Tom Dumoulin, le vainqueur du Tour d’Italie 2017, qui court le semi-marathon en 1 h 08’45 », Nacer Bouhanni qui boucle son premier marathon en 2 h 34, Thomas Voeckler qui gagne des trails, Christian Meier qui remporte la TDS (148 km) 9 ans après avoir fait le Tour de France…
De nombreux cadors locaux
On ne compte plus les anciens champions cyclistes qui brillent en course à pied à l’issue de leur carrière. Localement, de nombreux cadors de la petite reine ont également troqué avec succès les cale-pieds pour les baskets, de Frédéric Lecrosnier à Stéphane Ruel, en passant par Richard Jean, Fabrice Lepraël, Vincent Fauvel, Florian Bernard, Jérémy Cadot ou Julien Leclerc.
Un autre exemple ? Samedi 29 mars 2025, sur la Diabolik de Ragnar, trois des favoris sont issus du cyclisme, à savoir Francis Garnier, ancien coureur 1re catégorie au VC Avranches notamment, Paul Fontenay et Félix Lebeurier, qui a ensuite bifurqué vers le football avant de se faire un nom dans le trail. Alors pourquoi les anciens cyclistes mettent le grand braquet dès qu’ils commencent à galoper ? Tentative d’éclairage.
Un gros moteur
On entend souvent que les cyclistes ont « la caisse ». Habitués à tenir des efforts soutenus, endurants mais également explosifs, les coureurs sont vite capables de mettre à profit leur « gros moteur » pour s’illustrer dans un autre effort dit aérobie comme la course à pied.
Ceux qui font du vélo depuis tout jeune ont su développer la force et l’efficacité de leur cœur.
Lui-même ancien coureur reconverti dans la course à pied, ce finisher de la Diagonale des Fous 2018 est bien placé pour évoquer le sujet puisque de nombreux coureurs passés dans les rangs de la formation bricquebétaise sont aujourd’hui d’excellents coureurs à pied, notamment Simon Verger, Alexandre Mesnil, Simon Poisson, 6e de la Demi-Barjo (50 km) l’an passé, Maxime Renault, Tom Chauvin sans oublier Cédric Delaplace, 13e du semi-marathon de Bayeux dimanche 23 mars, en 1 h 16’43 ».
Des gabarits légers
On ne va rien vous apprendre en écrivant qu’on court plus vite quand on est mince… Cette implacable vérité s’adapte parfaitement aux cyclistes qui, par définition, sont des athlètes dotés d’une faible masse graisseuse.
S’ils sont toujours aussi « secs », les cyclistes gardent quand même la musculature et la puissance de leurs années vélo. Un avantage notamment lors des trails à fort dénivelé.
La capacité à se faire mal
Quand on pratique un sport aussi exigeant que le cyclisme, on sait se faire mal, aller loin dans la douleur et repousser ses limites. Une qualité qui permet de faire la différence dans le final d’une course.
Attention aux blessures…
Si beaucoup de cyclistes se ruent vers la course à pied, beaucoup également en reviennent en raison des blessures qui en découlent. « Au début, les articulations ne sont pas adaptées. Ce n’est pas évident de passer d’un sport porté comme le vélo à un sport avec un impact au sol comme la course à pied. C’est plus traumatisant », souligne Antoine Lecarpentier. « La phase de blessure est récurrente chez les débutants. Souvent, on a le cardio qui va bien donc on veut partir sur les chapeaux de roue, mais le corps ne suit pas. » Périostite, syndrome de l’essuie-glace, tendinite… Les pathologies du coureur à pied affectent quasiment toujours les cyclistes lors de leur mise en route. Un conseil pour éviter ces contre-temps : opter pour l’entraînement croisé, en maintenant la pratique… du vélo.
Une rigueur du haut niveau
Avec un cerveau « câblé » depuis tout jeune autour de la performance, les cyclistes savent appliquer les mêmes recettes gagnantes en course à pied. « Ils ont la rigueur du haut niveau, ils connaissent les facteurs clés de la performance comme l’alimentation, la récupération… »
C’est moins chronophage
Si autant de cyclistes cartonnent en course à pied, c’est aussi tout simplement qu’ils sont un peloton entier à s’orienter vers cette pratique. Parfois même très jeune, bien avant l’âge de la « retraite » habituelle pour un cycliste.
Le cyclisme est un sport qui demande énormément de temps, les courses nécessitent de longs déplacements. Quand on grandit, cela peut avoir un gros impact sur la vie sociale, la vie familiale, la vie professionnelle…
« La course à pied demande moins de temps pour être performant, donc moins de sacrifices. C’est moins de logistique, tu peux t’entraîner même de nuit, tu n’es pas obligé de transporter un vélo partout, juste un short et des baskets… Quand tu aimes le sport mais que tu veux arrêter le cyclisme, la course à pied est une bonne alternative. »
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