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Que va faire la Seine-Maritime avec ses 2,345 milliards d’euros de budget ?



Le Département de la Seine-Maritime (qui fête son 70e anniversaire) soumettait au vote son budget lors de la séance plénière du jeudi 27 mars. D’un montant total de 2,345 milliards d’euros, il est en hausse de 7 %. «Un  budget ambitieux », qui continue à « avancer sur les compétences du Département », estime le président Bertrand Bellanger.

« On garde notre cap »

Un budget 2025 « solidaire et fort », renchérit Laurent Grelaud, vice-président du Département en charge des finances, des ressources humaines et de l’évaluation des politiques publiques.

Ce dernier constate d’ailleurs qu’avec 280 millions d’euros d’investissement, le Département de la Seine-Maritime maintient sa trajectoire : « On garde notre cap, quand dans le même temps, de nombreux départements sont aux abois ».

La menace de « déposer les clés sur le bureau du préfet »

Pourtant, il y a six mois, alors que le pays était en proie à un « cycle d’incertitudes », en raison de l’instabilité politique faisant se succéder les gouvernements à un rythme jamais connu durant la Ve République, les collectivités locales et donc les départements avaient menacé de « déposer les clés sur le bureau des préfets. Il nous avait été dit de manière brutale que les malheurs de la France venaient des collectivités », rappelle Bertrand Bellanger.

Il souligne que les départements sont montés au créneau pour protester contre la décision qui se profilait alors : la suppression de 2 % des recettes de fonctionnement des grandes collectivités. Pour la Seine-Maritime, cela se serait traduit par 31 millions d’euros ponctionnés, le gel de la TVA, sans compter 17 millions d’euros de trop-perçu de TVA.

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Une perte de ressources de 24 millions d’euros

Même si aujourd’hui, après des discussions ayant conduit à une meilleure prise en compte des contraintes des départements, l’hypothèse de déposer les clés chez le préfet n’est plus d’actualité, comme l’a confirmé Bertrand Bellanger, il n’en reste pas moins que « la contribution du Département de la Seine-Maritime au redressement des finances nationales, représente une perte de ressources de 24 millions d’euros ».

Une contrainte financière qui a rendu difficile la construction du budget, mais selon le président, le travail entamé depuis dix ans, et initié par Pascal Martin, est l’un des facteurs qui ont permis de mener à bien cet exercice. « Il y a dix ans, la dette était proche de 1,3 milliard d’euros. Le Département était bloqué. Aujourd’hui, elle est maîtrisée et avoisine les 700 millions d’euros. Le désendettement, c’est la capacité à investir, c’est essentiel », a insisté Bertrand Bellanger.

Un budget qui ne se traduira pas par une année blanche

Quoi qu’il en soit, la majorité départementale est donc parvenue à construire un budget, certes contraint, mais qui « ne sera pas une année blanche en termes d’aides et de subventions », a insisté Laurent Grelaud, qui ajoute que « le fil conducteur de ce budget, c’est un contrat passé avec les Seinomarins, pour leur dire : si vous avez besoin de nous, on est là ».

Un contrat décliné en plusieurs thèmes

Un contrat qui se décline en plusieurs thèmes, avec tout d’abord un « contrat de bonne gestion », impliquant la maîtrise de la masse salariale, mais aussi le recours à une nouvelle méthode d’élaboration budgétaire, à savoir la démarche BBZ (Budget Base Zéro).

« Cet outil est une petite révolution : pour faire le budget, on repart d’une feuille blanche et on hiérarchise les priorités », a résumé Bertrand Bellanger, plaidant que cette démarche du BBZ a d’ores et déjà permis de générer 106 millions d’euros d’économies. « La démarche BBZ est celle du bon sens. Ce n’est pas un hasard si elle s’exporte au national. Chaque dépense est requestionnée, regardée comme si elle était nouvelle », constate Laurent Grelaud.

Le budget des solidarités humaines dépasse le milliard d’euros

Contrat d’avenir également, avec un volume d’investissements de 280 millions d’euros, contrat social avec un budget des solidarités humaines qui dépasse le milliard d’euros : à titre d’exemples, notons que près d’un million d’euros supplémentaire sera dédié au renforcement de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), ou encore qu’un fonds d’urgence de 2,5 millions d’euros a été mis en place pour soutenir les Ehpad « menacés de rupture de trésorerie ».

Pour donner encore quelques chiffres, signalons que 14 millions supplémentaires seront alloués à l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) et personnes âgées, 11 millions l’enfance et 15 millions aux personnes en situation de handicap.

RSA et retour à l’emploi

Un autre contrat concerne l’insertion, avec notamment le RSA financé par le Département. « Quand on parle de RSA, il faut souligner l’aspect du retour à l’emploi », a plaidé Laurent Grelaud, n’oubliant pas l’aspect humain et convaincu que « la capacité de retrouver du travail permet de redonner un sens à sa vie et une position sociale ».

C’est dans ce sens que le Département consacre 15 millions d’euros pour aider les bénéficiaires du RSA à retrouver un emploi. « C’est un marqueur très fort, et ça marche : sur les 18 derniers mois, plus de 700 bénéficiaires du RSA ont pu trouver un emploi pérenne, un accompagnement personnalisé », constate Laurent Grelaud.

« Le budget 2025, c’est celui du contrat de confiance » 

Aide aux communes, soutien aux petits investissements agricoles, écologie (avec la mise en avant des filières courtes, la qualité de l’eau ou la performance énergétique), collèges avec par exemple l’harmonisation des tarifs à la cantine (le tarif en Seine-Maritime est de 3 euros, le plus pas de toute la Normandie)… autant de marqueurs du budget 2025 du Département. « Le budget 2025, c’est celui du contrat de confiance », résume Laurent Grelaud, convaincu que « c’est un budget raisonné, le seul raisonnable ».



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