En septembre 2024, deux pêcheurs de Bretteville-sur-Ay (Manche) ont été contrôlés par le département des ressources marines de Jersey (Marine resources) dans le bailliage de l’île anglo-normande.
À bord de leur navire, les deux marins manchois détenteurs des licences nécessaires, avaient remonté des araignées de mer dont 20 % ne respectaient pas la taille minimale requise. Pour rappel, celle-ci est de 12 cm entre le rostre et l’arrière de la carapace.
Près de 1 800 euros
Cette mesure définie est une moyenne permettant de ne capturer que les adultes ayant pu se reproduire au moins une fois dans leur vie. Une norme européenne qui, même face à la prolifération de l’espèce qui s’attaque à la production des conchyliculteurs manchois depuis plusieurs années en Manche Ouest, n’a pas vocation à évoluer.
Ainsi, lundi 31 mars 2025, les deux pêcheurs comparaissaient devant le tribunal de Jersey. Ils ont été condamnés à une amende de 1 500 livres chacun, soit près de 1 800 euros. « Une première condamnation depuis les accords post-Brexit dans les eaux jersiaises », avance Lucile Aumont, chargée de mission arts dormants Manche Ouest pour le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) de Normandie.
Alors que les accords post-Brexit ont rebattu les cartes de la pêche dans le bailliage de Jersey, les négociations qui ont suivi ces dernières années ont incité les autorités britanniques à prôner la prévention auprès des pêcheurs plutôt que la répression.
Si les contrôles n’aboutissaient pas à des condamnations jusqu’à présent, j’ai bien peur que celle-ci ne soit pas la dernière. Côté jersiais, les contrôles sont beaucoup plus ciblés sur la pêche, contrairement à la France où l’administratif est davantage regardé.
Un crustacé utilisé comme appât
Cependant, si les pêcheurs bretons ont réussi à écouler ces crabes sur le marché espagnol, en Normandie la création d’une filière pour les valoriser peine à voir le jour. Pour utiliser ce crustacé qui tapisse les fonds marins du golfe normanno-breton – une étude nommée Spider lui est d’ailleurs consacrée – les pêcheurs de la côte ouest de la Manche s’en servent régulièrement comme appât. Ainsi, l’araignée, souvent capturée hors taille, coupée en deux et placée dans des casiers, attire les bulots. « Ils ont joué, ils ont perdu », résume Lucile Aumont.
Cette condamnation servira-t-elle d’exemple ? Rien n’est moins sûr puisque l’amende délivrée, si elle reste occasionnelle, reste peu dissuasive au regard des bienfaits économiques du crustacé.
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