Lors de l’assemblée générale de l’association pour la restauration de la basilique du Saint-Cordon, de style néo-gothique, de Valenciennes (Nord) fermée depuis 15 ans, un flot d’interrogations a été au cœur des échanges. Association, mairie et Église ont ébauché un chemin commun. Les trois parties étaient présentes : les membres de l’association présidée par Marco Cannas, créée il y a bientôt trente ans, soutenus par le comité de sauvegarde du patrimoine valenciennois (CSPV) et le cercle archéologique et historique (CAH), le père François Triquet, doyen de la Ville, recteur du sanctuaire et affectataire du lieu (fermé au public depuis 2007, ndlr) et Daniel Cappelle, adjoint à la vie culturelle et à la valorisation du patrimoine.
Patrimoine culturel immatériel
Marco Cannas lance le débat avec la campagne pour le classement de la basilique (achevée en 1864) aux monuments historiques : 2249 soutiens par courrier et 383 par internet.
Il donne écho à deux courriers d’habitants sur le devenir de l’édifice « emblématique, remarquable, mini-cathédrale », sanctuaire marial inscrit aujourd’hui au patrimoine culturel immatériel (PCI) de la France.
S’adressant à l’élu, il questionne : « Quid des travaux, actuellement stoppés et à quand un soutien public de Laurent Degallaix, notre maire ? ».
La mairie agit mais ne réouvrira pas de sitôt
Daniel Cappelle, avec pédagogie, répond : « La nef, séparée du clocher, a été refaite à l’identique, nous agissons dans l’esprit d’une continuité, purgeant le monument une fois par an à l’aide de cordistes professionnels (le constat : 70 % des pierres sont à remplacer), ayant ouvert l’église au public lors des Journées du patrimoine (2023) ce qui nous a ensuite été reproché… Il est impossible de réouvrir pour sensibiliser les Valenciennois, il s’agit d’un chantier ! Nous avons également restauré les orgues classées ».
Coût global de 30 millions d’€
Il a rappelé : « La mandature actuelle s’achève et nous avons eu à mener de gros travaux : piscine municipale, hôtel de ville, musée des beaux-arts actuellement fermé dont le montant des travaux s’élève à 19 millions d’€. Le coût global pour la poursuite du clos-couvert est de l’ordre de 30 millions d’€« .
Il a rappelé : « La Ville demande à votre association qu’elle lève des fonds, via une recherche de mécénat -un outil juridique a été mis en place en mairie-, constituant un équipage pour réfléchir à ce que sera la future basilique au plan cultuel, culturel et muséal, en clair son phasage et son usage ».
Le père Triquet mobilisé
Recteur, le père François Triquet souhaite « ne pas opposer les bonnes volontés, nous devons travailler ensemble ». Les membres de l’association ont apprécié.
Comme Jérôme Guilleminot, qui invite à aller de l’avant : « Il y a visiblement une volonté inébranlable pour agir, donnons une suite utile avec une base et un but communs et solides, en évitant tout conflit ».
Un futur groupe de travail
Un groupe de travail va être prochainement mis en place avec les trois acteurs « asso-affectataire-Ville » pour déterminer en quoi la basilique présente un intérêt majeur (parcours intérieur, œuvres artistiques, vitraux…) pour la population, et au-delà. « Ce sera long, compliqué, coûteux, a prévenu Daniel Cappelle, mais nous devons nous bouger ensemble et avec le sourire ! »
Deux bonnes nouvelles : la situation confortable de l’association avec 141 000 € en trésorerie et la préparation d’un ouvrage grand public sur la basilique signé Frédéric Vienne, archiviste-historien du diocèse de Lille.
Ph. Courcier
*Contact : Maison de quartier-centre ville, 10 rue des Ursulines, 06 26 46 70 16.
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