Un scrutin qui n’a pas rameuté les foules. Dimanche 26 janvier 2025, le premier tour des élections municipales à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) a offert son lot de surprises. Les résultats ont été particulièrement serrés, avec des écarts minimes séparant les cinq listes pouvant se présenter pour le second tour. Le raz-de-marée annoncé par Louis Boyard (LFI) en faveur de sa candidature n’a pas eu lieu, même si l’élu est arrivé premier d’une courte tête.
Un désaveu des électeurs
« Ça fait des années que je ne vote plus à Villeneuve, s’emporte Alain, on nous prend vraiment pour des imbéciles ». Un sentiment de frustration largement partagé par de nombreux électeurs, qui expriment leur « ras-le-bol » vis-à-vis de la politique locale. Et pour cause, cette élection a été convoquée suite à la démission de plusieurs adjoints du maire, Philippe Gaudin (DVD). L’actuel édile est également au cœur de plusieurs polémiques, notamment d’un salut nazi en plein Conseil municipal.
De l’autre côté, les candidats cherchent à tout prix à se faire remarquer. « Je ne veux pas que mon vote serve à alimenter les ambitions personnelles d’un candidat », confie Tom, qui avait la possibilité de voter pour la première fois, mais a choisi de s’abstenir. Le jeune homme n’est pas le seul à avoir boudé les urnes. En effet, 66 % des 12 794 électeurs inscrits sur les listes ont fait le choix de ne pas se rendre dans l’isoloir. Cela représente moins de 5 000 votes enregistrés, une participation extrêmement faible. « C’est comparable à la participation de 2020, donc ce n’est pas un échec démocratique », tentent de se rassurer plusieurs équipes de campagne.
« Nous devons agir de manière responsable »
La candidate de droite, Kristell Niasme (LR), arrivée juste derrière Louis Boyard, accuse un retard de 90 voix. « Les habitants sont désespérés, ils en ont assez », souffle-t-elle au lendemain du scrutin. Ancienne première adjointe du maire Philippe Gaudin – également qualifié pour le second tour – elle appelle à « un large rassemblement derrière sa candidature ». Selon elle, l’enjeu dépasse les clivages politiques habituels : « C’est une bataille transpartisane face à La France insoumise ».
De leur côté, les représentants des différentes gauches ont commencé à discuter dès la soirée des résultats. Selon nos informations, certains membres de LFI ont proposé que la liste de Daniel Henry (PCF) se retire au profit de la leur, tandis que d’autres prônent une fusion des deux listes. « Nous devons agir de manière responsable », insiste l’équipe de campagne du candidat communiste auprès d’actu Paris.
Pour l’heure, les premières discussions du début de journée n’ont abouti à aucun accord. L’entourage de Daniel Henry est favorable à une fusion proportionnelle avec la liste de Louis Boyard. « Il n’y aura pas de soutien sans participation », glisse-t-il. Les deux candidats ont respectivement recueilli 45 % et 55 % des voix à gauche. Côté LFI, rien n’a encore été décidé, malgré un climat a priori constructif et une entente sur des éléments programmatiques.
Le second tour : une incertitude totale
Dimanche prochain, la commune connaîtra le nom de son nouveau maire. Sauf regain de participation, le futur édile de Villeneuve-Saint-Georges sera élu par une minorité des 35 000 habitants. « Quoi qu’il arrive, son élection ne sera pas crédible », soupire Tom.
À présent, les listes qualifiées pour le second tour doivent impérativement déposer leurs candidatures avant mardi 28 janvier à 18 heures afin qu’elles soient validées. Au moment du premier tour, le candidat du Rassemblement national (RN) avait renoncé à se présenter après être arrivé à la préfecture quelques minutes avant la clôture des dépôts des listes.
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