Passé par Sale, Toulon ou Montpellier en tant qu’entraineur, Philippe Saint-André a pris du recul cette saison avant de se relancer l’an prochain à Provence Rugby. Interviewé par le magazine Tampon !, il s’est confié sur son embrouille avec Fabien Galthié, quand celui-ci était à Montpellier tandis que lui était sélectionneur du XV de France.
Philippe Saint-André raconte son embrouille avec Fabien Galthié
Tout n’était pas à jeter, mais les années 2010 resteront sans doute comme un souvenir au mieux mitigé pour les amoureux du XV de France, lequel n’a pendant cette période jamais eu les résultats espérés. Aux commandes de cette équipe en grande galère (2011-2015), Philippe Saint-André reste malheureusement comme le sélectionneur du monumental camouflet du quart de finale de Coupe du monde perdu 62-13.
Un cycle mené dans des conditions plus que défavorables, comme il l’explique dans les colonnes de Tampon : « Dans les quatre ans de mon mandat, on gagne deux fois les deux premiers matchs du Tournoi. J’avais juste demandé que les quinze titulaires ne jouent pas en Top 14 le week-end off avant le troisième match. […] Mais on m’a rigolé au nez. Les mecs, ils ont tous joué. À Montpellier on avait Nicolas Mas, Louis Picamoles, François Trinh-Duc, Fulgence Ouedraogo. Yannick Bru (alors son adjoint, ndlr) devait aller les voir et Galthié nous a refusé l’accès. »
Sujet de ses reproches, l’actuel sélectionneur des Bleus. Il poursuit pour expliquer ce refus : « Parce qu’il ne voulait pas qu’on réussisse. Il me les a fait jouer huit matchs d’affilée, 80 minutes à chaque fois. Et après, on joue en Écosse, il est commentateur et il dit « oui, je pense qu’ils ont trop travaillé dans la semaine, je les sens émoussés ». […] Quand il a été sélectionneur à son tour, il m’a appelé, il était très emmerdé. Et moi je lui ai dit « je ne vais pas être aussi con que toi, […] le vestiaire est ouvert, t’auras accès à tout, tu es le bienvenu quand tu veux ». Et là, il s’est excusé. »
Un mandat éprouvant
Prendre les rênes d’une sélection nationale n’est pas fait pour tout le monde. Survivre à quatre années de difficultés, de défaites encourageantes et autres déceptions, ce n’est pas non plus donné à tout le monde. Mais comme dirait un ancien président de la république (et personne d’autre), Philippe Saint-André a le cuir tanné.
De son passage à la tête des Bleus, c’est surtout sa famille qui a pâti : « J’ai pris des coups plein la gueule, tout le monde disait que j’étais une merde. Moi, j’assume, c’est la vie. Mais ceux qui ont le plus souffert pendant ces quatre ans, c’est ma famille et mes proches. […] Quand ton fils a 13 ans et qu’il entend son père se faire siffler par 60 000 personnes qui disent que c’est un enculé… »
Un rappel, si besoin, que derrière chaque sportive et sportif se trouvent des femmes et des hommes qu’il ne faudrait peut-être pas oublier de respecter. Quels que soient les désaccords et les déceptions…
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