brest métropole s’est saisie de la problématique en 2022. Et a missionné Air Breizh, pour réaliser une étude, afin d’en savoir davantage sur le niveau d’exposition des riverains. On vous passe les détails du protocole. Mais sachez qu’une phase préalable de traitements des données existantes a, dans un premier temps, été élaborée, avant de bâtir un protocole d’investigations afin de réaliser des mesures de la qualité de l’air.
En dessous des seuils réglementaires
Deux campagnes ont ainsi été menées, en hiver et en été, en janvier et juin 2023. En lien avec l’association agréée par le ministère de la Transition écologique et sanitaire (Air Breizh), la Collectivité a décidé de « mesurer les polluants à enjeux sanitaires sur la zone d’étude », comme le précise Glenn Dissaux, vice-président en charge du plan climat à Brest métropole.
Les résultats ont été restitués lors d’une réunion publique, organisée dans la salle des possibles à la PAM, rue Louis-Pasteur à Brest, jeudi soir, 6 février 2025.
Qu’en ressort-il ? C’est Olivier Cesbron, ingénieur qualité de l’air à Air Breizh qui s’y colle. « Pour le dioxyde d’azote (ici majoritairement émis par le trafic routier), le dioxyde de soufre et les particules fines PM10, disposant de seuils réglementaires, les valeurs limites actuelles et fixées pour 2030 dans la nouvelle directive européenne pour la protection de la santé humaine, ont été respectées. » Les mesures effectuées se révèlent, en effet, en dessous des seuils réglementaires.
Il ajoute cependant : « En revanche, les recommandations de l’OMS (Organisation mondiale de la santé, NDLR), avec des normes plus exigeantes sur la qualité de l’air, ont parfois été dépassées, à l’échelle de la journée, pour le dioxyde d’azote, sur les trois sites de mesure fixe (Brest Centre, Saint-Marc et Moulin-Blanc). »
Olivier Cesbron informe : « Pour les particules sédimentables, non réglementées dans l’air ambiant, les sites de mesure à proximité des sources sont impactés, mais les niveaux relevés dans les quartiers riverains d’habitation sont faibles (si l’on enlève le trafic routier). »
Saint-Marc, Brest Centre, Moulin-Blanc
Qu’est-ce que cela donne dans les différents secteurs concernés ? « À Saint-Marc et au Moulin-Blanc, des augmentations, ponctuelles, des niveaux de particules fines PM10 ont été observées, les analyses de la composition chimique de ces particules ont permis de mettre en évidence une contribution importante de la fraction minérale au sein de ces particules, et ce lorsque les vents sont en provenance de la zone industrielle portuaire (Est). »
Pour Brest Centre ? « Le quartier est peu impacté par les émissions de la zone portuaire. » Sauf, parfois, par l’odeur, en fonction des vents. Gaëlle Morvan, adjointe au maire de Brest en charge du quartier Saint-Marc, et Yohann Nédélec, adjoint de Brest Centre confirment : « En règle générale, lorsque nous recevons des observations dans nos mairies, c’est avant tout pour signaler un problème olfactif, des odeurs de soja, des fumées. Qui débouche ensuite sur des interrogations concernant la qualité de l’air, et les potentiels effets sur la santé. »
Le langage des nez
Et Glenn Dissaux de conclure : « L’étude a été centrée sur la mesure des polluants à effets sanitaires. Les résultats en la matière sont rassurants parce que, s’ils ont permis de confirmer la présence de sources d’émissions, ils ont montré que l’impact des activités du port sur la qualité de l’air des quartiers riverains est globalement peu significatif. »
Et maintenant ? « Nous allons probablement mettre en place une méthode de surveillance plus intégrative, en optant pour la biosurveillance : il s’agit de prendre en compte des bio-indicateurs, que sont notamment les lichens, qui accumulent tout ce qu’il y a dans l’air. »
Brest métropole entend aussi s’investir sur les odeurs, eu égard aux nombreux signalements reçus. « Une caractérisation des nuisances olfactives pourrait être lancée via la constitution d’un observatoire afin de répertorier les signalements et cartographier les zones sensibles aux nuisances. Nous pourrons former des riverains à des référentiels (26 au total) afin que nous qualifiions tous la même chose lorsque nous évoquons une odeur. C’est le langage des nez. »
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