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pourquoi la politique de décentralisation vers les mairies d’arrondissement divise les élus

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Ce mercredi 12 février, le Conseil de Paris a acté, au terme d’un long débat, la deuxième phase de son plan de décentralisation des politiques municipales en accordant plus de pouvoir aux maires d’arrondissements. Cette « territorialisation », qui a pris le nom de « ville du quart d’heure » a été longuement disséquée, l’aile droite de l’hémicycle dénonçant des mesures insuffisantes, celle de gauche défendant des avancées significatives.

De nouvelles mesures pour l’acte deux

L’adoption d’un Pacte parisien de la proximité adopté à l’automne 2021 s’était traduite par la création de nouveaux outils et démarches visant à faire de l’arrondissement l’échelon de référence : direction adjointe en charge de l’espace public, démarche Embellir votre quartier, fonds d’animations locale, budget dédié à la propreté…

L’acte deux, qui a été acté lors du Conseil, vise à approfondir cette politique de décentralisation. « Les habitants vont avoir un référent en matière de propreté dans leur quartier. Il y aura aussi un référent sécurité et un référent sur la police municipale », a exposé Anne Hidalgo. Sur le plan social, sept arrondissements pilotes, confrontés à des difficultés liés à la grande précarité, accueilleront de nouvelles cellules de veille sociales et de maraudes municipales. Ce dispositif sera généralisé l’année prochaine, indique l’édile.

Enfin, les enveloppes dites « souplesses propreté » déjà octroyées à chaque mairie d’arrondissement pour permettre des interventions ciblées en fonction des besoins seront revalorisées à la hauteur de l’inflation. Des enveloppes similaires vont être créées pour le traitement des pieds d’arbres ou l’entretien des nouveaux espaces végétalisés gérés par les arrondissements.

« Pas le big bang territorial annoncé »

Ces nouvelles mesures ont été accueillies diversement au sein du Conseil. Dans les rangs de la droite, on a critiqué des moyens insuffisants alloués aux mairies pour répondre aux ambitions de décentralisations. Delphine Bürkli, maire (Horizons) du 9e arrondissement s’est dite interpellée par la création de trois nouveaux fonds d’animation locale fixés à 300 000 euros pour tous les arrondissements, soit, à l’échelle du 9e, 0,16 centimes d’euros par habitant. « On est très très très loin de parler de décentralisation », a-t-elle martelé.

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« Cet acte marque des avancées, mais il n’est pas non plus le big bang territorial annoncé », estime Philippe Goujon, maire (LR) du 15e arrondissement. « Quand je suis devenu maire d’arrondissement, j’ai vu que nous avions en réalité que très peu de pouvoir. Mais la décentralisation que vous pratiquez est celle du bon plaisir et du bon vouloir. Quand nous ne sommes pas d’accord, c’est le pouvoir central qui l’emporte », a abondé Francis Szpiner, ex-maire du 16e arrondissement, sénateur (LR) président du groupe « Les Républicains, Les Centristes – Demain Paris ! »

Florence Berthout, maire (Libres !) du 5e arrondissement, a critiqué par exemple le « découpage kafkaïen » des circonscriptions, « peu propice à la coordination des interventions. Ainsi la voirie et les espaces verts opèrent sur le 5e et le 13e, la propreté sur le 5e et le 6e… Une harmonisation a minima s’imposerait ».

« Des avancées concrètes »

À l’opposé, Éric Pliez, maire (DVG) du 20e, assurer avoir « pu constater des avancées concrètes » notamment « une meilleure réactivité en matière de propreté » ou « un pilotage direct de la police municipal, qui permet d’ajuster les missions et les secteurs d’intervention les plus prioritaires ». Il s’est « réjoui » d’un acte deux, et notamment d’une nouvelle enveloppe souplesse pour la végétalisation, qui sera notamment utile pour les nouveaux parcs du Python-Duvernois ou le bois de Charonne.

Le maire du 18e arrondissement Éric Lejoindre a défendu le juste équilibre mis en avant par Anne Hidalgo entre la nécessaire unité d’une « ville-monde » gérée par une mairie centrale et les services de proximité de la « ville du quart d’heure ». « On est habitant d’un quartier, usager d’un autre, chez soi partout dans la ville. Rompre ce lien, c’est montrer qu’on, n’a rien compris à cette ville », a défendu l’élu, mettant en avant la solidarité de la municipalité à l’égard de tous ses quartiers.

Le débat municipal a été teinté de nombreuses prises de paroles au sujet du projet de loi dite PLM (Paris -Lyon -Marseille) défendu par le gouvernement Bayrou visant à réformer le mode de scrutin municipal dans ces trois grandes villes. « 13 maires d’arrondissement sur 17 se sont exprimés clairement contre la réforme de scrutin PLM », s’est félicité Patrick Bloche. Le premier adjoint d’Anne Hidalgo a défendu le fonctionnement du Conseil de Paris, élu sur la base d’arrondissements, estimant que le projet de loi, qui proposerait la tenue de deux scrutins à l’échelle centrale et de l’arrondissement, signerait « la suppression » de ces derniers.



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