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Pourquoi les élus de la minorité s’opposent-ils à la participation de Nailloux à ce concours d’architecte ?



Il est véritablement devenu un sujet à débat, au sein du conseil municipal de Nailloux. Il faut dire que les élus du groupe minoritaire « Naillousains, une vision réaliste et durable » n’ont jamais caché leur opposition quant à la participation de la commune au concours d’architectes Europan 18. Au point que dès que le dossier revient sur la table, comme ce fut le cas lors de la séance du jeudi 16 janvier 2025, les questions fusent sur la pertinence de cette candidature portée par la majorité. Qui, elle, défend bec et ongles son projet. Et se dit même fière d’être l’une des rares communes de sa strate à y prendre part.

« Europan a pour but de proposer des idées à des communes qui en manqueraient. Évidemment, la très grande majorité des collectivités intéressées sont de grandes agglomérations qui ont de grands quartiers à rénover ou des hectares disponibles (et des budgets conséquents) », critiquaient d’ailleurs les élus de la minorité sur leur page Facebook après que la municipalité ait assisté à une présentation du concours à Madrid.

Une opération à 70 000 € : un coût justifié ?

Ce qui les interroge, surtout ? La somme déboursée par la commune de Nailloux pour que les secteurs qu’elle a choisis – en l’occurrence, l’esplanade de la Fraternité et un vaste terrain implanté dans la zone du Tambouret ayant vocation à accueillir une troisième école, une plaine des sports et une cuisine centrale – deviennent l’un des 50 prochains sites d’étude de la 18e édition de ce concours d’idées. Des sites sur lesquels pourront plancher de jeunes architectes, urbanistes et paysagistes européens. Coût de l’opération : 70 000 €.

« 70 000 €, juste pour avoir quelques idées sur un seul petit bout de terrain… », déplorent les élus du groupe « Naillousains, une vision réaliste et durable ». Une dépense qui leur « semble d’autant plus inopportune et inutile » dans un contexte où la commune pourrait subir « une perte de subventions de l’ordre de 90 000 €» (selon les éléments qui avaient été communiqués en décembre), du fait des restrictions budgétaires prévues par l’État.

La question du bureau d’études

« Faire appel à un bureau d’études ne serait-il pas moins coûteux ? », interrogeait Audrey Allaoui, conseillère municipale de la minorité, lors de la réunion de janvier. « Il est difficile de chiffrer cela comme ça. Par contre, si la Ville organisait elle-même un concours d’architectes, elle aurait à rémunérer trois lauréats, ce qui reviendrait un peu au même qu’Europan », rétorquaient unanimement Luc Delrieu et la première adjointe au maire Charlotte Cabaner.

« On n’est tout de même pas obligé de passer par là à chaque fois, sinon, cela va nous coûter cher », insistait de son côté Christian Delmas, également élu du groupe minoritaire. « Participer à ce concours est une chance, car nous aurons la vision d’architectes européens », intervenait la maire, Lison Gleyses.

« Penser à des solutions avec l’existant »

« Notre ville est complètement dans la cible, appuyait Luc Delrieu. Jusqu’à présent, nous ne réfléchissions pas aux impacts environnementaux et sociaux du développement urbain… Là, la première question est justement de savoir si le site ciblé (celui de la zone du Tambouret, NDLR) est le bon, de voir comment l’on y accède et si l’on ne va pas, à cause de ce projet, perpétuer des habitudes contraires au développement durable. »

« Dans toutes les villes, c’est pareil. Cela dépend des décisionnaires », faisait remarquer l’élu d’opposition. « À notre niveau, le développement a été celui qu’il a été. On ne peut pas revenir en arrière. » « On peut cependant réparer, penser à des solutions avec l’existant, défendait l’élu de la majorité. Mettons-nous dans des trajectoires plus positives : imaginons que le projet remporte une grande adhésion dans la commune et soit porté comme un exemple au niveau national ou européen… », lançait-il avec ambition. Un commentaire qui n’était pas sans faire sourire les conseillers de la minorité.

Une dépense jugée démesurée

« Je crois qu’il faut surtout être pragmatique, reprenait Audrey Allaoui. Notre commune est assez coincée en termes de possibilités d’aménagement. Ce concours, c’est très intéressant. Mais dépenser autant pour ce type de projet me paraît démesuré. Je crois qu’on a quand même fait un chouïa plus simple avec le centre-bourg… » « Pour les études de la rue de la République, on est à plus de 70 000 €», rectifiait d’emblée Charlotte Cabaner.

Avant de poursuivre : « Pour Europan, on parle de professionnels qui vont candidater en pensant à l’avenir d’une commune qui a évolué de façon exponentielle, de gens qui vont avoir davantage d’idées avec, en plus, une certaine ouverture. On se donne les moyens de s’ouvrir à autre chose, car on n’est pas forcément compétents pour le faire nous-mêmes. Participer à ce concours, c’est nous remettre en cause dans nos certitudes. »

« Un concours avec des personnes qui ne connaissent pas Nailloux »

« Cela reste un concours avec des personnes qui ne connaissent pas Nailloux », renchérissait Christian Delmas. « C’est justement là l’intérêt ! », rappelait Lison Gleyses, sans toutefois parvenir à convaincre le conseiller municipal. « Nous pensons que, pour avoir des idées sur le futur de Nailloux, la mairie pourrait simplement faire appel aux habitants ou se servir des idées des élus de la minorité puisque nous participons aux commissions, mais rarement nos propositions sont écoutées », lui répondait-il à son tour.

« La démocratie a un coût. On ne peut pas prétendre à une démocratie participative sans lui accorder des moyens. Là, on n’est pas hors sol. Nous allons au contraire pouvoir présenter des idées différentes et ainsi donner du choix à la population », rebondissait Luc Delrieu. « On peut le faire, mais sans passer par là », insistait l’élu de la minorité. Ce dernier, qui au même titre que ses homologues, votait contre la délibération portant sur la convection d’adhésion à l’association Europan France, demandait par ailleurs à ce que son groupe soit associé aux visites de la commune des futurs candidats.



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