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quel candidat pour la tête de liste de gauche à La Roche-sur-Yon ?

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Comment éviter de rejouer les erreurs du passé ?

La question obsède les militants de gauche, à La Roche-sur-Yon, qui avaient vu les divisions intestines faire voler en éclats leurs rêves d’alternance, en 2020.

Pour les élections municipales de 2026, pas question de réitérer les candidatures multiples. « Il va falloir partir unis dès le premier tour : on n’a pas le choix », glisse Romain Bossis, conseiller municipal du groupe Engageons-nous pour La Roche-sur-Yon.

« On travaille à réunir les conditions d’union de la gauche », confirme Stéphane Ibarra, chef de file du groupe Engageons-nous dans l’opposition municipale, persuadé que sa famille politique « a tiré les enseignements » des fractures du passé.

Pour Martine Chantecaille, conseillère municipale d’opposition, « on donne des gages de notre unité dans la manière de travailler ». De fait, depuis cinq ans, l’opposition a su se partager l’exercice, répartir la parole en séance de conseil municipal et parler d’une même voix.

Faire fi des divisions du passé

Lors des dernières municipales, n’ayant réussi à trouver un terrain d’entente, trois candidats s’étaient présentés au premier tour, à gauche : Martine Chantecaille s’était alliée avec les communistes et les écologistes (La Roche solidaire et écologiste), Nicolas Helary avait pris la tête d’une liste issue du collectif fondé en 2018, Les Voies citoyennes et Stéphane Ibarra s’était lancé avec sa liste Engageons-nous pour La Roche-sur-Yon.

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La gauche divisée avait ouvert une voie royale au maire sortant pour reprendre sa place.

Marqué par une abstention record (60,9 %), ce scrutin avait laissé à Luc Bouard une belle longueur d’avance à l’issue du premier tour (44,07 %).

La fusion de circonstance derrière la liste Engageons-nous de Stéphane Ibarra, entre les deux tours, n’avait pas convaincu les électeurs de gauche, après plusieurs semaines d’une campagne à couteaux tirés.

Luc Bouard avait donc repris son fauteuil de maire, rassemblant sur son nom 52,28 % des suffrages, contre 47,71 % pour l’ex-adjoint socialiste de Pierre Regnault.

La gauche, prête à faire bloc

Alors pour mettre chacun en ordre de marche, cette fois-ci, un groupe de travail, constitué « de militants, de citoyens et des différents représentants des partis politiques de gauche » s’est constitué « il y a presque deux ans », explique Martine Chantecaille.

Avec un objectif clair : « Gagner les élections pour proposer une politique différente de ce qui se fait depuis onze ans », souligne Stéphane Ibarra.

« Pour le moment, on agrège », détaille-t-il.

Deux consultations citoyennes ont déjà mobilisé les militants qui ont travaillé sur « le thème des mobilités, puis du logement et prochainement, de la santé », ajoute Claire Mauriat, conseillère municipale écologiste.

Des groupes de travail thématiques se sont constitués pour « élaborer un programme commun ».

Selon nos informations, une centaine de personnes se réunissent ainsi en plénière, pour phosphorer chaque mois, sur un socle de propositions communes à gauche.

Parallèlement, un comité d’animation d’une vingtaine de personnes, avec l’ensemble des représentants des partis de gauche, discute pour élaborer une stratégie commune.

Le PS, le PCF, LFI, EELV seraient autour de la table.

« Ça progresse, on avance sereinement et correctement », souffle Nicolas Helary, qui voit le salut dans le « renouvellement des pratiques politiques ».

Fédérer au plus large

Le défi : rassembler au plus large pour fédérer les électeurs, tempérer les ego des uns ou des autres, et surtout, ne pas subir d’interférences de la politique nationale dans le projet local.

À ce stade, le groupe devrait sortir du bois dans les prochains jours pour se faire connaître plus largement.

Surtout, une méthode a été validée par le collectif pour désigner un candidat tête de liste, d’ici quelques semaines.

« On s’orienterait vers un système de primaire s’il y a plusieurs candidats », glisse Stéphane Ibarra. Car le nœud de la campagne est bien là.

Qui incarnera le projet à gauche ?

Qui pour incarner le collectif ?

Pas Nicolas Hélary. Le trouble-fête de 2020, accusé par ses pairs d’avoir fait perdre la gauche à l’époque, est clair : « Je ne serai pas illégitime, mais ce serait bien que ce soit quelqu’un d’autre ! » S’il souhaite prendre « toute sa place » dans la bataille électorale, il estime que d’autres sont « mieux placés » que lui pour prendre la tête d’une liste.

À 50 ans passés, Stéphane Ibarra s’apprête à tourner la page de la politique locale à la fin de son mandat régional. « J’ai beaucoup donné, je pense que j’ai fait mon temps », confie-t-il sobrement.

Martine Chantecaille ne s’avance pas pour le moment sur le sujet : « Je pense que les questions d’ego plantent la gauche. »

Romain Bossis, « prêt à prendre ses responsabilités »

Parmi les noms qui circulent de plus en plus régulièrement, il y a Romain Bossis.

Le médecin généraliste de 35 ans, biberonné à la politique, adhérent puis président des jeunes socialistes de Vendée, a pris sa place lors des séances de conseil municipal, depuis deux ans. Travaillant ses dossiers, soignant sa rhétorique, multipliant les attaques directes envers le maire, le cadet du groupe d’opposition s’est taillé au fil des mois, un costume de candidat idéal, prenant soin de ne pas reprendre de carte dans un parti.

Interrogé, l’intéressé reste prudent : « C’est le collectif qui décidera. » Mais peine à cacher ses ambitions et se dit « prêt à prendre [s] es responsabilités en temps voulu ».

Lucie Etonno, la carte écolo

Un second nom circule dans les milieux de gauche, celui de Lucie Etonno, militante écologiste chez Europe Écologie Les Verts. La conseillère régionale de 38 ans prend visiblement toute sa part, elle aussi dans la campagne, et veut défendre « le gros sujet du changement climatique » au premier rang des préoccupations. « J’ai un rôle plus important qu’en 2020 », admet-elle, tout en indiquant s’en remettre aux instances internes de son parti quant à la question de sa candidature. « Il faut que les conditions soient réunies pour permettre des candidatures variées. »

Stéphane Ibarra commente : « Je ne crois pas au candidat miraculeux ; il faut que tout le monde, dans le collectif, se sente considéré. »

D’ici le printemps, la gauche devrait avoir choisi son poulain.

L’unité affichée jusqu’à présent résistera-t-elle à cette étape cruciale ?

En attendant, la gauche a choisi de faire bloc.



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