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« Pour nourrir mes enfants et soigner ma femme », des cambriolages en série dans le 44, 56, 35 et le 85

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L’affaire démarre le 27 décembre 2023 rue des Vendéens à Savenay (Loire-Atlantique), où trois cambriolages viennent de se produire. Constante dans la procédure : « L’homme n’a jamais agi seul, mais a toujours refusé de dénoncer qui que ce soit ». Un complice a été formellement identifié, a fait l’objet de recherches, mais n’a pas été retrouvé. Ce jour-là, des agents Enedis vigilants bloquent une Renault Clio. Si les passagers s’enfuient, les gendarmes découvrent de nombreux objets volés dans le véhicule, propriété du prévenu.

« Des problèmes de mémoire »

En se penchant sur le mode opératoire, à savoir, du dentifrice ou une pâte quelconque sur les œilletons des appartements alentour, des portes forcées avec un tournevis, ils remontent à ce ressortissant algérien. Il a agi dans neuf communes de Loire-Atlantique, dont trois du sud-Loire, mais aussi dans le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine et la Vendée.

En détention provisoire depuis un an, le trentenaire était mardi 11 mars 2025 dans le box des accusés du tribunal correctionnel de Saint-Nazaire, assisté d’un interprète.

Il a reconnu certains faits, mettant en avant « des problèmes de mémoire » pour d’autres.

Une victime en larmes

L’enquête s’est appuyée sur la géolocalisation de la Clio, le bornage de son téléphone portable « qui peut être relevé même si l’appareil est éteint », lui précisera la présidente.

Le duo voire le trio faisait main basse sur des bijoux, des montres de marque, téléphones, ordinateurs, etc.

Apparemment, une montre était écoulée pour 50 €, un ordinateur pour le double.

Si, dans le box, le prévenu se confond en excuses, il n’en déclare pas moins avoir agi « par nécessité », « pour nourrir mes enfants et soigner ma femme ».

Il a sévi en juin et en octobre à Herbignac. Un couple était sur le banc des victimes.

L’épouse a déclaré qu’ils ont quitté la rue de la Paix :

« Nous avons déménagé, car nous ne nous sentions plus en sécurité. »

Mais le plus poignant témoignage a été celui d’une maman de Port-Saint-Père, près de Nantes, victime en août 2023.

En essuyant ses larmes, elle a souligné : « J’ai perdu un de mes fils en 2020, et, parmi les bijoux qui ont été volés, certains lui appartenaient. Ils n’avaient pas une grande valeur financière, mais représentaient beaucoup pour moi. Je veux simplement les retrouver ».

Le mis en cause a compati : « Que Dieu ait son âme ! » Les autres victimes n’étaient pas présentes.

Après avoir insisté sur les répercussions parfois lourdes sur les victimes de cambriolages, la procureure a rappelé que « la revente des objets ne tenait pas compte de la vraie valeur ».

Elle a affirmé que « le prévenu était formellement mis en cause à partir du mois d’octobre, que son accompagnateur le plus assidu était connu sous trois identités différentes ».

« L’ampleur des faits et l’ampleur des préjudices »

« Quand on est victime d’une atteinte aux biens, on ne mesure pas tout de suite les répercussions psychologiques », a encore souligné la représentante du ministère public.

Devant « l’ampleur des faits et l’ampleur des préjudices », elle a requis cinq ans de prison ferme avec maintien en détention, retenant toutefois 25 faits sur 28.

D’emblée, l’avocat de la défense a rétorqué : « Cinq ans, c’est déraisonnable ! »

Rappelant d’abord que « la maison d’arrêt de Carquefou est à 207 % de sa capacité d’accueil », Me Benoît Poquet a insisté :

« Si la détention pouvait être indispensable au début, elle ne l’est plus aujourd’hui. »

« La charge de la preuve incombe à l’accusation, et, dans ce dossier, on se contente de bien peu sur le plan des preuves », a tancé l’avocat de la défense. Il a insisté sur le fait que son client, en précarité, a reconnu une grande partie des faits, demandant la relaxe pour les autres et le présentant comme « le maillon d’une chaîne plus large ».

2 ans de prison ferme

Jusque-là, ce père de deux enfants avait une condamnation à son casier judiciaire pour des faits de violence sur son épouse, remontant à mars 2022.

L’auditoire a été surpris de l’entendre dire : « C’est des choses qui peuvent arriver dans un couple ».

Le tribunal a prononcé une peine de quatre ans de prison dont deux avec sursis probatoire.

Le Nantais devra également assumer les préjudices moraux et matériels des quatre personnes qui ont souhaité se porter parties civiles ». 



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