D’ici à la fin de l’année 2025, un trou d’une profondeur abyssale de quatre kilomètres – dix fois plus profond que les puits de mines de fer et de charbon – va être creusé dans la petite commune de Pontpierre, en Moselle.
L’autorisation préfectorale a été délivrée le 27 février dernier. D’une ampleur inédite localement, ce puits de reconnaissance géologique sera creusé par l’entreprise locale La Française de l’énergie (FDE), à des fins scientifiques.
Un immense trou pour sonder l’hydrogène en Lorraine
Ce forage de reconnaissance servira à « comprendre le pourquoi du comment » de l’hydrogène naturel – aussi appelé hydrogène blanc –, explique Fady Nassif, ingénieur de production à la Française de l’énergie.
Concrètement, il s’agit de comprendre les mécanismes de formation d’hydrogène dans les couches profondes du carbonifère. En vue d’une exploitation future, il s’agira également d’évaluer en quelle quantité le sous-sol mosellan regorge de cette précieuse ressource.
À l’origine, la découverte de l’hydrogène en Lorraine « par pur hasard »
Fin 2022, alors que le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s’affairait dans un puits foré à Folschviller par la FDE pour l’exploitation du gaz de charbon, d’importantes concentrations d’hydrogène naturel avaient été découvertes « par pur hasard ».
« Le projet Regalor 1 n’avait pas du tout vocation à trouver de l’hydrogène », raconte Fady Nassif, « cette découverte a quelque peu chamboulé les connaissances. Ce n’est pas une poche de gaz : c’est de l’hydrogène dissous dans l’eau, comme du Perrier ».
Exploitation de l’hydrogène en Lorraine : « On n’a pas envie de perdre notre avance »
Suite à cette découverte, le projet universitaire et industriel Regalor 2 – qui inclut le forage de quatre kilomètres – a ainsi été lancé pour approfondir les recherches en attendant l’autorisation d’exploitation, dont la demande a été lancée en mars 2023. « On n’a pas envie de perdre notre avance », explique Fady Nassif, qui est par ailleurs à la tête de Regalor 2.
Les premiers résultats des analyses du puits de Pontpierre sont attendus pour le début 2026. Une telle rapidité est permise grâce à la concomitance des travaux et des examens scientifiques : pendant que la foreuse creusera, les scientifiques pourront étudier les déblais. Des prélèvements de carottes sont aussi envisagés et des outils de mesures descendront le long de la tige de forage une fois le trou finalisé.
Regalor 2 concerne un périmètre de 4 000 km2 s’étendant en Moselle et en Meurthe-et-Moselle. Quant à la date de l’exploitation de l’hydrogène blanc en Lorraine, « c’est trop tôt. On a un plan, mais c’est très conditionné », informe Fady Nassif, qui analyse qu’il faudra attendre au moins trois ans avant d’espérer pouvoir tirer profit de ce potentiel immense filon.
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