« On ne doit pas faire justice soi-même », c’est ce que répète souvent la présidente du tribunal correctionnel de Saint-Nazaire. Elle ne s’en est pas privée le mardi 28 janvier 2025, alors que deux jeunes du pays de Retz lui faisaient face.
Un habitant de La Plaine-sur-Mer (Loire-Atlantique), aujourd’hui âgé de 28 ans, avait confié 500 € à une jeune femme parmi ses connaissances pour acheter 10 g de cocaïne.
Collier, boucles d’oreilles, sèche-linge…
Huit mois après, le 15 octobre 2022, ne voyant rien venir, il a invité un ami, « plutôt un garde du corps, taillé comme une armoire à glace », à l’accompagner au domicile de sa créancière, à Pornic , afin de récupérer l’argent.
Selon le prévenu, « un petit coup d’épaule et la porte s’est ouverte ».
La jeune femme lui ayant dit que l’argent avait été utilisé pour des denrées de première nécessité, elle a fait appel aux parents de son conjoint. « Mais le duo n’a pas attendu leur arrivée, faisant main basse sur un collier, des boucles d’oreilles, un sèche-linge, une matraque et une panoplie de couteaux. »
Sachant que le couple visité a disparu dans la nature, le prévenu a déclaré : « De toute façon, c’était la dernière fois que je prenais de la drogue avec elle ».
Les objets volés ont été mis à la casse, a précisé la présidente.
Le mis en cause a laissé entendre que la « victime » lui avait plus ou moins proposé de se servir.
Relaxes demandées par les avocats
Pour la procureure, le doute n’existe pas : « Les prévenus sont entrés de force et ont commis des vols ». Considérant le plus âgé comme le meneur, elle a requis à son encontre dix mois de prison avec sursis (trois mentions au casier jusque-là).
Contre son accompagnateur, un habitant de Saint-Brevin-les-Pins de 27 ans au casier vierge, qu’elle a jugé « suiveur » , elle a demandé huit mois avec sursis.
Les avocats des prévenus ont plaidé la relaxe. Me Linda Fregona a décrit la pauvreté de la procédure, n’omettant pas de préciser : « La victime est défavorablement connue ».
Son confrère, Me Matthieu Herla, estimant que ce dossier ne s’appuie que sur les déclarations des victimes, a tancé : « En somme, le premier qui dépose plainte a raison ».
Le tribunal a requalifié les faits en « violation de domicile » et prononcé 250 € d’amende pour chacun des deux prévenus.
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