INFO ACTU MARSEILLE. « Trop, c’est trop », pour ces habitants de Marseille. Après l’édition 2025 du Carnaval de La Plaine, à nouveau marquée par des débordements ces 15 et 16 mars, notamment en soirée, un groupe de riverains annonce à actu Marseille qu’« une plainte collective est en projet ».
Ils réclament, pour les futures éditions, un « encadrement à la hauteur de l’événement ».
« On est nombreux à partir à chaque carnaval »
Nicolas habite sur la place Jean-Jaurès depuis une quinzaine d’années. Ce père de famille de 45 ans a passé ce dernier week-end sans sa femme et leurs quatre enfants.
« Ils se sont exilés. C’est mieux pour les petits avec toute la fumée et le bruit. On est nombreux, comme ça, à essayer de partir à chaque carnaval. Et ce n’est pas normal », peste le porte-parole du Collectif des riverains de La Plaine.
C’est quoi le Collectif des riverains de La Plaine ?
Réunissant « habitants, usagers et commerçants » du quartier, le Collectif des riverains de La Plaine a été créé en 2018 en réaction à « l’opposition violente de ceux qui ne voulaient pas des travaux de piétonnisation lancés à l’époque », présente Nicolas, son porte-parole. « Et il est totalement apolitique, martèle-t-il aussi, en réponse à certains commentaires publiés sur les réseaux sociaux. Il y a de tout chez nous. Et nous sommes bien du quartier. » Le Collectif des riverains de La Plaine réunit une cinquantaine de membres dans un groupe privé sur Facebook, dont « une vingtaine de membres actifs et 5/6 qui très actifs », explique encore le porte-parole.
« Moi, je suis resté pour surveiller d’éventuelles intrusions dans l’immeuble. C’est déjà arrivé », raconte-t-il. Il a consigné photos et vidéos de cette édition 2025, partagées sur X.
En marge de la manifestation, comme d’habitude festive en journée, des feux ont brûlé pendant plusieurs heures, samedi et dimanche, des caméras de vidéosurveillance ont été endommagées, plusieurs véhicules ont été recouverts de tags et des poubelles ont été incendiées. Des billes de peinture ont également été tirées sur certaines façades.
« Ça devient ingérable »
« Le point de non-retour a été atteint. Ça devient ingérable. On est passé d’un carnaval de quartier qui réunissait quelques milliers de personnes le dimanche à un événement quasi international qui rassemble plus de 10.000 personnes, jusqu’à 13.000 cette fois-ci, et sur deux jours, dès le samedi midi », poursuit Nicolas, banquier de métier.
Avec, en plus, « la vente d’alcool sur place, c’est vraiment devenu un festival », estime-t-il.
« Or, dans un festival, on encadre, on fait des fouilles, on nettoie et on prévoit des toilettes. Pendant 48 heures, là, les gens pissent sous nos fenêtres », peste-t-il encore.
Un appel solennel aux organisateurs et aux autorités
Las de « l’autre tournure » que le Carnaval de la Plaine a pris, en 2020 selon ce responsable, le collectif a décidé de riposter « pour que cet événement ne se fasse plus contre le quartier. » En plus de plaintes individuelles déjà déposées après des « dégradations », une «plainte collective est en projet», annonce donc Nicolas à actu Marseille. « On se réunira d’ici la fin du mois de mars pour lancer quelque chose », assure-t-il.
Le collectif lance aussi un appel solennel aux organisateurs et aux autorités pour les prochaines éditions : « il faut enfin prévoir un encadrement à la hauteur de l’événement ».
Il n’est pas du tout question de demander l’interdiction du carnaval. On veut juste qu’il y ait un cadre, c’est tout. D’autant plus que l’affluence ne fait que grandir. Les années à venir, ce sera quoi, 15000, 20000 personnes ? Il faut faire quelque chose.
« On est reçu en mairie et en préfecture chaque année. Mais j’ai l’impression que personne ne prend la mesure de ce qu’il se passe, volontairement ou involontairement d’ailleurs », souffle encore le porte-parole.
Des dégâts supportés par « les finances publiques »
Une situation d’autant plus rageante que « les réparations [des dégâts], lorsqu’elles sont effectuées, prennent des mois » et génèrent « un coût de plusieurs milliers d’euros pour les finances publiques », avait réagi le collectif, dans un communiqué, dès dimanche matin.
Le maire DVG de Marseille Benoît Payan n’a de son côté pas officiellement commenté les débordements liés au Carnaval de La Plaine 2025.
Son adjoint à la sécurité a dénoncé sur X « un spectacle déplorable en soirée ». « Fidèle à l’esprit populaire et familial en journée, il est insupportable et inacceptable que certains profitent de ce rassemblement pour dégrader, casser et en découdre avec les forces de l’ordre une fois la nuit tombée », a écrit Yannick Ohanessian sur le réseau social.
La mairie, elle, a posté une vidéo, lundi sur ses réseaux sociaux, montrant des « agents de la Ville mobilisés […] sur la place Jean Jaurès », en train de repeindre des façades taguées.
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