Les images sont impressionnantes. « Ma fille est une miraculée. C’est ce qu’a dit le médecin » : Hervé, le papa de la victime, n’en revient toujours pas. Naëlle, 19 ans, circulait à bord de sa voiture sans permis lorsqu’un chauffard au volant d’un camion-benne l’a percuté de plein fouet, samedi 8 mars 2025, à Anse sur la RD306 (Rhône), près de Lyon.
Le conducteur prend sa fille en grippe
Hervé l’a appris au téléphone. « Elle m’a dit ‘Papa, il a voulu me tuer, j’ai vu la mort, il m’a volontairement envoyé dans le décor’ », retrace-t-il. Vers 10h du matin, samedi, Naëlle empruntait un rond-point lorsqu’elle a rencontré la route du mis en cause.
Le conducteur tente de la doubler par la gauche, mais un terre-plein central le lui empêche. Habituée à la conduite de cette voiture sans permis et à l’agacement que sa vitesse peut susciter « depuis quatre ans », la jeune femme accélère et fait « un signe de frustration » dans son rétroviseur.
« C’est là qu’elle voit l’homme taper sur son volant, la menacer de la main à travers le parebrise. Ensuite, elle ne voit plus que la calandre avant, qui la talonne et fait mine de le percuter. Il déboite et monte sur le terre-plein central : il est à sa hauteur. Il la regarde et met un coup de volant pour l’envoyer dans le décor. Elle monte sur le trottoir et s’empale dans l’abribus. »
Des témoins filment la scène
Le tout, en circulant « à 50 ou 60 km/h ». Lorsque la jeune victime reprend conscience près d’une minute plus tard, plusieurs témoins l’entourent, mais le suspect est absent. Les pompiers ne tardent pas : elle passe plusieurs coups de fil avant d’être transportée à l’hôpital de secteur.
Le chauffard a pris la fuite. « Par chance, le conducteur d’un gros 4×4 a tout filmé avec sa caméra embarquée et a pris en chasse le véhicule pour enregistrer la plaque. » Cet anonyme est revenu rapidement donner sa caméra aux gendarmes présents sur les lieux de l’accident.
« Quand je l’ai eu, elle était très choquée, en pleine crise d’angoisse. D’entrée, elle a insisté sur le côté volontaire. Moi, j’étais surtout satisfait que ma fille soit en vie. Quand on voit les dégâts, c’est à se demander comment. Le poteau est contre le pare-brise, elle a quasiment le moteur sur les genoux… »
« Elle a une chance absurde »
Les huit heures aux urgences qui s’ensuivent, « ça stresse. On apprend ce qui est touché, et elle repart avec cinq jours d’ITT, une minerve, une canne et une ceinture lombaire… Mais rien de fracturé. Elle a eu une chance absurde », témoigne le papa.
Hervé ne compte pas s’en arrêter là : un individu se présentant comme le conducteur du véhiculé s’est rendu à la gendarmerie près d’une heure après les faits. On ignore s’il était alcoolisé ou sous l’emprise de drogue au moment des faits.
La petite famille a déposé plainte dimanche matin et une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances de l’accident.
« Un sentiment de rage et de haine »
« Seulement après vient un sentiment de rage et de haine envers l’auteur. Mais je ne suis pas un justicier, je fais confiance aux gendarmes » : ancien policier, ce papa connait bien les procédures et compte bien à ce que « ce préjudice soit réparé ».
Pour l’instant, ma fille n’envisage pas de conduire à nouveau. Je vais faire ce qu’il faut pour l’aider à y retourner doucement, mais il y a un vrai préjudice psychologique et il sera évalué.
L’ancien policier compte sur une chose : « Ma fille souhaite être confrontée au chauffeur, le reconnaître et lui dire ce qu’elle a sur le cœur. »
Un élan de solidarité « phénoménal »
En postant la photo du véhicule accidenté de sa fille sur X (ex-Twitter), Hervé ne s’attendait pas à un tel « élan de solidarité ». Son post publié samedi midi a cumulé plus d’un million de vues et de nombreux internautes ont suivi les mises à jour.
« Cette solidarité, ces messages privés que j’ai reçus… j’ai tâché de répondre à tout le monde. Quand on est désabusé du comportement de ses contemporains, ça fait vraiment chaud au cœur. Et à celui de ma fille aussi. Toute cette liste d’inconnus… Je les remercie, c’est phénoménal. »
La voiture, de son côté, est à la décharge. Maintenant, « il faut rebondir au plus vite. Dans l’intérêt dans ma fille, je ne vais pas la lâcher », assure Hervé.
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