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professeur d’aïkido et conseiller municipal, un homme condamné pour agression sexuelle

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Il disait entretenir « un rapport amical » avec la victime. Gérard X, professeur d’aïkido à Chantepie et conseiller municipal de Domloup (Ille-et-Vilaine), a été condamné, ce lundi 10 mars 2025, par le tribunal correctionnel de Rennes pour « agression sexuelle » sur une jeune femme souffrant d’autisme lors d’une séance de « reiki », en septembre 2024.

Initié au reiki par « un ami pizzaïolo »

Professeur d’aïkido depuis de plus de trente ans à Chantepie, Gérard X était plus précisément jugé pour « agression sexuelle sur personne vulnérable » infligée par une « personne ayant autorité » sur la victime. Cette jeune femme de 24 ans avait en fait révélé à sa mère s’être retrouvée « nue » sous « deux serviettes », le 19 septembre 2024, chez son entraîneur d’aïkido.

Cet homme de 67 ans lui avait en fait proposé une « séance de reiki » pour « faire circuler les énergies » – une méthode de soins non conventionnelle japonaise à laquelle il avait été initié par « un ami pizzaïolo »… Gérard X avait à cette occasion « mis ses mains sur sa poitrine« , sur « son périnée » et « entre les cuisses », à proximité directe de son sexe.

La victime n’avait « pas réussi à s’y opposer » car elle était « très choquée » et « tétanisée », selon ses propres explications. En rentrant chez elle, cette jeune femme souffrant d’un Trouble du spectre de l’autisme (TSA) avait « regardé sur Internet » en quoi consistait le reiki et avait alors compris que « cela ne se faisait pas du tout dénudé » ni en mettant les mains « sur la poitrine ».

Des SMS avec des cœurs rouges 

Des « SMS » entre la jeune femme et son entraîneur d’aïkido avaient aussi été découverts par les enquêteurs : Gérard X lui avait notamment demandé d’envoyer « une photo avec son joli sourire » et lui répondait parfois avec des émojis « cœurs rouges ».

À l’audience, ce retraité de la SNCF a pourtant nié les faits qui lui étaient reprochés : il a admis tout au plus avoir entretenu « un rapport amical » avec la jeune femme. Et si elle s’est retrouvée nue chez lui, c’est juste parce que « les vêtements empêchent de faire circuler les énergies ». Il n’avait toutefois « pas cherché à toucher quoi que ce soit » et lui avait simplement demandé « un bisou » lorsqu’elle lui avait demandé « combien elle [lui] devait ».

Gérard X n’avait par ailleurs « aucune formation ni aucun titre » pour « se permettre d’amener une jeune femme vulnérable » à son domicile. Il s’était simplement documenté « sur Internet », de son propre aveu.

Un « syndrome de stress post-traumatique chronique »

« Pour nous, c’est un cataclysme », a soufflé le père de cette jeune femme qui a mis « des années et des années » pour arriver là où elle en était juste avant les faits. Elle venait même d’obtenir son Master 2 en Histoire de l’art, mais la famille n’a même pas pu fêter cette « libération du système éducatif français » à cause de cette affaire survenue au même moment.

« Maintenant, on repart à zéro« , a donc résumé le père de la victime. La pratique de l’aïkido avait en fait permis à sa fille d’améliorer considérablement ses « énormes difficultés dans sa relation aux autres » : elle s’était fait « des amis » en évoluant dans cet art martial qu’elle « aimait ».

Son avocat, Me Henry Ermeneux, a d’ailleurs insisté sur la « déflagration » subie par cette jeune femme et sa famille, dont les « vingt ans de dur labeur » ont été « bousillés » en une seule journée le 19 septembre 2024. Depuis les faits, sa cliente souffre d’un « syndrome de stress post-traumatique chronique » et d’une « majoration des rituels et des tocs ».

Interdit d’Aïkido… Mais pas de reiki 

« Personne n’a dit qu’il avait agi comme un pervers mais avec une légèreté sidérante », a cinglé le procureur de la République. De son point de vue, cette « légèreté insupportable » aux « conséquences gravissimes » devait lui valoir une peine de dix mois de prison avec sursis, une interdiction de la pratique du reiki pendant cinq ans et une interdiction de pratiquer toute activité en lien avec les mineurs.

Pour l’avocat de la défense Me Jérôme Stéphan, en revanche, Gérard X – jusqu’alors jamais condamné – s’était seulement « pris d’affection pour cette jeune fille » sans avoir eu « d’intention malveillante » à son encontre. Il avait donc sollicité la relaxe de son client.

Le tribunal correctionnel de Rennes a préféré se ranger à l’avis du procureur et a interdit au retraité de la SNCF d’enseigner l’aïkido pendant trois ans.

Le conseiller municipal de Domloup sera par ailleurs inéligible « pendant trois ans », a-t-il été précisé lors de l’énoncé du jugement. En revanche, aucune « interdiction d’exercer le reiki » n’a été prononcée par les juges.

Claire Besnard – PressPepper



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