C’est en visioconférence depuis sa cellule à Caen que le prévenu s’est présenté au tribunal de La Roche-sur-Yon lundi 3 février 2025. L’homme de 46 ans est écroué depuis le 2 juin 2024 en raison de la rupture de son bracelet électronique. Il a déjà 29 mentions à son casier judiciaire.
Notamment pour vol aggravé, vol en réunion, violence, violence par conjoint, conduite en état alcoolique et sous stupéfiants… Cette fois-ci, la justice l’accuse d’avoir tenté de s’évader en rompant explicitement son bracelet.
Mais il n’en n’est rien.
« Je suis allé voir mon ex »
À travers l’écran projeté dans la salle d’audience, l’homme s’explique. « En pleine séparation, je suis allé voir mon ex au lieu d’aller au travail. » Il reconnaît également sa dépendance à l’alcool et poursuit.
« Ivre, je suis partie me doucher avant de rentrer chez moi. »
C’est à ce moment-là qu’il chute et rompt son bracelet. Entre-temps, le service pénitentiaire l’a appelé. Une fois, deux fois… Pas de réponse. En revanche, avec un autre téléphone, il a contacté la gendarmerie pour prévenir de l’incident.
Seconde tentative de justification.
Il s’est arrêté chez une connaissance qui effectue aussi une peine par bracelet électronique. Il a appelé les services pénitentiaires via le boîtier de son ami pour expliquer la situation.
Et il est enfin rentré chez lui.
« Pas d’infraction dans l’intention »
« Il ne pouvait rien faire de plus. On en a des reproches à lui faire, mais jusqu’à aller le poursuivre pour évasion… » plaide la procureure. « Il n’y a pas d’infraction dans l’intention de la commettre », ajoute-t-elle avant de requérir la relaxe.
« Madame la procureure m’enlève les mots de la bouche. »
L’avocate de la défense assure que son client a essayé autant qu’il le pouvait, de régler la situation. Elle plaide sa relaxe en détaillant son parcours de vie « chaotique » et la relation qu’il entretient avec sa fille de deux ans.
En CDI depuis deux ans et demi
« J’ai fait des bêtises par manque de maturité. Maintenant, j’essaye d’évoluer, de grandir », reconnaît le prévenu.
En CDI depuis deux ans et demi, son patron a mis son contrat en suspens en attendant qu’il soit libéré.
Il s’engage à se faire soigner de son addiction à l’alcool. « J’ai l’intention de me servir de cette détention comme cure et de prouver par prise de sang que je suis sobre. »
Le tribunal a tranché. L’homme est relaxé du fait qui lui est reproché.
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