Le 25 janvier 2025, les gendarmes de la compagnie de Rezé avaient été alertés aux alentours de 00 h 30 par un groupe de « jeunes très bien », de l’aveu-même de cette « veuve depuis trente ans » : ils s’étaient « arrêtés en voiture » et avaient fait demi-tour après l’avoir vue en train de se faire frapper par ce petit-fils qu’elle hébergeait depuis un an.
La nonagénaire, qui l’avait « élevé » et qui continue de « payer son essence et ses PV », avait en fait été prise à partie par ce chauffeur routier après qu’il soit rentré « alcoolisé » d’une soirée alors qu’il venait tout juste de récupérer son permis de conduire suspendu. Ce petit-fils lui avait en effet dit qu’il voulait devenir « croupier » dans un casino, ce à quoi sa grand-mère lui avait répondu que ce n’était « pas un métier ». L’intéressé s’était alors énervé et avait sommé sa grand-mère de lui « ramasser » les clés de sa Twingo « jetées par terre ».
Elle avait alors été « serrée au niveau de la gorge » par son petit-fils : il « criait de façon incroyable », se souvient-elle.
Il boit de l’alcool, mais pas tous les jours
Cet ancien agent immobilier hébergé à titre gracieux, « toujours à découvert » et qui « ne cuisine pas » selon la vieille dame, a toutefois souligné à l’audience qu’il « fait la vaisselle », qu’il « tond la pelouse » et qu’il « aide pour le jardin » sa grand-mère.
« J’ai honte »
Je regrette tout ce qu’il s’est passé : c’est loin d’être respectueux de ma part. C’est la personne à qui je tiens le plus dans la vie : c’est elle qui m’a inculqué des valeurs… Si j’ai des valeurs humaines aujourd’hui, c’est grâce à elle. J’ai honte.
« Vous pouvez, oui », a réagi la présidente du tribunal correctionnel de Nantes.
Votre grand-mère ne porte pas plainte, et ne demande pas d’argent… Elle veut simplement ne plus vous héberger, mais elle culpabilise.
La magistrate a aussi rappelé au prévenu qu’il avait « tiré par les jambes » sa grand-mère ce soir-là, alors qu’elle s’était installée sur le siège conducteur de la Twingo pour couper le contact : la nonagénaire était alors « tombée par terre » et s’était fait mal « à l’épaule et à la tête ». Elle s’était à ce moment-là « rapprochée de la rue » pour être vue par des témoins, avant d’être « serrée contre le portail » et prise donc « par la gorge » par son petit-fils.
J’étais dans une phase noire depuis un bon moment. J’avais des soucis de famille, et j’allais d’échec en échec après la perte de mon permis de conduire.
Ce chauffeur routier s’était en effet fait prendre pour « alcoolémie » et la mère de son fils de 9 ans l’a quitté il y a « trois ans et demi ».
Pas de prison ferme
Sur un plan judiciaire, il avait été condamné une seule fois, le 18 octobre 2018, par le même tribunal correctionnel de Nantes, pour une « agression sexuelle par personne en ivresse publique et manifeste ».
La procureure de la République avait requis, dans ces conditions, six mois de prison ferme et six autres avec sursis probatoire pendant trois ans pour cet homme qui « vient de récupérer son permis » et qui reprend le volant « alcoolisé », même si cela ne lui est « pas reproché » dans la prévention retenue par le tribunal.
Une interdiction de contacts avec sa grand-mère « même si elle ne le veut pas » avait aussi été requise pendant ces trois ans, mais pas de mandat de dépôt « au regard du contexte ».
Une interdiction de contacts ne semble pas s’imposer
Son client pouvait si besoin être hébergé à La Limouzinière par « un ami de longue date », « passionné de football » comme lui. Le trentenaire a finalement écopé de 18 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans, comprenant une obligation de soins psychologiques et en lien avec son alcoolisme. Il a interdiction de revenir chez sa grand-mère à Basse-Goulaine mais peut reprendre contact avec elle.
Les faits sont extrêmement graves. La prison n’est pas une solution, mais il fallait que ce soit tout de même pénalisant : on ne va pas vous faire une peine légère juste parce que vous avez exprimé des regrets.
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