Dès l’aube, le carrefour du rond-point Benjamin Franklin à Montpellier s’est transformé en poste avancé de la lutte anti-stupéfiants. Ce jeudi 6 février, 70 policiers ont pris position sur cet axe stratégique, surveillant les allées et venues des automobilistes circulant aux abords de la cité des Marels, l’un des points de deal les plus actifs de Montpellier. Un second barrage a été installé à l’Est de la cité, proche de la sortie du domaine de Verchant.
La présence inhabituelle de CRS a immédiatement donné le ton. Une compagnie entière de forces mobiles, des motards et un drone en vol ont été mobilisés pour cette première opération de contrôle anti-drogue ciblant les automobilistes. L’objectif annoncé est clair : frapper là où ça fait mal, en s’attaquant aux consommateurs, et qui plus est à leur permis de conduire.
Tests salivaires et sanctions immédiates
Loin d’un simple contrôle de routine, l’opération de ce jeudi repose sur une approche plus offensive : détecter et sanctionner immédiatement les consommateurs de stupéfiants au volant. Les policiers procèdent à des tests salivaires systématiques, envoyés en laboratoire pour confirmation. Pour ceux qui sont pris en flagrant délit de consommation récente, la sanction est immédiate : six mois de suspension de permis de conduire.
@metropolitainfr Le Préfet de l’Hérault lance une campagne de contrôle des automobilistes aux abords des points de deal à Montpellier. #trafic #police
En parallèle, les forces de l’ordre distribuent des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) à ceux qui transportent de la drogue, même en petite quantité. L’addition est salée : 200 euros si l’amende est payée immédiatement, 450 euros au-delà de 15 jours, avec une inscription au casier judiciaire pouvant compromettre l’accès à certains emplois.
Vers 19h, les premiers chiffres tombent :
- 5 permis de conduire retirés pour consommation de stupéfiants
- 18 amendes forfaitaires délictuelles pour détention de drogue
- Une interpellation pour port illégal d’arme
- Une amende de 500 euros pour défaut d’assurance
Si ce bilan provisoire peut sembler limité au regard du nombre de véhicules contrôlés, le Préfet de l’Hérault insiste sur le message envoyé aux consommateurs : « l’important, c’est de faire comprendre aux personnes qui viennent sur ces points de deal qu’ils participent à l’existence du trafic », souligne François-Xavier Lauch, avant d’ajouter : « les procureurs de la République le disent : acheter des stupéfiants, c’est avoir du sang sur les mains. »
À l’issue de l’opération, les forces de l’ordre ont contrôlé 130 voitures, aboutissant à 19 dépistages de stupéfiants et 5 tests d’alcoolémie. Parmi eux, un conducteur a fait l’objet d’une rétention de permis pour test stupéfiants positif (NDLR : retrait immédiat du permis de conduire). Les contrôles ont également révélé trois défauts de permis de conduire, trois défauts d’assurance, ainsi qu’un cas de non-transfert de carte grise. Enfin, un véhicule a été immobilisé en raison d’un pneu lisse.
Une stratégie qui s’inscrit dans une lutte plus large
Ces contrôles routiers ne sont que l’un des volets de la stratégie anti-drogue menée dans l’Hérault. L’année dernière, plus de 500 opérations de déstabilisation des points de deal ont été réalisées, et 117 commerces suspectés de blanchiment d’argent ont été fermés. « On ne remplace pas ce qu’on a fait l’an dernier, on ajoute une nouvelle méthode de lutte », insiste le Préfet. « On va continuer ces contrôles, et j’envisage même de faire venir des renforts de motards pour renforcer leur fréquence. »

L’annonce est claire. Ces contrôles auront désormais lieu chaque semaine à Montpellier et dans le reste du département : « À bon entendeur, mesdames et messieurs les consommateurs, il faut savoir ce que vous risquez en venant sur ces points de deal. »
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